RMC Sport

Coupe Davis: les Bleus conquis par le "chef" Noah

Retour en fanfare pour Yannick Noah sur la chaise de l’équipe de France de Coupe Davis. Une victoire 3-0 au 1er tour contre le Canada et d’énormes lauriers tressés par ses joueurs, totalement sous le charme.

Rarement le nom d’un capitaine n’avait retenti aussi fréquemment et été adossé à tant de sourires, à l’issue d’une rencontre de Coupe Davis. Samedi, après le succès de la paire Gasquet-Tsonga contre les Canadiens Bester-Pospisil (7-6, 6-1, 7-6), synonyme de qualification pour les quarts, les Bleus avaient trois mots à la bouche : plaisir, ambiance et Noah.

Pourtant l’affaire ne semblait pas gagnée d’avance. Nommé en septembre dernier pour succéder à Arnaud Clément, le capitaine des sacres de 1991 et 1996 avait d’abord provoqué les critiques de Gaël Monfils, en choisissant de disputer la rencontre en Guadeloupe. Une option qui allait également devoir convaincre un Gilles Simon sceptique. « Je n’avais pas un très bon feeling avant que l’on ne vienne ici parce que j’avais l’impression que cela partait dans tous les sens », avoue le Niçois.

Simon : « A chaque fois qu’il a fait des choix, c’était les bons »

Mais voilà, Noah senior a laissé parler son aura et charmé son monde. « Finalement, ici on s’est bien regroupé, on s’est bien ressoudé et on s’est bien marré, ajoute Simon, victorieux de Vasek Pospisil vendredi. L’apport de Yannick Noah ? C’est peut-être justement de créer cette ambiance et ce choix déjà de venir ici. Au début, on était un peu partagé. À l’arrivée, à chaque fois qu’il a fait des choix c’était les bons. »

Le nouveau boss n’a pourtant pas hésité à titiller ses hommes. « Au début, quand il nous sort que le lendemain on va faire un footing à sept heure du mat’ et après tous les jours, on était un peu surpris, reconnait Richard Gasquet. Sur le coup, personne n’a osé trop répondre et trop parler. Parce que c’est lui. Parce que si ça avait été un autre capitaine, je ne sais pas si cela se serait passé aussi bien (rires). »

Monfils : « Beaucoup plus entraînant que n’importe qui »

« C’est vraiment un patron, c’est lui le chef, poursuit le Biterrois. Il est au-dessus des joueurs. C’est lui qui décide de tout et tout le monde le suit. Il motive quand il faut et il gueule aussi quand il faut. Ce qui me revient surtout, c’est que tout le monde l’écoute. C’est vraiment une autorité naturelle qu’il a sur les joueurs. Cela fait du bien pour nous parce que cela nous décharge de beaucoup de choses. On est à l’aise et tout le monde est au même pied d’égalité. À l’époque, ce n’était pas totalement la même chose pour tous les joueurs de l’équipe et là aujourd’hui, c’est le cas. »

Gaël Monfils, tombeur de Frank Dancevic lors du premier simple, avait d’ailleurs également emporté sa tresse de lauriers en Guadeloupe : « C’est une approche différente. C’est quelqu’un de beaucoup plus entrainant que n’importe qui. Pour lui, c’est peut-être plus naturel de motiver les gens que certaines personnes. » Preuve est faite.

Jérémy Bilinski avec CG et ES à Baie-Mahault