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Coupe Davis : Noah entre danse, dialogue et poings serrés

Pour son retour sur le banc de l’équipe de France, Yannick Noah s’est offert des débuts en fanfare. Gaël Monfils puis Gilles Simon ont chacun offert un point aux Bleus, qui ont fait le break face au Canada lors du premier tour de Coupe Davis. Avec un capitaine omniprésent et qui n’a finalement pas changé.

Attendu, Yannick Noah l’était à coup sûr à Baie-Mahault. De retour sur le banc des Bleus pour le premier tour de Coupe Davis entre la France et le Canada, le double vainqueur de la compétition en tant que capitaine (1991 et 1996) a démarré sur les chapeaux de roue. Après deux matches, les Français mènent déjà 2-0 face au Canada grâce à Gaël Monfils et Gilles Simon. Et le vainqueur de Roland-Garros 1983 n’y est pas étranger.

Trois générations de Noah

Le clan Noah avait fait le déplacement. Trois générations figuraient dans les tribunes du vélodrome reconverti en court de tennis : le père, Zacharie, remis d’une opération en janvier, et le fils Joao Luca qui, du haut de ses 11 ans, est encore impressionné de voir son père de capitaine coacher des joueurs qu’il admire. « Il est fan de Jo, Gaël, Richard… Voir d’un coup que je suis leur capitaine, mon pépère était émerveillé », confiait le successeur d’Arnaud Clément à RMC Sport jeudi.

Un bisou à sa compagne Isabelle pour débuter la journée, un col relevé et un poing brandi pour la cérémonie d’ouverture… Tout Noah est déjà là, la fierté d’arborer le mot France dans le dos. Mais c’est en match que le capitaine fait pleinement parler sa méthode et son caractère. Il suffisait de le voir vivre les deux rencontres du jour, entre bras tombés devant une spectaculaire balle de set de Gaël Monfils ou posture debout, les poings serrés, en voyant Gilles Simon se battre comme un diable pour revenir de nulle part face à Vasek Pospisil.

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Le sens du dialogue et du show

Avec un mot d’ordre : le dialogue avec ses « gamins ». Gilles Simon est mené 5-0 dans la première manche ? Yannick Noah s’installe à ses côtés sur le banc, pour échanger. Résultat, le joueur revient à 5-4. Accroupi, le capitaine le regarde dans les yeux pendant trente secondes sans dire le moindre mot. D’un coup, il lui lâche un « c’est ça… ». Gilles Simon remporte la première manche puis le match en trois sets (7-5, 6-3, 6-3). Gaël Monfils a en tout cas eu l’air d’apprécier la méthode. « C’était très simple : la communication au bon moment, beaucoup d’ondes et de messages positifs. On s’est bien trouvés », résume-t-il. Noah dialogue aussi avec son ami et adjoint Cédric Pioline en plein match, histoire de parler jeu et tactique.

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Mais pas de Yannick Noah sans le sens du show. Il pousse Gaël Monfils au milieu du court pour que le joueur profite du moment devant un public guadeloupéen tout acquis à sa cause. Après le succès de Gilles Simon et en attendant de répondre aux traditionnelles interviews d’après-match, c’est Noah lui-même qui truste le court. Répondant à la fanfare locale, le capitaine-chanteur retrouve son déhanché et entame quelques pas de danse. Comme si finalement rien n’avait changé depuis 1996.

A.Bo avec E.S à Baie-Mahault