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Disparition de Peng Shuai: la Chine appelle à cesser de "monter en épingle" l'affaire

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a exhorté les responsables politiques étrangers inquiets du sort de Shuai Peng à arrêter toute forme de pression politique sur le régime.

La Chine a appelé mardi à cesser de "monter en épingle" l'affaire Peng Shuai, lors d'une exceptionnelle réaction officielle au scandale sexuel qui vise un ex-haut responsable du régime.

La joueuse de tennis Peng Shuai a posté un message sur le réseau social Weibo le 2 novembre. Ce message accusait l'ancien haut dirigeant chinois Zhang Gaoli, un puissant ex-responsable du Parti communiste de 40 ans son aîné, d'un rapport sexuel forcé, avant d'être rapidement supprimé par les autorités chinoises.

Depuis, la joueuse avait disparu, ne réapparaissant publiquement que la semaine passée, comme par magie, à l'occasion d'un tournoi à Pékin où on l'a vu signer des autographes à des enfants. Insuffisant pour les diplomaties internationales.

Jusqu'à présent, interrogé quasi quotidiennement, le ministère chinois des Affaires étrangères se refusait en général à tout commentaire sur cette affaire, affirmant qu'elle ne relevait pas de la sphère diplomatique.Interrogé mardi lors d'un point de presse, le porte-parole Zhao Lijian a cependant réagi à la polémique qui vise son pays depuis le début du mois.

"Je pense que certains doivent cesser de délibérément monter en épingle cette question à des fins hostiles, et surtout d'en faire une question politique", a déclaré devant la presse un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian.

La pression s'accroît

Zhao n'a pas précisé qui il visait précisément par ses propos. La Chine a vu la pression internationale très rapidement s’accroître suite à la disparition des radars de la joueuse Peng Shuai. De l’ONU à la Maison Blanche en passant par les instances mondiales du tennis, les prises de position se sont multipliées pour demander à la Chine de faire la lumière sur cette disparition.

Et la réapparition publique de la joueuse n’a pas calmé le jeu. Alors que le président des Etats-Unis Joe Biden avait déclaré "envisager" un boycott diplomatique des Jeux d’hiver de Pékin 2022, le Royaume-Uni avait quant à lui exigé des "preuves vérifiables", quand d’autres, les joueurs notamment, mais également la France, exigeaient que la joueuse puisse "s’exprimer librement".

La star chinoise a multiplié les signes quant à son état de santé, dimanche, sans pour autant que ces manifestations ne fournissent d'éléments tangibles sur sa situation personnelle. Pour avoir échangé lors d'une visioconférence dont le cadre n'est pas connu, le président du CIO Thomas Bach a été accusé de participer à la propagande du régime chinois.

QM avec AFP