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Federer peut-il gagner Roland-Garros cette année?

Roger Federer va disputer contre Richard Gasquet son premier match sur terre battue depuis trois ans, ce mardi au Masters 1000 de Madrid. Un retour qui coïncide avec les formes chancelantes de Rafael Nadal et Novak Djokovic. Le Suisse saura-t-il en profiter après une si longue absence? Le mystère reste entier.

Deux saisons qu’il boude la surface ocre. Cette année, le dieu du tennis redescend sur terre après 1.090 jours d’absence. Pour la première fois depuis près de trois ans, Roger Federer va rejouer un match sur terre battue, ce soir à Madrid. A bientôt 38 ans (il les aura le 8 août prochain), Federer va entamer à la Caja magica le premier de ses deux tournois avant Roland-Garros. Une très courte période de compétition, compte tenu des exigences de la surface et de son âge avancé, qui charrie son lot d’interrogations. Quid des sensations du Suisse sur la surface, lui qui n’y a plus les mis les pieds depuis une élimination en huitièmes de finale du Masters 1000 de Rome, en 2016?

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Roger Federer doit réapprendre à glisser sur la surface, à apprivoiser ses spécificités, comme le rebond de la balle. Et c’est loin d’être une sinécure. "Pas tellement, curieusement, a opposé le Suisse en conférence de presse. Il faut un peu de temps pour se réhabituer à construire les points, peut-être un peu plus c’est vrai. Il est possible de jouer avec plus d’angles et de hauteur alors que sur un court plus rapide, il est difficile de ralentir le rythme. De ce point de vue, cela a été intéressant et amusant. Mais pas si difficile pour être tout à fait honnête. Mais encore une fois, les matches peuvent être tout à fait différents." Elevé sur terre battue, tout petit, le maestro a une fois de plus mis toutes les chances de son côté.

"L’un des meilleurs joueurs sur cette surface de tous les temps"

En effet, Federer n’a pas fait les choses au hasard. Il s’est d’abord entraîné en altitude, au TC Felsberg, près de son domicile suisse. En plus de son team, le Suisse s'entoure toujours de sparrings de qualité. Il y a eu le jeune serbe Miomir Kecmanovic. Puis l’Anglais Dan Evans. Et quand on a 1.460 matches sur le circuit au compteur, 282 matches joués sur la terre battue pour 202 succès, sans compter un titre à Roland-Garros décroché en cinq finales disputées Porte d’Auteuil (entre 2006 et 2011), on envisage l’avenir sereinement. Sa réputation n’est plus à faire.

"Je pense que Roger est aussi l’un des meilleurs joueurs sur cette surface de tous les temps, a estimé Dominic Thiem, récent vainqueur du tournoi de Barcelone et l’un des joueurs les plus dangereux du moment sur terre battue. La seule chose qui l’a arrêté autant de fois, c’est Rafa. S’il n’était pas là, Roger aurait probablement gagné cinq ou six titres à Roland-Garros. Et même avec ça, il a eu une carrière incroyable. Il a été élevé sur cette surface en Suisse, il y est très à l’aise."

Federer n'a pas "de grandes attentes"

Le moment choisi pour son retour semble opportun, alors que Rafael Nadal n’a toujours pas gagné le moindre tournoi sur sa surface favorite et que Novak Djokovic a la tête ailleurs. Les perspectives n’en sont que plus alléchantes. "En match, tous les points comptent, il sera donc intéressant de voir comment se déroulera le tournoi, a anticipé Federer. Je n’ai pas de grandes attentes mais, dans le même temps, je sais que les choses sont possibles." Difficile de faire plus politique.

Comment lui en vouloir? Le Suisse n’a plus le moindre repère sur la surface et Wimbledon reste son principal objectif de la saison, comme chacun le sait. Roland-Garros est un point d’équilibre dans sa préparation qui lui a peut-être manqué les années précédentes pour se déplacer dans les meilleures dispositions dans son jardin favori. Les premiers matches de Federer livreront une partie de ses ambitions, qu’il se garde bien de dévoiler pour le moment. On le comprend.

dossier :

Roger Federer

QM avec Eric Salliot à Madrid