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Coupe Davis: faut-il s’inquiéter pour les Bleus?

Jo-Wilfried Tsonga

Jo-Wilfried Tsonga - AFP

Aucun joueur français n’a réussi à se hisser jusqu’en quarts de finale du Masters 1000 de Paris-Bercy cette semaine. Une petite crise de résultats qui a de quoi inquiéter, à trois semaines de la finale de la Coupe Davis face à la Suisse (21-23 novembre).

Inutile de chercher un Français encore en lice au Masters 1000 de Paris-Bercy. Pour la première fois depuis l’édition 2006, aucun représentant tricolore n’est présent parmi les huit quarts de finalistes du tournoi parisien. Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils et Lucas Pouille, les derniers « rescapés », ont tous arrêté leur parcours ce jeudi en 8es de finale. Un bilan pas très réjouissant, alors que se profile dans trois semaines la finale de la Coupe Davis face à la Suisse, à Lille (21-23 novembre). Si les Helvètes n’ont eu qu’un représentant de plus en quarts à Bercy, à savoir Roger Federer, l’heure n’est pas à la fanfaronnade du côté des Bleus.

« Ça aurait été mieux pour tout le monde qu’il y en ait un de nous qui fasse quelque chose de grand, parce que c’est clair que ça met dans de très bonnes conditions mentales, concède Jo-Wilfried Tsonga. Maintenant, j’ose espérer qu’on va avoir les ressources pour faire une grande rencontre pour cette finale. C’est une compétition différente, c’est dans trois semaines, donc je crois que ça ne sert à rien de "polémiquer" sur le fait que les joueurs français n’ont pas particulièrement brillé à Bercy. » Le problème, c’est qu’au-delà des résultats, c’est l’attitude des Français qui sème le doute.

Monfils : « Tout le monde a peur »

Tandis que les Suisses ont encore le Masters de Londres comme objectif, les Bleus sont déjà « à bloc » sur la finale et ont fini leur saison individuelle en pente très douce. Jo-Wilfried Tsonga n’hésite d’ailleurs pas à avouer que ce rendez-vous « le fait flipper ». D’habitude si imperméable à la pression, Gaël Monfils a le même sentiment : « Tout le monde a peur, je pense. Tout le monde a envie de la gagner donc tout le monde a peur, forcément. Il y a une pression excitante, on a vraiment envie. On s’est tous soudés cette année pour la gagner donc ça rajoute un peu plus de pression. Ça va être incroyable, je pense. C’est dur à imaginer car c’est démesuré et j’ai vraiment hâte d’y être. »

Privé de Masters, les Français auront toutefois l’avantage d’avoir une préparation plus longue que leurs adversaires. Un luxe pas superflu pour se réadapter à la terre battue, la surface choisie pour la finale. Mais cela constitue aussi un risque de jouer la finale trop de fois dans la tête et de ressasser les doutes quant à leurs dernières performances. « Si l’on compare à la victoire sensationnelle contre les Etats-Unis en 1991, Guy Forget avait gagné à Bercy en battant Sampras et on peut dire qu’il avait préparé la finale par une grande victoire, rappelle Patrice Dominguez. Mais l’appréhension c’est normal, ça rend vigilant. » A ce rythme-là, les Français risquent de ne pas en manquer.