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Roland-Garros: qui est Amanda Anisimova, la sensation du tournoi?

Sensation de ce Roland-Garros, Amanda Anisimova, 17 ans seulement, a sorti Simona Halep ce jeudi en quart de finale. L’Américaine n’a pas perdu un seul set depuis le début de la quinzaine! Voici quelques clés pour mieux connaître cette surdouée.

Amanda Anisimova, qualifiée à Roland-Garros pour sa première demi-finale de Grand Chelem grâce à sa victoire ce jeudi face à la tenante du titre Simona Halep (6-2, 6-4), est née le 31 août 2001, à Freehold, dans le New Jersey, de parents russes: Konstantin et Olga. Quand elle a trois ans, la famille s’installe à Miami en Floride. Là où les sœurs Williams ont grandi. Amanda y apprend le tennis, que pratique sa sœur aînée au niveau universitaire. A 11 ans, elle intègre l’académie de Nick Saviano, qui a propulsé dernièrement Eugénie Bouchard et Sloane Stephens par exemple.

Le parcours de vie ressemble grandement à celui d'Anna Kournikova et de Maria Sharapova (avec qui on l'a déjà confondu, d'ailleurs). Elle fait déjà mieux que la première, qui n'a remporté aucun titre dans sa carrière. Et il faut souligner l'intelligence des parents, qui ont su s'effacer il y a quelques années, au profit d'entraîneurs plus expérimentés.

Précoce et talentueuse

En 2016, alors qu’elle n’a que 15 ans, Anisimova atteint la finale de Roland-Garros chez les juniors. L’année suivante, elle bénéficie d’une invitation pour le grand tableau du tournoi parisien et est éliminée au premier tour par la Japonaise Nara Kurumi en trois sets. Mais elle se rachète en remportant l'US Open Juniors et la Fed Cup Juniors avec les USA. En 2018, elle entre dans le Top 100, mais une blessure au pied freine sa progression et la prive de la saison sur terre. Cette année, elle atteint les 8es de finale à Melbourne, puis remporte le premier et seul titre de sa carrière, sur la terre battue de Bogota, en avril dernier.

Des idées politiques affirmées

Anisimova a pour modèle Sharapova et Serena Williams, elle a pu converser quelques minutes avec elle dans les vestiaires après une défaite à Miami, "c'était très gentil de sa part et je m'en souviendrai toujours". Très présente sur les réseaux sociaux, notamment Twitter et Instagram, la jeune femme n'hésite pas à faire passer des messages: elle est contre le port d'armes par exemple aux Etats-Unis, s'insurge contre les forces de l'ordre américaines qui repoussent des migrants à la frontière mexicaine, ou encore appelle à boycotter des hôtels propriétés du Sultanat du Brunei pour protester contre un système judiciaire anarchique.

Un jeu agressif

Aujourd’hui 51e mondiale, l’Américaine a été la première joueuse née dans les années 2000 à atteindre les quarts de finale et donc les demi-finales d’un tournoi du Grand Chelem. Elle est d'ailleurs la plus jeune joueuse depuis Jennifer Capriati en 1996 à atteindre le dernier carré à Roland-Garros. Ce n’est pas un hasard que cela arrive porte d'Auteuil: "J’ai grandi sur terre battue, j’aime ça", disait-elle après sa victoire sur Aryna Sabalenka. Elle fait aussi preuve d’une maturité étonnante, sereine au moment de conclure.

Simona Halep a décrit son jeu après le quart de finale sur le Court Philippe Chatrier: "Elle joue très vite, très agressif, constamment. Elle se déplace bien. Elle a une belle vision du jeu. Elle pousse la balle très en profondeur, et parfois, on ne peut pas relancer parce que la balle ne rebondit pas. Elle met de la pression sur le jeu. Et même si elle ne tape pas forcément avec une grande puissance, elle tape profond. Il est difficile de retourner." Son revers long de ligne, inspiré de celui de Simona Halep, a fait des ravages aujourd'hui. Son toucher de balle, avec quelques amorties bien senties, fait aussi partie de ses qualités.

Des points et des sous

Anisimova est assurée de gagner à minima 25 places au classement qui sera publié lundi, et pointera au 26e rang. Elle a remporté jusqu'à maintenant 617.000 euros dans sa carrière. Avec cette qualification pour les demi-finales de Roland-Garros, elle sera opposée à l'Australienne Ashleigh Barty sur le court Suzanne Lenglen. Elle est déjà assurée de repartir avec un chèque de 590.000 euros.

Nicolas Bensussan