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Noah : "J’avais oublié que c’était si dur"

Après les victoires de Gaël Monfils et Gilles Simon, la France mène 2-0 face au Canada dans le premier tour de cette Coupe Davis. Des débuts réussis pour Yannick Noah, de retour sur le banc en tant que capitaine. De quoi retrouver ses repères de la meilleure des façons.

Yannick Noah, qu’avez-vous pensé de la performance de Gaël Monfils devant son public ?

Un match très bien géré par Gaël. Il a été très bon parce que ce n’est pas facile de jouer son premier match devant tous les siens, devant ce peuple qui attendait tellement de lui. Il a vraiment été parfait mentalement. Il a dominé son match, il s’est bien préparé, il méritait ce moment dont il se souviendra.

Cela a été plus compliqué pour Gilles Simon…

Lorsque tu rentres sur le terrain après un événement pareil, il n’y a forcément pas du tout la même émotion, même si le public a été extra aujourd’hui. Un début de match compliqué parce que son adversaire a tout lâché et ça rentrait. Ce n’était pas dramatique mais il fallait qu’il rentre dans le match. Après, le bras de fer était engagé et il a tenu. Il était au-dessus mentalement, physiquement aussi sur la fin. On avait prévu de les amener ici au chaud et ils ont eu chaud (rires).

Qu’avez-vous ressenti en retrouvant le banc de l’équipe de France ?

J’avais oublié que c’était si dur d’être sur la chaise. Je me fais mal au bide, il faut aussi que je me prépare physiquement pour les matches. Mais je me dis qu’après deux matches comme ceux-là, 2-0 sans avoir perdu un set… Ils ont été très bons.

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- © AFP

Vous n’avez pas pu retenir vos pas de danse…

Qu’est-ce que vous voulez, il y a du bonheur ! Dans l’équipe, autour au quotidien. C’est notre but depuis qu’on est arrivés : essayer de partager ça avec tous ces gens. C’était merveilleux. J’avais aussi oublié que la Marseillaise, ça pouvait prendre les tripes comme ça.

Les larmes n’étaient pas loin ?

J’ai failli sortir mes lunettes… Mais ça vaut la peine. Je tremblais un peu, j’étais pris par l’émotion et je me suis dit : « Reprends-toi parce que si tu envoies ce genre d’énergie à tes joueurs… Genre le capitaine supposé vous tenir, si tu commences à chialer ça ne va pas le faire ! »

Vous ne regrettez donc pas d’être venu en Guadeloupe ?

Je n’ai jamais douté de ça ! J’espérais beaucoup. C’est la première fois que j’arrive quelque part pour jouer une rencontre et que les gens viennent me dire merci. J’ai voulu venir ici pour qu’on partage ce moment unique.

On vous a vu bondir, gesticuler : avez-vous retrouvé vos réflexes ?

Ça je ne gère pas ! Je vis le match. Quand tu joues, tu peux évacuer pleins de trucs mais sur la chaise… Il faut gérer. Je fais un peu de yoga (sourire).

Que dites-vos aux gens qui sont déjà certains de la victoire de Tsonga et Gasquet en double ?

La dynamique et le score d’un double, c’est beaucoup plus sensible et délicat. Et on a en face des spécialistes. On a une équipe très forte, Jo et Richard sont préparés. Mais un double, ça peut tourner très vite. On veut gagner ce point, les matches de dimanche parce que chaque moment sur le terrain nous aide pour le futur.

Tsonga-Gasquet, est-ce le double titulaire dans votre esprit ?

Sur ce match oui, on verra la suite. Le deuxième tour, si on gagne, est au mois de juillet. On a aussi deux bonnes équipes performantes qui ne sont pas là aujourd’hui. C’est une décision qu’on retrouvera à chaque rencontre.

E.S à Baie-Mahault