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Kiki Mladenovic affole les compteurs

Kristina Mladenovic

Kristina Mladenovic - AFP

Ce vendredi soir, face à Svetlana Kuznetsova, Kristina Mladenovic a la possibilité d’atteindre la finale du tournoi de Madrid, ce qu’aucune Française n’est parvenue à faire depuis Aravane Rezai (2010). Et la Nordiste a des objectifs encore plus élevés.

Kristina Mladenovic vise ce vendredi soir à la Caja Magica de Madrid un 27e succès en 2017, ce qui lui permettrait d’endosser le maillot jaune symbolique au nombre de matches remportés. La Française, 17e mondiale, est devenue une machine à gagner. Son rythme personnel s’est accéléré de manière foudroyante depuis février. L’an passé, elle avait obtenu 26 succès en... neuf mois! De quoi donner le tournis.

"C'est une statistique évidente sur ma progression, commentait-elle. Je suis consciente que ça fait beaucoup de matches déjà pour être au mois de mai, beaucoup de victoires. Sur le papier, je vois où je me situe à la Race (NDLR : virtuelle 7e) et ça commence vraiment à devenir significatif."

Ce classement, photographie des cinq premiers mois de l’année, elle peut carrément en prendre la tête si elle remporte ses deux prochaines rencontres à Madrid.

Franche et cash

Sur le circuit, "Kiki" ne manie pas la langue de bois. Elle est franche, sans filtre. Aux Jeux olympiques de Rio, elle avait pianoté sur son téléphone portable une série de tweets très désagréables pour sa fédération, coupable, selon elle, d’avoir été négligente sur l’affaire des tenues, ce qui avait obligé Caroline Garcia à enfiler une tenue à l’envers.

Cet hiver elle a sévèrement critiqué sa compatriote lorsque celle-ci a tourné le dos à l’équipe de France de Fed Cup. Il y a un an, "Kiki" et "Caro" avaient gagné Roland-Garros ensemble. Aujourd’hui, leurs relations sont glaciales, surtout après les "LOL" sur twitter du 10 avril qui arrachent encore des larmes de détresse à la Lyonnaise.

Récemment, Kristina Mladenovic n’a jamais caché que le retour de suspension de Maria Sharapova par le biais de wild-cards la gênait. Par un curieux hasard, elle a dû se frotter à la Russe en demi-finale à Stuttgart et elle l’a dominée au terme d’un match âpre.

Une demi-finale face à la Canadienne Eugénie Bouchard, victorieuse de Sharapova au deuxième tour aurait été cocasse mais la Canadienne a coincé (6-4 6-0) face à Svetlana Kuznetsova, la nouvelle partenaire de double de la Tricolore.

Peu importe, Kiki Mladenovic va tracer sa route, en solo – "mon meilleur coach, c’est moi-même" –, même si sa mère l’accompagne sur les tournois. La grossesse de Serena Williams ouvre des perspectives alléchantes, elle ne s’en cache pas. "On joue en deux sets gagnants et tout peut arriver, dit-elle. J’essaie d’amener mon jeu au plus haut niveau de mes capacités. J’en suis encore loin. Mais c’est sûr que je me rapproche. Affronter les meilleures devient mon quotidien. Ca a été un rêve, ça se transforme en objectif. J’avais ce rêve fou quand j’étais à la soirée des numéros 1 mondiaux juniors (NDLR : en 2009). Je voulais être numéro 1 mondiale dans tout! Juniors, double, mixte, simple... On verra ce que l’avenir me réserve. Mais oui, je me mets de grosses ambitions."

Et ça passe par une quatrième finale en quatre mois.

Eric Salliot