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Vendée Globe: Le Cam a caché un énorme problème sur son bateau

Quatrième du Vendée Globe, le "Roi" Jean Le Cam a régalé le public durant cette édition 2020-2021 par sa personnalité. Mais le doyen de la course a également vécu des moments très, très difficiles, après que son bateau a été endommagé. "L'insoutenable", assure-t-il.

Chouchou du public sur ce Vendée Globe 2020-2021, Jean Le Cam, quatrième du classement final, a régalé l'audience par son franc-parler et ses facéties. Mais durant les 80 jours de mer, le doyen de la course (61 ans) a aussi vécu des moments sombres, des moments douloureux, sur le plan physique et mental. Parce qu'il s'est cassé une côte, et parce que le skipper a longtemps cru que son bateau, endommagé, pouvait couler à tout moment.

"J’ai connu pas mal de trucs assez difficiles dans ma vie, mais là j’ai connu l’insoutenable, a-t-il confié en conférence de presse, à son arrivée aux Sables-d'Olonne. Et en fait, l’insoutenable, on arrive quand même à le passer, c’est incroyable comment l’être humain arrive à faire des choses que tu ne penses pas possibles..."

"Tu te dis 'putain ça va péter d’un moment à un autre'. Et si ça pète, tu coules."

Avant de détendre l'atmosphère, Le Cam, l'air grave, a ainsi détaillé ses soucis pendant quelques minutes. En assurant avoir vécu une course plus dure qu'en 2008, quand il avait chaviré avant d'être récupéré par Vincent Riou.

"Le chavirage, tu es sur un bateau, tu chavires, et 19 heures après Vincent (Riou) vient te chercher. Finalement, ce ne sont que 19 heures, relativise Le Cam. Ce n’est pas un mois et demi, où chaque jour, chaque heure, chaque vague est difficile. Quand j’ai débarqué Kevin (Escoffier) sur le Nivôse, j’étais dans le front chaud. Et puis le lendemain, je vais voir à l’avant: le bateau était délaminé (découpé dans le sens de l’épaisseur, ndlr). Quand tu as la coque qui bouge de cinq centimètres, et que tu as la mousse qui craque, tu te dis 'putain ça va péter d’un moment à un autre'. Et si ça pète, tu coules."

Le Cam a donc dû enfiler sa tenue de bricoleur. "Il fallait que je trouve une solution, donc j’ai réparé une première fois les cloisons avec du carbone, mais je n’avais pas assez de résine. Et ça a re-pété quand on a remonté vers le nord avec beaucoup de mer. Donc arrêt une deuxième fois, réparation, temps de séchage… Et là, après, chaque jour tu te dis 'il ne faut pas que ça tape'. Avant-hier, je me suis dit 'je ne remets plus les pieds devant, je n’en peux plus'. Parce que tu ouvres la trappe, tu regardes avec ta pile, et tu te dis encore 'il ne faut plus que ça tape'. Mais me voilà ici, je suis arrivé. (...) Ce sont des histoires que je n’ai pas racontées avant, parce que ça ne servait à rien. Mais voilà pourquoi je dis que c’était très difficile."

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