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Coupe Davis: Monfils veut faire vibrer sa Guadeloupe

Gaël Monfils ouvrira le bal face à Frank Dancevic, ce vendredi, lors du premier tour de la Coupe Davis entre la France et le Canada (16h, heure de métropole). Un match que le Parisien disputera devant ses fans de Guadeloupe. L’île natale de son père, Rufin, qu’il aime représenter et qu’il fréquente en vacances depuis son plus jeune âge.

Il a la carte de la Guadeloupe tatouée sur le bras. Et des chaussures à son effigie. C’est dire si Gaël Monfils se sent proche de l’île natale de son père. Pourtant, il ne la connaît qu’en partie. A travers les yeux d’un jeune de la métropole qui vient s’y ressourcer une fois de temps en temps. Pendant les vacances, le plus souvent. « Gaël n'a pas vécu en Guadeloupe, il a grandi à Paris, rappelle Rufin, son papa. Il n'a pas connu la Guadeloupe étant petit, il ne venait que quelques semaines par an. Maintenant, il est adulte, il y a pris goût. Il connaît les bons coins, les bonnes plages, les petits plats, surtout le colombo. Ça lui fait toujours plaisir. »

C’est donc avec un grand sourire que Monfils a débarqué pour préparer le premier tour de la Coupe Davis face au Canada. L’occasion de retrouver sa famille avec le maillot bleu sur les épaules. Une vraie fierté. Depuis son arrivée, le n°17 mondial est pratiquement tous les jours aux côtés de son papa. Il s’est également rendu à un tournoi de tennis pour les jeunes organisé en marge de la Coupe Davis. Histoire de voir sa petite sœur, Maélie, manier la raquette. Casquette sur la tête, décontracté et discret, Monfils a passé un bon moment à encourager au bord du court. Partout où il va, l’enfant du pays, dont la mère Sylvette est martiniquaise, reçoit encouragements et sourires.

Monfils n’était plus venu depuis trois ans

De quoi le mettre à l’aise, sachant qu’il n’était plus venu en Guadeloupe depuis trois ans. La faute à une embrouille entre Rufin, qui est revenu vivre ici, et la Ligue guadeloupéenne. « J’ai eu un désaccord professionnel avec la fédération et ça l’a peiné, confirme le paternel. Ce n’est pas qu’il ne veut pas venir en Guadeloupe, mais nous préférons partir ailleurs, à Miami ou Los Angeles ». Une situation un peu tendue qui n’empêche pas Gaël de revendiquer fièrement ses origines.

Et de s’agacer quand ses propos après le dernier Open d’Australie, lorsqu'il expliquait que la plupart des joueurs français ne souhaitait pas venir en Guadeloupe pour ce tour de Coupe Davis, sont remis sur la table. « Je suis guadeloupéen. Je ne comprends pas qu’un journaliste puisse penser que je n’ai pas envie de venir en Guadeloupe, a-t-il lâché cette semaine devant la presse. Pourquoi je n’aurais pas voulu venir ? J’ai le bras tatoué avec la carte de la Guadeloupe, je joue avec la Guadeloupe toute l’année, mon père habite en Guadeloupe, ma famille vie en Guadeloupe, je suis guadeloupéen monsieur. »

Monfils : « On me montre une belle image de l’île »

La presse locale l’a bien compris et scrute ses moindres réactions. Le public, et notamment les jeunes, le regarde avec des yeux brillants. « Il fait partie des Guadeloupéens comme nous, il joue super bien au tennis et j'aurais bien aimé qu'il m'apprenne », sourit la petite Lorenaya. « On l’encourage plus que les autres », avoue Mathis. « Je ne l'avais vu qu'à la télé. C'est un de mes joueurs favoris et je suis contente qu'il soit venu en Guadeloupe. En fait, il a l'air comme nous », s’enthousiasme Samia.

Un accueil qui ne laisse évidemment pas Monfils insensible : « On me montre une belle image de l’île et c’est vraiment bien. C’est important. Pour ma part, j’attends que ça commence vraiment. On bouillonne. Je me dis que vendredi cela va être exceptionnel. » Ce sera à 11h (16h, heure de métropole) face à Frank Dancevic. Devant un vélodrome Amédée-Detraux qui s’apprête à trembler.

dossier :

Gaël Monfils

Alexandre Jaquin avec Camille Gelpi, en Guadeloupe