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Roland-Garros: le quatuor français qui tombe à pic chez les juniors

Quatre Français, Sean Cuenin, Arthur Fils, Giovanni Mpetshi Perricard et Luca Van Assche, sont en demi-finales de Roland-Garros chez les juniors. De beaux espoirs pour l'avenir du tennis français, mal en point avec aucun qualifié au 3e tour.

HIS–TO–RI-QUE. Les demi-finales du tournoi juniors de Roland-Garros seront intégralement bleues, ce vendredi (à partir de 11h). Sean Cuenin, Arthur Fils, Giovanni Mpetshi Perricard et Luca Van Assche sont le merveilleux rayon de soleil de cette fin de Roland. Surtout après le retentissant zéro des grands. L’un de ces quatre "boys" rejoindra au palmarès Paul-Henri Mathieu (2000), Richard Gasquet (2002), Gaël Monfils (2004) et Geoffrey Blancaneaux (2016).

Près du court 14, où le quatre à la suite a été conclu jeudi, Olivier Soulès, responsable du département 10-18 ans garçons à la FFT, est un encadrant heureux: "On l’a un petit peu rêvé au début du tournoi et grâce à leurs qualités et leur talent, on a les quatre en demie. C’est bien pour eux". D’origine varoise, Sean Cuenin résume le sentiment général: "Je suis très content. Cela rend une belle image à la FFT. On a prouvé que les Français pouvaient aller au bout d’un Grand Chelem même si c’est les juniors, c’est quand même important, rare et difficile".

Quatre potentiels futurs  

Ces quatre jeunes se connaissent depuis pas mal d’années. Ils s’entraînent régulièrement ensemble et sont très soudés. La première fois que Giovanni et Arthur se sont joué, le premier s’est imposé: "Il a gagné 5-1, 5-0, j’ai seulement marqué le premier jeu, après je me suis fait découper ! (rires)", se souvient Arthur Fils. Ils semblent avoir les armes pour que le soleil s’installe plus haut durablement.

"Ils ont tous les quatre quelque chose, c’est une super génération. Ils ont tous une envie débordante d’y arriver. Ils ont un projet bien en mains, et ils font tout pour y arriver", décrit Olivier Soulès.

Avec déjà un discours assuré devant la presse et surtout quatre profils bien différents. "Arthur, c’est un chien fou, hyper tonique, qu’il faut que l’on éduque comme un chiot, sourit-il. Ce n’est pas du tout péjoratif évidemment ! S’il arrive à se canaliser, il devrait faire quelque chose de pas mal en senior. Giovanni est plus timide, plus réservé, mais il pourrait en imposer plus avec sa grandeur – il mesure deux mètres - et son service. Mais petit à petit, il doit prendre plus confiance en lui. De son côté, Luca a un projet très, très fort. C’est un gamin hyper intelligent. Ce qu’il a réussi à faire il y a un an, il n’aurait peut-être pas réussi à le faire. Il a la science du jeu, les incontournables, mais il faut qu’il arrive à se tempérer. Enfin, Sean, c’est un peu comme Arthur, un peu à vif, avec une énorme gifle de coup droit. Mais il faut qu’il repère bien la manière dont il doit s’en servir. Il a de super capacités, mais il faut qu’il comprenne encore plus le jeu sur terre battue."

Leur autre arme, qui peut pour l’instant se retourner contre eux: leur fort caractère. "Il faut qu’ils arrivent à gérer, parfois cela leur joue des tours. Pour essayer d’être fort, il faut avoir du caractère. Ce n’est pas quelque chose qui me dérange, cela me plait bien plutôt, mais la gestion est importante", précise Olivier Soulès.  

Le plus dur commence  

Depuis trois semaines, ils évoluent dans le contexte d’un Grand Chelem. Avec une organisation gigantesque, millimétrée, et une fenêtre médiatique exceptionnelle qui s’ouvre de par leurs performances. Luca Van Assche, bénéficiaire d’une wild-card pour les qualifications (NDLR : il avait bien résisté au Suisse Laaksonen), semble en avoir pris la pleine mesure: "C’était vraiment incroyable, j’ai pu m’entraîner avec des joueurs très bien classés. Cela m’a permis de voir le haut niveau. Cela m’a donné envie de travailler encore plus dur pour rejouer ces tournois grâce à mon classement, et les jouer toutes les années. Une très belle expérience qui m’a beaucoup servi sur le plan tennistique et mental".  

Victorieux de Wimbledon juniors en 2000, Nicolas Mahut se félicite de cette réussite collective. Et a hâte de voir le résultat de ses duels fratricides. "Rien ne dit que le meilleur des quatre gagnera. Et rien ne dit que celui qui gagnera ira le plus loin derrière." Parole d’un sage prêt à assurer la transmission. Car ces mômes auront besoin d’une épaule solide et d’une oreille attentive… 

Anthony Rech et Eric Salliot