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Roland-Garros: ciel bleu avec Loïs Boisson et Arthur Fils

La première journée des qualifications de Roland-Garros a souri à deux jeunes Français, Arthur Fils (16 ans) et Aloïs Boisson (18 ans).

Le coup d’envoi de Roland-Garros a été donné ce lundi avec les qualifications, qui distribueront seize tickets dans les deux grands tableaux. L’absence de public n’a pas empêché deux jeunes tricolores de signer deux grosses performances, pas forcément attendues. Arthur Fils, 16 ans pour encore quelques jours, et Loïs Boisson, 18 ans, ont marqué les esprits.

Fils se paye Tomic

Sur le court 14, couvé des yeux par Paul-Henri Mathieu, nouveau responsable du haut niveau, et de nombreux entraîneurs fédéraux, Arthur Fils, 1034e à l’ATP, a vécu une émotion forte. Le jeune Essonnien, connu pour avoir remporté l’Orange Bowl l’hiver dernier, s’est en effet payé Bernard Tomic en trois manches (6-7, 7-6, 6-3). L’Australien a plongé au classement ATP – il est 213e mondial – mais très attiré par l’argent, il avait fait de ces qualifs un objectif majeur compte tenu du prize money non négligeable (10.000 euros au battu du premier tour). Mais il est tombé sur un garçon sans complexes, au gabarit physique déjà impressionnant (1,85 m pour 82 kilos). Envoyé sur des petits tournois en Espagne, Arthur Fils a grappillé des points ATP et a constaté qu’il était au niveau. Malgré le stress, il a su renverser la situation. Complet, puissant – il envoie à 200 km/h au service – Arthur Fils devra digérer ce succès avant d’attaquer son deuxième tour mercredi face à un autre Australien, Marc Polmans, tombeur d’Ugo Humbert en octobre dernier à Roland-Garros.

Boisson découvre Roland-Garros

Chez les filles, Aloïs Boisson, 914e mondiale, a signé un exploit face à l’Espagnole Guerrero Alvarez, 227e mondiale. Bénéficiaire d’une wild-card alors qu’elle n’appartient pas au giron fédéral, la Lyonnaise s’est imposé en trois manches (6-0, 4-6, 6-3). En vue récemment à Saint-Gaudens, cette jeune fille athlétique a un parcours atypique. Née à Dijon, fille d’ancien basketteur professionnel, elle a migré dans le Sud avant de se poser au TC Rillieux (Rhône). Elle s’entraîne au Centre de Ligue à Bron avec Thomas Voiturier et Florian Reynet, ancien sparring partner de Caroline Garcia. Elle est également pensionnaire de la Tony Parler Academy. Aussi incroyable que cela puisse paraître, elle n’avait pas encore jamais foulé les portes du Stade Roland-Garros. Dimanche, elle a même eu l’opportunité de taper des balles sur le court Philippe Chatrier. "Une expérience incroyable", soulignait-elle, des étoiles dans les yeux. Si elle veut disputer un vrai match dans cette enceinte, il lui faut remporter ses deux autres de qualifs et espérer décrocher un gros poisson au tirage au sort…

Eric Salliot