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EuroBasket - Collet : "Il ne faut pas penser aux conséquences"

Vincent Collet, sélectionneur de l’équipe de France, se focalise sur le 8e de finale de l’EuroBasket face à la Turquie samedi (21h) sans penser à l’idée qu’une défaite mettrait fin à la carrière internationale d’une génération dorée emmenée par Tony Parker.

Vincent Collet, notez-vous une approche différente de Tony Parker à l’approche de ces matches à fort enjeu ?

Ce matin (vendredi, ndlr), il était beaucoup plus fermé et concentré. C’est ce qu’il fait à chaque fois qu’on approche de ces échéances. Il a cette capacité à vraiment se concentrer et c’est assez remarquable. Dans le vestiaire, pendant l’heure qui précède le match, son visage est souvent impassible. Je pense qu’il se prépare du mieux possible. C’est une capacité qu’ont les champions. Ça fait partie de leurs marques de fabrique.

Votre équipe a pris l’habitude de remporter les matches couperets. En quoi cela vous aide-t-il avant ce 8e de finale contre la Turquie ?

Quand on n’avait pas beaucoup gagné, on se disait qu’il fallait être là tous les ans pour jouer ces matches. On a suffisamment souffert contre les Grecs et les Espagnols de leur faculté à se sublimer dans ce type de matches. Les mots ne remplacent pas tout avant ces matches. Et rien ne remplace l’expérience. Plus les gens ont vécu ces moments, plus ils sont à même de les aborder de la même manière en ne basculant pas trop dans l’irrationnel. Il faut rêver avant une grande compétition. Ça fait partie de ce qui vous motive. Quand on arrive au moment du match, il ne faut plus trop rêver, il faut jouer. Ça nécessite de la concentration.

Comment abordez-vous ces moments, qui nécessitent de la concentration ?

J’y pense à chaque instant depuis le 20 juillet, quand on a commencé la prépa. On en parle entre nous avec les joueurs. Mais quand on rentrera dans le stade et qu’on verra 27 000 spectateurs, les poils vont se dresser. Il ne faudra pas qu’on bascule et qu’on se fasse emporter par nos émotions. Il faudra rester concentré sur ce qu’on veut faire, sur le plan de jeu, qu’on soit discipliné et qu’on ne veuille pas jouer au héros et oublier ce qu’il faut respecter. Ce sont les enjeux du match, mais j’ai bon espoir parce qu’on a appris des matches encore plus importants qu’on a joués. On est rarement bon lors d’une première finale. Il manque souvent quelque chose parce qu’on se fait submerger par ses émotions.

En cas de défaite, cela serait la fin d’une génération en équipe de France. Cela peut-il tétaniser les joueurs ?

Je ne peux pas répondre pour tout le monde. Je ne crois pas. C’est un match couperet. Si on gagne, celui d’après le serait encore mais n’aurait pas la même portée. Il n’y a que 7 qualifiés pour les tournois de qualification olympique. Demain (samedi), ce serait une sortie de route totale. Tout le monde y pense un peu. Quand tu joues en finale, c’est pareil, il n’y a pas d’issue de secours. Le fait que ça aille vite, c’est assez favorable. On n’a pas à piaffer pendant quatre jours avant ce type de matches. J’ai regardé un match de la Turquie dans l’avion hier soir (jeudi), un autre ce matin (vendredi), un autre cet après-midi et peut-être un autre ce soir avant d’aller dormir. Pendant que tu fais ça, tu penses moins aux conséquences. C’est ce qu’il faut faire : ne pas penser aux conséquences mais penser au match.

la rédaction avec FGi et JB