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L’éducation de Bronny: LeBron James Jr, lycéen dans la lumière

Il a quinze ans mais joue devant des salles de plus de 15.000 spectateurs et compte plus de cinq millions d’abonnés Instagram. Attraction médiatico-populaire, "Bronny" James, fils de LeBron James, évolue sous les couleurs de Sierra Canyon, à Los Angeles, où il partageait cette saison le parquet avec Zaire Wade, fils de Dwyane Wade. Un lycée pas comme les autres qui prépare cet ado pas comme les autres et ses élèves à la vie de basketteur universitaire et même professionnel. Proviseur, directeur athlétique, coach, joueur: RMC Sport a discuté avec eux pour mieux vous faire découvrir l'aîné du "King" de la NBA et son potentiel sur les parquets (2\/2).

Andre Chevalier est un entraîneur qui pousse toujours ses troupes à l’excellence. Qui n’hésite pas à donner de la voix quand il le faut, gros espoirs ou pas, fils de LeBron James et Dwyane Wade ou pas. "Je crie sur tout le monde, sourit le coach de l’équipe première de Sierra Canyon au micro de RMC Sport. Je traite tout le monde de la même façon. Ils ont besoin d’être disciplinés pour se développer en tant que jeunes hommes et basketteurs." Avoir quelques parents qui ont connu la NBA facilite même sa tâche. LeBron et D-Wade connaissent trop le basket pour interférer sur les plates-bandes du coach ou lui dire quoi faire avec leur progéniture. "Les parents qui n’ont pas joué à un tel niveau viennent plus lui parler, mais je n’ai jamais vu un des deux interférer sur le plan sportif", constate Rock Pillsbury, le directeur athlétique de Sierra Canyon, pour RMC Sport.

"LeBron et D-Wade sont ouverts à ce que je les appelle"

"Ils me font confiance et ils laissent leurs fils se développer à leur rythme, renchérit Andre Chevalier. Ils sont super car si j’ai des questions sur l’équipe ou sur ce qu’ils ont vu, ils sont ouverts à ce que je les appelle pour qu’on en parle au téléphone. Et je le fais." A l’époque, Scottie Pippen lui avait même dit de mettre son fils (passé par Sierra Canyon, tout comme celui de Kenyon Martin ou le neveu de Derek Fisher, et aujourd’hui joueur de l’université de Vanderbilt) sur le banc s’il le fallait. "Les anciens joueurs NBA comprennent que pour atteindre le haut niveau, il y a tout un processus, que ça prend du temps", poursuit le coach. "Sur les quatre-cinq dernières années, aucun d’eux n’a jamais eu un comportement inapproprié, confirme Jim Skrumbis, proviseur du lycée californien, pour RMC Sport. Ils nous soutiennent, c’est tout, et veulent le meilleur pour leurs enfants."

>> L'éducation de Bronny: Sierra Canyon, le lycée pas comme les autres du fils de LeBron James

Bronny James en contre-attaque avec Sierra Canyon en décembre 2019
Bronny James en contre-attaque avec Sierra Canyon en décembre 2019 © AFP

Ils restent dans leur rôle de parent. Mais ils sont là. LeBron James comme Dwyane Wade ont assisté à plusieurs matches de leurs fils Bronny et Zaire cette saison. Sans en rajouter. "LeBron s’est toujours bien comporté, de façon appropriée, appuie le directeur athlétique. Il vient juste s’asseoir et regarder son fils." Dont les coéquipiers tentent de s’habituer à l’extraordinaire. "Au début, les gamins semblaient essayer de montrer un peu à LeBron et D-Wade ce qu’ils avaient dans le ventre et à quel point ils étaient bons, se souvient Andre Chevalier. Mais maintenant, c’est normal pour eux. Ils se contentent de jouer dur et d’aller nous chercher la victoire. Est-ce que ça me fait bizarre de les voir au bord du terrain? LeBron est une légende mais Pippen en est une aussi. Comme j’avais déjà eu affaire à ces gars ces dernières années, cela n’a pas eu d’effet sur moi. Je suis là pour coacher ces gamins et leur donner toute mon attention et j’essaie de rester concentré là-dessus."

Silence radio pour sa première année

Partenaire de Bronny James, et parmi les meilleurs joueurs américains de sa classe d’âge, Amari Bailey est plus enthousiaste: "Peu de gens ont l’honneur d’avoir LeBron à leurs matches. C’était génial. Mais au final, je devais juste aller sur le terrain et jouer. Ma mère m’a toujours dit: 'Peu importe qui vient voir tes matches, fais ce que tu dois faire'. Mais c’est clair que c’est un truc de fou de le voir là." Avec tout ça, il faut aussi gérer la lumière, éclatante. Coach Chevalier choisit les joueurs des Trailblazers qui peuvent parler aux médias, et quand. "Cette attention médiatique faisait un peu peur au début, c’était un peu écrasant, mais on s’habitue à ça au fur et à mesure et désormais je sais la gérer, lâche Amari Bailey à RMC Sport. Il n’y a rien d’autre à faire que d’accepter de jouer le jeu car ces micros ne vont pas disparaître, bien au contraire."

LeBron James (arrière-plan) observe son fils Bronny lors d'un match entre Sierra Canyon et St Vincent-St Mary, son ancien lycée, en décembre 2019
LeBron James (arrière-plan) observe son fils Bronny lors d'un match entre Sierra Canyon et St Vincent-St Mary, son ancien lycée, en décembre 2019 © AFP

Pour le fils de LeBron, c’était silence radio pour sa première année lycéenne, "une décision familiale" (Rock Pillsbury) pour le préserver. "Notre boulot est de les protéger, explique Jim Skrumbis. On ne peut pas cacher le fait que Bronny va dans notre école car il joue au basket et qu’il porte notre maillot. Mais il n’est pas titulaire de l’équipe, il est encore très jeune, donc la décision était facile à prendre: cette année il devait grandir tranquillement. Dans le futur, il sera probablement plus disponible pour les médias. Mais c’est leur décision." Et l’intéressé dans tout ça? Comment celui dont la vie est en permanence chroniquée conjugue-t-il son statut de star précoce, papa oblige, et la lumière sur lui depuis si longtemps avec son développement de joueur et d’homme?

"Il gère déjà tout ça comme un adulte"

A quinze ans, celui qui porte le numéro 0 en hommage à son basketteur préféré… Russell Westbrook (Houston Rockets) vit ce que la plupart des athlètes professionnels ne vivront jamais, une attention réservée aux superstars. Mais il gère avec la fraîcheur de son âge, conscient de ce qu’il suscite mais sans chercher la lumière ni se croire arrivé trop tôt. "Bronny va toujours être dans la lumière médiatique, c’est quelque chose qui ne va jamais le quitter, et quand on voit la façon dont il gère tout ça à son âge, on doit lui donner tout le crédit possible, sourit son pote Amari Bailey. Peu de gens auraient été capables de faire ça. C’est un gamin normal, humble. Et quand je dis gamin, ce n’est pas le cas car il gère déjà tout ça comme un adulte. Il est très marrant, loufoque, et il garde cette énergie chaque fois qu’il entre dans une pièce. Je le kiffe."

Bronny James (numéro 0) et Amari Bailey, l'un de ses coéquipiers à Sierra Canyon
Bronny James (numéro 0) et Amari Bailey, l'un de ses coéquipiers à Sierra Canyon © DR/Image Sierra Canyon

"Il veut juste être un gamin normal, témoigne Andre Chevalier. Il garde la tête basse, il fait tout pour que l’attention se reporte sur ses coéquipiers, pour leur donner l’opportunité de briller. Il les soutient et les supporte autant qu’il le peut. C’est un plaisir de le voir. Il est vraiment plus mature que son âge quand il s’agit de gérer toute l’attention qui est sur lui. Nous sommes excités à l’idée que Bronny soit dans notre école, pas seulement pour le basket mais aussi pour la façon dont il se comporte, la façon dont il traite les gens." Tous nos témoins évoquent un gamin humble, respectueux, travailleur, gentil, affectueux. Qui rend ses devoirs à l'heure et ne profite pas de son statut pour se la jouer grosse tête. Avec "un haut QI", ajoute le proviseur.

"Chez nous, il n’est pas le meilleur joueur, et même pas le deuxième meilleur joueur"

Même chose pour Zaire Wade, autre fils de légende NBA qui a servi de mentor à Bronny cette saison. "Zaire essaie de le protéger, de lui apprendre des choses et de s’assurer que son expérience soit plus paisible et confortable que ce qu’il a vécu en grandissant", raconte leur coach. Qui ne cache pas adorer ses joueurs fils de stars: "Ils ont grandi dans un environnement très riche mais vous ne le devineriez pas si vous ne le saviez pas. Ils traitent tout le monde de la même façon. Ce sont de bons gamins, tout simplement."

Bronny James effectue une passe lors d'un match de Sierra Canyon sur le parquet des Minnesota Timberwolves en janvier 2020
Bronny James effectue une passe lors d'un match de Sierra Canyon sur le parquet des Minnesota Timberwolves en janvier 2020 © AFP

Rien de spécial dans le comportement, et un environnement qui leur rend bien. "Bronny est juste un gamin normal, on le traite comme un gamin normal, et c’est pour ça que ses parents aiment ce qu’on fait ici, pointe Rock Pillsbury. Beaucoup d’autres écoles voulaient le traiter comme s’il était spécial. Chez nous, il n’est pas le meilleur joueur, et même pas le deuxième meilleur joueur. C’est ce qui est bien d’avoir une très bonne équipe: ils ne sont pas le 'special one' mais juste un bon joueur parmi plein d’autres. Ici, Bronny a le temps de grandir. Il sera en première et en terminale un jour, et il pourra être notre leader, mais il n’a pas besoin de l’être maintenant. C’est trop de pression, il en a assez pour qu’on ne lui en rajoute pas."

Un spectateur lui jette un objet

Celui dont le parrain se nomme Chris Paul (Oklahoma City Thunder) doit déjà subir les yeux rivés sur lui à cause de son nom, voire bien pire. Cette saison, Bronny James a entendu des insultes et même vu en janvier un fan lui jeter un objet non identifié alors qu’il s’apprêtait à faire une remise en jeu contre Paul VI dans la salle du Springfield College (Massachusetts), ce qui obligera l’arbitre à arrêter le match quelques secondes pour demander à la sécurité d’escorter le coupable – lui aussi un ado – en dehors de l’enceinte. Le tout sous les yeux de LeBron qui jouait quelques heures plus tard à Boston avec les Lakers. "C’est un manque de respect, ça m’a rendu fou", avait réagi la superstar NBA. Qui avait aussi souligné avec sourire la capacité de Bronny à ne pas réagir dans la tempête: "Il est cool, calme, meilleur que sa mère et son père par sa façon de laisser couler tout le poids qu'il a sur les épaules."

Bronny James (en blanc) rentre un tir lors d'un match de Sierra Canyon sur le parquet des Minnesota Timberwolves en janvier 2020
Bronny James (en blanc) rentre un tir lors d'un match de Sierra Canyon sur le parquet des Minnesota Timberwolves en janvier 2020 © AFP

En déplacement comme à domicile, un agent de sécurité n’est jamais loin pour éviter tout problème. "Il y a beaucoup de gens qui nous soutiennent mais sans doute encore plus qui veulent nous voir chuter, confirme Andre Chevalier. Quand vous faites partie de Sierra Canyon, vous avez une cible dans le dos. Lui encore plus que les autres. On doit juste rester concentrés, jouer dur et advienne que pourra." Le jeu, justement. Quand on travaille sur l’équipe lycéenne de Bronny James et Zaire Wade, on se demande bien sûr si bon sang ne saurait mentir. Papa James avait excité les médias en évoquant son envie de partager un parquet NBA avec son fils, chose possible en 2024. Son aîné, qui peut jouer mener ou arrière, a du talent. Un tir soyeux et précis, une belle qualité de dribble et de passes, normales comme aveugles, une faculté à changer de rythme balle en main qui fait la différence. Une grosse intelligence de jeu, aussi. Quelque chose de LeBron?

Vingt-quatrième joueur du pays de sa classe d'âge mais...

"Un peu oui, parfois, quand il va au cercle, témoigne son coéquipier Amari Bailey. Il y a eu plusieurs moments comme ça à l’entraînement, ou quand il fait une passe d’une certaine façon, où je me suis dit: 'Ouais, ça me rappelle son père'. C’est clair. Mais Bronny est plus un arrière. Il fait plus de floaters, des choses comme ça." Le coach parle avec plus de recul: "Bronny et Zaire ont encore beaucoup de chemin à faire pour s’approcher de ce que leurs pères ont fait, et c’est normal car LeBron et Dwyane sont parmi les meilleurs joueurs de l’histoire. De temps en temps, on voit un petit quelque chose qui fait penser à eux, mais pas souvent."

Bronny James part au lay-up face à un adversaire lors d'un match de Sierra Canyon en décembre 2019
Bronny James part au lay-up face à un adversaire lors d'un match de Sierra Canyon en décembre 2019 © AFP

Bronny James, listé aux alentours de 1,90 mètre pour l’instant mais qui n’en a sans doute pas fini avec sa croissance, est classé seulement vingt-quatrième joueur du pays de sa classe d’âge par ESPN. Loin de ce que montre par exemple un Mikey Williams, l’un des gros espoirs de la "classe de 2023" (année de leur sortie de lycée), qui a claqué 77 points dans un seul match au même âge cette saison avec San Ysidro (Californie), et loin des certitudes sportive qui entouraient son père au lycée. En sortie de banc, ses stats ne sont pas dingues malgré de belles explosions. Mais ses concurrents sont souvent déjà LA star de leur école quand lui grandit à l’ombre et va gagner en temps de jeu et en influence au fil des années. Il pourrait donc vite grimper dans la hiérarchie avec encore trois ans pour se développer avant l’université (il a des offres depuis ses… dix ans) dans un lieu parfait pour le faire.

Son coach dit qu'il va être un joueur "spécial"

"Bronny est un joueur qui va être spécial, avance son coach. Il peut dribbler, il tire bien et avec un bon pourcentage à trois-points, il est puissant. Avec son physique, s’il prend encore entre sept et dix centimètres, il sera bientôt peut-être pas le meilleur joueur du pays dans sa classe d’âge mais vraiment l’un des meilleurs. Il a été une surprise pour nous. Son évolution depuis l’année dernière a été un grand saut. Et si ça arrive encore cette année, ça va être un vrai plaisir de le voir à l’œuvre la saison prochaine et de voir tout ce dont il est capable." "La saison prochaine, il va émerger comme l’un des meilleurs joueurs de la région, prédit son proviseur. Et je pense que quand il sera senior, il fera partie des meilleurs joueurs du pays."

Bronny James réagit à une décision arbitrale lors d'un match de Sierra Canyon en décembre 2019
Bronny James réagit à une décision arbitrale lors d'un match de Sierra Canyon en décembre 2019 © AFP

Un vrai potentiel, quoi, et pas seulement un mirage médiatique. Papa LeBron, lui, préfère rappeler les priorités de son âge même s’il espère jouer un jour avec lui en NBA: "Le voir grandir en tant qu’homme et que joueur est génial. On ne parle pas de NBA à la maison mais de faire ses devoirs, d’avoir de bonnes notes et d’être respectueux avec ses coéquipiers, son staff et ses camarades de classe pour être un citoyen modèle. Il me rend fier. Nous partageons le même nom mais il a sa propre personnalité, son propre chemin." Coincé dans une dichotomie entre ce qu’il vaut vraiment sur le parquet pour l’instant et l’attention qui lui est déjà consacrée, Bronny James ne répondra sans doute pas aux trop grosses attentes placées sur lui en raison de son patronyme. Elles paraissent inatteignables tant son père prend place haut dans l’histoire du basket américain.

Bientôt rejoint par son petit frère Bryce

Mais elles vont encore continuer de grimper, comme la présence des caméras et des micros. D’autant qu’il ne sera bientôt plus seul. "Toute l’attention devrait être encore plus grosse au moment où il sera en première et que son petit frère, Bryce, qui est scolarisé chez nous, pourra faire partie de l’équipe car il sera en troisième", explique Jim Skrumbis. Un petit frère de tout juste treize ans ans, qui rentre en quatrième, dont les vidéos de highlights tournent déjà sur le web, images relayées par LeBron, et déjà lui aussi cible de critiques/insultes malgré son âge. "Tout le monde veut savoir comment jouent ses fils, même si on préférerait qu’il soit capable de vivre dans l’obscurité pour l’instant et attendre qu’il arrive au lycée", observe Rock Pillsbury.

Bronny James (numéro 0) en défense avec son coéquipier BJ Boston lors d'un match de Sierra Canyon dans la salle des Minnesota Timberwolves en janvier 2020
Bronny James (numéro 0) en défense avec son coéquipier BJ Boston lors d'un match de Sierra Canyon dans la salle des Minnesota Timberwolves en janvier 2020 © AFP

Le nouveau monde et ses réseaux sociaux omniprésents est trop pressé. La hype remplace trop souvent les faits et les ados athlètes sont de plus en plus stars, surtout quand on connaît déjà leurs noms via leurs parents. Le directeur athlétique de Sierra Canyon parle d’un mouvement global "proche de la saturation" et pense qu’il y aura bientôt une chaîne dédiée au sport lycéen tant les vidéos virales cartonnent. Pour le fils de LeBron et par ricochet ses coéquipiers, l’expérience est poussée au paroxysme, unique, impossible à imaginer en Europe pour un groupe de cet âge. Une équipe de "frères" (Amari Bailey) qui rêvent pour beaucoup d’un futur sur les parquets et s’y préparent un environnement qui forme et protège. 

Privés d'un titre ensemble par la crise sanitaire

"Sierra Canyon leur offre l’opportunité de se développer sur tous les plans, estime Coach Chevalier. Pour moi, être un mentor pour eux est la chose la plus importante. Ça consiste à leur donner des leçons de vie à travers le basket et à leur faire comprendre combien il est important pour eux d’avoir une bonne éducation. C’est ce qui peut changer leur vie. Une de nos règles est aussi de prendre du plaisir dans le jeu comme dans leur vie." "Aller en Chine, voyager à travers le pays, être à la télévision presque toutes les semaines, ils ont conscience que c’est inhabituel au lycée et ils savourent, poursuit Jim Skrumbis, qui reconnaît avoir parfois du mal à apprécier tout ce qui arrive à sa juste valeur avec le stress d’organiser des matches si suivis par les médias et la foule. Il est difficile de les garder concentrés et les pieds sur terre car ils restent des enfants mais notre coach y arrive très bien, il est fantastique."

Bronny James sous le feu des projecteurs dans une salle remplie de plusieurs milliers de spectateurs, une situation qui devrait l'accompagner tout au long de son cursus à Sierra Canyon
Bronny James sous le feu des projecteurs dans une salle remplie de plusieurs milliers de spectateurs, une situation qui devrait l'accompagner tout au long de son cursus à Sierra Canyon © DR/Image Sierra Canyon

La suite sera au diapason. "Nous sommes devenus si populaires que presque chaque gamin à Los Angeles, et même dans le pays, veut venir dans notre école, enchaîne le proviseur. Nous avons de jeunes joueurs qui sont très bons et le futur s’annonce brillant. Mais je suis aussi excité par notre programme artistique, notre équipe féminine de soccer ou notre équipe féminine de basket. Il y a beaucoup de choses dont on peut être fiers." La folie autour de Bronny James et de l’équipe masculine va tout de même connaître un petit arrêt en raison de la pandémie de Covid-19. Elle a privé Bronny et Zaire Wade d’un titre de champion d’État ensemble, comme leurs pères l’avaient fait en NBA à Miami, et Sierra Canyon d’un triplé du genre, saison arrêtée juste avant le match du titre. 

Son monde ne sera jamais normal

Si les entraînements individuels (chaque joueur seul sur un panier avec son ballon, quatre joueurs à la fois maximum) ont repris dans la seconde moitié de juin, Coach Chevalier "ne sai(t) pas s’(ils) auron(t) une saison normale" et "n’imagine pas pouvoir jouer devant un gros public pour l’instant". L’idée d’une tournée en Europe cet été, discutée il y a quelques mois avec la France comme possible destination, n’est plus d’actualité. Ce sera pour plus tard, quand le monde sera redevenu normal. Pour Bronny, qui vient et repart de l'école sous bonne escorte en voiture et qui n'évite pas les polémiques malgré son âge à l'image d'une vidéo rendue publique où il utilisait un langage vulgaire peu après le lancement de son compte Instagram ou d'une autre où il était surpris en train de fumer, il ne le sera jamais tout à fait. Mais l’ombre forcée lui permettra de grandir encore plus à son rythme. Dans un environnement comme Sierra Canyon, cela pourrait le mener à rejoindre un jour papa en NBA.

Alexandre HERBINET (@LexaB)