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Roland-Garros : Nishikori, l’idole du Levant

Jo-Wilfried Tsonga défie Kei Nishikori, numéro 5 mondial, ce mardi en quart de finale de Roland-Garros. Premier joueur japonais à s’élever aussi haut dans la hiérarchie du tennis mondial, le joueur de 25 ans jouit d’une énorme popularité dans son pays.

L’effet décoiffé impeccable et le veston parfaitement ajusté, il s’affiche en « une » du numéro de juillet de la version japonaise du très branché magazine GQ. Le titre ? « Kei Nishikori, le nouveau héros ». Un privilège d’ordinaire réservé aux icones du septième art ou de la musique comme Bradley Cooper, James Franco ou Pharrell Williams. Mais au pays des sumos, Kei Nishikori est devenu bien plus qu’un joueur de tennis. « Il est comme un samouraï, témoigne Aoto, l’un de ses supporters rencontré à Paris. Il joue partout dans le monde. Beaucoup de Japonais s’intéressent à lui. Il est en train de devenir plus célèbre que Zidane ou Ronaldo au Japon. »

Finaliste de l’US Open en septembre dernier, le joueur élevé au tennis au sein de la célèbre académie floridienne de Nick Bollettieri, est un pionnier. Jamais avant lui un tennisman asiatique n’avait atteint un tel niveau. S’il n’a (pas encore) remporté de tournoi du Grand Chelem, il figure d’ores et déjà au panthéon du sport nippon. « C’est une superstar, souligne le journaliste Yasuhiro Kojima. Comme Messi en Argentine. C’est l’un des meilleurs sportifs de l’histoire du Japon. L’un des plus brillants. » Preuve de sa popularité, lors d’une exhibition à laquelle il participait en novembre dernier à Tokyo, les 10 000 billets disponibles ont été vendus en moins d’une heure. Les sponsors se bousculent, et pas seulement pour vendre des balles de tennis. La marque de voitures de luxe Jaguar l’a ainsi choisi pour être son ambassadeur au Japon.

Agassi l’adore

« C’est surtout un modèle pour les jeunes japonais. Il a tout le pays derrière lui, explique son coach Michael Chang, vainqueur porte d’Auteuil en 1989. Où qu’il aille, à Paris mais aussi partout dans le monde, beaucoup de fans japonais vont le voir jouer. Les gens le suivent dans la rue. Tout le monde regarde ce qu’il fait sur le court et en dehors. » Une notoriété dont Kei Nishikori semble plutôt s’accommoder. « C’est un peu fou au Japon, mais je peux quand même marcher, sourit le 5e joueur mondial. Les gens me reconnaissent, c’est quand même sympa. Beaucoup viennent me voir et me disent bonjour. »

Hors des frontières nippones, Nishikori et ses 300 000 « suiveurs » sur twitter (10 fois moins que Federer) reste un poids plume médiatique par rapport aux cadors du circuit. La température, le Japonais préfère la laisser monter sur le court plutôt qu’en conférence de presse. Mais il ne faut pas s’y tromper. A force de coups gagnants supersoniques, il est devenu l’un des joueurs les plus attractifs du circuit.

Benneteau : « Plus dur pour Tsonga que face à Berdych »

« Kei est l’un des rares pour lequel je paye mon billet », dit à son sujet la légende Andre Agassi. Actuel 47e mondial, Julien Benneteau va plus loin dans l’analyse du phénomène. « Il est monstrueux. Il a une rapidité, une vélocité hors du commun. Il n’est pas loin d’être le meilleur à ce niveau-là avec Djokovic. Et il a pour moi le plus beau revers à deux mains du circuit. Ce sera plus dur pour "Jo" que face à Tomas Berdych (en 8e, ndlr). » Un avis partagé par beaucoup dans les allées de la Porte d’Auteuil. Pour l’ultime rescapé tricolore, la route des demies sera longue.

S.R avec V.D