RMC Sport

Vendée Globe: Amedeo raconte son retour forcé aux Sables d'Olonne

Après un problème technique (casse de son hook), Fabrice Amedeo (Newrest-Art & Fenêtres) a dû revenir au port des Sables d’Olonne pour réparer. Il va pouvoir repartir à 100% ce mardi, en début d’après midi, et préfère voir le positif de cette situation.

Fabrice Amedeo, comment vous sentez-vous après ce retour au port des Sables d'Olonne, à la suite d'une casse peu après le départ du Vendée Globe ? 

Je me sens bien, même si c’est vrai que j’avais fait un bon départ. Le plan se déroulait comme prévu. J’avais mis une très grande voile à l’avant, de 280 mètres carré, plus grande que celle de pas mal de concurrents... Cela avançait bien, et puis quand le vent a commencé à tourner, j’ai voulu changer de voile et la descendre, mais je n’ai malheureusement pas réussi. Elle était coincée. Du coup, dans ces cas là, la solution, c’est de monter au mât. Mais il faisait nuit, il y avait du vent devant à rentrer. On était peu après après le départ, donc je ne trouvais pas ça raisonnable de monter là haut... Autant, il y a quatre ans, lors du dernier Vendée Globe, je l’avais fait dans les mers du sud, autant là, je ne trouvais pas cela raisonnable. Donc j’ai décidé de faire demi-tour. Bien m’en a pris car je suis arrivé à 2h du matin sur une bouée pour peut-être repartir dans la foulée. Mais ça secouait énormément et l’équipe n’a pas réussi à faire le travail en tête de mât. Surtout, on s’est rendu compte qu’il y avait une fissure du trou d’où sort le cordage qui permet de hisser la voile, une petite fissure de 7 cm. Du coup, on est rentré au port à 7h, lorsque la marée nous l’a permis. Et depuis, l’équipe est au travail, avec l’aide d’autres équipes comme Charal, qui nous a donné accès à son mât de spare pour ne pas monter à chaque fois en haut du mât pour prendre des mesures. Banque Populaire nous a donné une pièce et il y a aussi Pure et La Mie Câline qui nous ont filé un coup de main. C’est très sympa.

>>> Vendée Globe: "la course au large a une utilité dans notre société", selon Gabart

Comment cela s’est-il passé depuis que vous êtes revenu ?

Pour ne pas casser la bulle Covid, mes équipiers qui étaient déjà à bord avec moi dimanche, et confinés depuis jeudi soir, sont ceux qui sont revenus sur le bateau. Et moi, je suis descendu du bateau. Et je suis allé me confiner dans une chambre d’hôtel où j’ai pu me reposer. Je vais retourner un peu sur le bateau et puis regarder un peu la météo pour me préparer un nouveau schéma. Parce que je ne suis plus du tout dans le même scénario que mes adversaires. Mais de toute façon, un Vendée Globe, c’est long. Moi, je vais repartir et l’objectif, maintenant, c’est de revenir sur la queue de flotte avant les mers du Sud. Et puis, après, on verra...

Quand est-ce que vous allez pouvoir repartir ?

Au départ, on avait imaginé cette nuit. Finalement, ce sera mardi, en début d’après-midi. Parce que la météo est aussi plus favorable à cette heure-là. Il vaut mieux partir à 100% plutôt que de faire les choses à l’arrache. De toute façon, maintenant, les concurrents sont loin, c’est une autre course qui commence. Il vaut mieux faire les choses bien, parce que je ne compte pas revenir encore une fois aux Sables. Le plus important, c’est que c’est un fait de course qui ne m’oblige pas à abandonner. Et puis dans mon malheur, je vais échapper au front que va avoir à affronter la flotte mardi. Moi, je vais le récupérer beaucoup moins fort que ce que ça aurait pu être.

Quel regard portez-vous justement sur le début de la course et les deux stratégies opposées de la flotte ? 

On le sait, c’est une flotte hétérogène avec des bateaux qui n’ont rien à voir en terme de performance, et des marins qui n’ont pas les mêmes ambitions. Donc, oui, les bateaux à dérivés essayent de raccourcir un peu la route, et les bateaux à foils vont chercher les systèmes météos et la vitesse. Mais c’est vrai que le front qui va passer dans la nuit de mardi sera un vrai test pour la flotte. On verra aussi ceux qui veulent attaquer, ou pas... Et même si je ne le souhaite à personne, il peut y avoir aussi, avec ces conditions, des possibles soucis techniques.

dossier :

Vendée Globe

Maureen Lehoux