RMC Sport

Roland-Garros: six ans après sa victoire en juniors, Blancaneaux est "beaucoup plus mature"

En 2016, lorsque Geoffrey Blancaneaux a remporté Roland-Garros juniors face à Félix Auger-Aliassime, Michel, son papa, avait des rêves fous pour son fils. Il jouait sur sa date de naissance - un 8 août comme Roger Federer... – au point de créer une marque déposée. La route a été plus sinueuse que prévu mais six ans plus tard, le Val-de-Marnais, 195e mondial, a vécu un grand moment de sa carrière en franchissant l’écueil des qualifs. Il disputera son premier Roland ce lundi face au Hongrois Marton Fucsovics.

Michel Blancaneaux, on vous a senti très ému après cette victoire sur un court 14 en feu face à l’Allemand Daniel Masur...

On n’avait pas de bons feeling sur ce court. "Geoff" avait joué un match horrible contre Denis Kudla. Mais aujourd’hui, c’était génial. En fait, tout semblait lui réussir mais à tout moment, il pouvait paniquer. Mais quand j’ai vu le revers à une main qu’il a lâché, je savais… Quand il était tout petit, il n’avait le droit d’exécuter que des revers à deux mains. Mais on s’entraînait quand même à une main. Une année, il avait servi de sparring-partner à Gaël Monfils à Athènes, il lui en avait mis des cartouches. Gaël lui avait dit: 'Travaille le quand même, ça pourra te servir..' Globalement, j’ai été assez serein.

Au dela de la 500e place début 2019

Est-ce que cette victoire est plus forte que son titre en juniors ? Parce que le chemin a été...

(Il coupe) C’est mieux quand c’est dur. Mais il est beaucoup plus mature. Après la tournée australienne en 2019, il n’était pas bien. Il était au-delà du Top 500. Il se posait des questions.. Mais il a su se reconstruire. Il a trouvé une bonne structure en Belgique. Cette année, il y avait la possibilité de décrocher l’invitation via la Race (NDLR, Manuel Guinard et Grégoire Barrère ont été plus forts). Je lui ai dit: "débrouille toi, il faut que tu franchisses ces qualifs". Il l’a fait. Maintenant, il va jouer Marton Fucsovics. Il y avait une chance sur 19 qu’il retrouve Felix Auger-Aliassime. Cela aurait été rigolo…

Il parait que vous vouliez le faire jouer en Interclubs ce dimanche

On est en tête de notre poule de Nationale 4 et on reçoit notre dauphin, le PUC. Le 15 mai, la veille du coup d’envoi des qualifs, Geoffrey avait joué à Nevers. Bon, il avait abandonné après un set… Face au PUC, on n’allait pas tenter le diable… Même s’il aurait joué à 1/6…

Eric Salliot