RMC Sport

L’éducation de Bronny: Sierra Canyon, le lycée pas comme les autres du fils de LeBron James

Il a quinze ans mais joue devant des salles de plus de 15.000 spectateurs et compte plus de cinq millions d’abonnés Instagram. Attraction médiatico-populaire, "Bronny" James, fils de LeBron James, évolue sous les couleurs de Sierra Canyon, à Los Angeles, où il partageait cette saison le parquet avec Zaire Wade, fils de Dwyane Wade. Un lycée pas comme les autres qui prépare ses élèves à la vie de basketteur universitaire et même professionnel. Proviseur, directeur athlétique, coach, joueur: RMC Sport a discuté avec eux pour vous faire découvrir cet établissement à part (1\/2).

A son âge, les ados jonglent entre les cours, les devoirs et les amis. Lui rajoute deux-trois trucs. Il dispute des matches devant plus de 15.000 spectateurs dans des salles NBA. Et compte plus de cinq millions d’abonnés sur Instagram. Bienvenue dans le monde de LeBron James Jr, quinze ans, plus connu sous le sobriquet "Bronny". Le fils aîné d’un certain LeBron James, le "King" de la grande ligue américaine. Le garçon portait cette saison les couleurs de l’équipe première de la Sierra Canyon High School, une école de Chatsworth, quartier de Los Angeles, dans laquelle il est scolarisé depuis l’arrivée de son père aux Lakers.

Quinze matches diffusés sur les plateformes ESPN

Dans quelques semaines, Bronny rentrera au 10th grade, l’équivalent de la seconde (il y a quatre années de lycée aux Etats-Unis). Mais son monde ne ressemble pas à celui d’un gamin de son âge. Au lycée, son paternel avait fait la couverture de Sports Illustrated lorsqu’il était en première et disputé des matches devant les caméras de ESPN en terminale. Près de vingt ans plus tard, à l’heure des réseaux sociaux rois et des gamins devenus superstars sur YouTube, son fils prend encore plus la lumière. Le match d’ouverture de Sierra à la maison en novembre? Mille billets vendus en trente-deux minutes et plus de dix caméras pour suivre ses moindres faits et gestes, dont celles de Uninterrupted, le média créé par son père. Le reste de la saison? Quinze matches diffusés sur les différentes plateformes du groupe ESPN! Et plusieurs disputés dans des enceintes NBA. Pour des lycéens, oui, oui.

>> L'éducation de Bronny: LeBron James Jr, lycéen dans la lumière

Avec les fils de LeBron James et Dwyane Wade (deuxième et troisième en partant de la droite), l'équipe du lycée de Sierra Canyon a joué devant des foules impressionnantes cette saison
Avec les fils de LeBron James et Dwyane Wade (deuxième et troisième en partant de la droite), l'équipe du lycée de Sierra Canyon a joué devant des foules impressionnantes cette saison © DR/Image Sierra Canyon

"A Minneapolis, on était supposé jouer dans le gymnase d’un lycée qui pouvait accueillir environ 1.500 personnes mais il était clair que ce ne serait pas suffisant pour combler les demandes donc ils ont déplacé le match dans la salle des Minnesota Timberwolves, avec 17.000 places, et elles ont toutes été vendues en deux jours!", raconte Jim Skrumbis, proviseur de Sierra Canyon, à RMC Sport. "C’était irréel, un truc dingue, se remémore Amari Bailey, l’un des meilleurs joueurs de sa classe d’âge aux Etats-Unis et un des membres de l’équipe, pour RMC Sport. Peu d’adolescents peuvent dire qu’ils ont connu ça." 

A Dallas, la petite salle de Duncanville laisse la place à l’American Airlines Center des Mavericks. A Colombus (Ohio), en décembre, plus de 13.000 personnes assistent à la belle performance de Bronny James contre St Vincent-St Mary, le lycée de son père, avec 15 points, le lay-up décisif pour la gagne et l’accolade de joueur du match, sous les yeux d'un LeBron au bord du terrain pour la première fois de la saison des Trailblazers. "J’étais en Chine et j’ai fait un FaceTime avec ma femme où elle pointait sa caméra vers la télé pour que je puisse regarder le match, s’amuse Jim Skrumbis. Dans des moments comme ça, je me dis que c’est un peu irréel, j’ai du mal à y croire."

Plus de sécurité, des billets vendus sur internet

"On a aussi dû déplacer certains de nos matches à domicile dans une enceinte universitaire proche du lycée en raison du nombre de demandes", complète Rock Pillsbury, le directeur athlétique de l’école (où on fait du sport depuis l’école primaire, quinze disciplines en tout), pour RMC Sport. J’ai été coach universitaire donc j’ai connu de grandes salles avec beaucoup de gens dans les tribunes. Mais je n’avais jamais vu ça pour un lycée. C’est surréaliste et c’est une preuve que LeBron est tellement aimé que les gens veulent venir voir jouer ses enfants."

Le campus hyper moderne de Sierra Canyon, à Chatsworth, quartier de Los Angeles
Le campus hyper moderne de Sierra Canyon, à Chatsworth, quartier de Los Angeles © DR/Image Sierra Canyon

La notoriété de cette équipe lycéenne n’avait pas attendu l’arrivée de Bronny pour exister. Mais avec lui, sans surprise, elle a explosé. "On avait gagné le titre d’Etat lors des deux saisons précédentes, on était une des meilleures équipes du pays et beaucoup de gens venaient à nos matches, explique Jim Skrumbis, un ancien prof d’histoire. Mais même avec tout ça, je n’étais pas préparé à ce qui allait se passer. Tout a été vingt, trente, cinquante fois plus gros en termes d’intérêt populaire et médiatique. On a été obligé d’engager beaucoup plus de personnel de sécurité pour les matches, on a dû faire passer la vente de tickets sur internet, ce qui se fait d’habitude pour des concerts ou des matches professionnels. On a dû limiter le nombre de tickets disponibles pour les étudiants. L’attention a été bien au-delà de tout ce que j’aurais pu projeter. Comme Bronny est en troisième et pas encore titulaire, même si je savais que ça allait être plus gros, je n’avais pas anticipé que ce serait aussi fou."

Les fils de LeBron, D-Wade, Pippen et Martin

Stars, recruteurs universitaires et scouts de tous horizons se pressent à leurs matches. Les meilleures actions de Bronny James, dont le père partage beaucoup de la vie et des exploits sportifs sur les réseaux sociaux (l’intéressé fait de même, nouvelle génération oblige), et de ses coéquipiers font l’objet de compilations ultra spectaculaires sur les sites spécialisés, des vidéos parfois vues plusieurs millions de fois, et certains journalistes de la région les couvrent toute la saison. L’attention d’habitude dévolu à des pros mais pour des adolescents. Et le lycée qui va avec. Sierra Canyon, qu’on peut rejoindre dès la maternelle, n’est pas un établissement comme les autres.

Zaire Wade, fils de Dwyane Wade, sur le parquet des Minnesota Timberwolves en janvier avec Sierra Canyon
Zaire Wade, fils de Dwyane Wade, sur le parquet des Minnesota Timberwolves en janvier avec Sierra Canyon © AFP

Selon le Washington Post, Stevie Wonder et Will Smith ont joué "un rôle essentiel dans la création" de sa partie lycée, en 2005, avec déjà Jim Skrumbis comme proviseur. Les stars Kyle et Kendall Jenner sont passés par ses bancs. Rayon sportifs? Avant Bronny, les fils de Scottie Pippen et Kenyon Martin ainsi que le neveu de Derek Fischer – tous anciens joueurs NBA – sont passés par là. L’aîné de LeBron évoluait aussi cette saison avec celui de Dwyane Wade, ancien partenaire du "King" au Miami Heat, Zaire Wade, qui était en terminale et va poursuivre son parcours dans le basket à l’université. Ces basketteurs viennent tous chercher deux choses pour leur progéniture: exigence et excellence. Une école "privée, enfin plutôt indépendante" (Jim Skrumbis), sans financement gouvernemental ni affiliation religieuse, qui se base sur le modèle de certaines des plus anciennes et réputées écoles du pays, toutes indépendantes, comme par exemple la Philipps Academy à Andover dans le Massachusetts. Mais avec un truc en plus. 

"Nous voulions sortir de l’élitisme de ces écoles historiques, que notre école soit plus égalitariste, plus ouverte à des gens de tous les milieux socio-économiques et raciaux, précise son proviseur. Notre mission est d’être l’élite sans être élitistes. Beaucoup de célébrités, de sportifs ou de gens du monde de la finance habitent dans les faubourgs de Los Angeles, où nous sommes, et ils ont plus tendance à être des libéraux donc ils aiment que nous ne soyons pas une école indépendante à l’ancienne, 100% blanche, mais une école qui correspond mieux à leurs idées politiques." Quinze élèves à peine par classe, 110 à 120 par niveau dont 10 % d’étrangers via un programme international, des professeurs de haut niveau (la majorité a un master ou un doctorat) et 98% des diplômés de fin de cycle qui partent faire quatre années d’université, souvent dans les meilleures facs du pays. 

Faire "le Stanford ou le Duke du niveau lycéen"

Les frais de scolarité s’élèvent à 40.000 dollars l’année mais l’ouverture se fait, comme voulu. "On ne donne pas de bourses d’étude mais des aides financières, indique Jim Skrumbis. Des familles peuvent prouver qu’ils sont éligibles à travers leur déclaration d’impôt. Entre 16% et 18% de notre budget annuel va dans ces aides financières. Vous avez donc non seulement une diversité raciale et ethnique mais aussi une diversité sur les milieux d’où viennent les familles. Certains d’entre eux viennent de familles riches mais d’autres non. Quand on a été à Minneapolis, certains de nos enfants n’avaient jamais vu la neige auparavant car ils avaient vécu toute leur vie à Los Angeles."

Les terrains de baseball et football américain de Sierra Canyon vus du ciel
Les terrains de baseball et football américain de Sierra Canyon vus du ciel © DR/Image Sierra Canyon

Dans leur splendide campus avec vue sur les montagnes, les écoliers peuvent profiter d’un département artistique de haut niveau et "faire de la photographie, du cinéma, de la poterie, de la musique, du théâtre, etc" (Rock Pillsbury). Entre les cours, le sport et les arts, Sierra Canyon apporte autant d’armes à ses élèves pour mieux plaire aux recruteurs universitaires. Le proviseur vise à faire de son école "le Stanford ou le Duke du niveau lycéen", référence à deux universités reconnues pour leurs programmes académique et sportif. La formule fait mouche auprès des parents, qu’ils soient joueurs NBA ou non. 

"Je reçois des demandes de médias tous les jours"

"En Californie, malheureusement, notre système scolaire publique n’est pas ce qu’il devrait être, pointe le directeur athlétique de l’école. Les gens avec de l’argent cherchent donc une solution pour mieux éduquer leurs enfants. C’est ce que nous offrons. Et quand vous combinez ça avec un excellent programme sportif, tout le monde veut venir ici. Les parents, et surtout ceux qui ont fait du sport de compétition, savent que leurs enfants ne seront peut-être pas assez bons pour gagner leur vie avec ça. Ils les protègent en se disant: 'S’il ne réussit pas dans le basket, il aura au moins reçu une éducation fantastique dans une excellente université'."

La salle de basket de Sierra Canyon
La salle de basket de Sierra Canyon © DR/Image Sierra Canyon

"Il faut essayer de faire la bonne balance, complète le proviseur. Que ce soit dans le sport ou ailleurs, nous voulons que nos élèves aient une expérience de classe mondiale. Pour moi, c’est un dilemme intéressant. Nos succès en basket ont porté sur nous une attention énorme, sans doute jamais vue à ce niveau dans l’histoire des lycées américains. Je reçois des demandes de médias tous les jours, de partout sur la planète, et nous disons non à neuf demandes sur dix sinon ce serait un job à plein temps. (Rire.) Cette lumière est géniale mais comme elle ne concerne que le basket, j’ai peur que les principales qualités de l’école, une excellente éducation, des excellents professeurs, une excellente liste d’universités qui accueillent nos élèves, ne soient un peu oubliées."

La référence à Duke, fac qui s’est fait connaître par le sport (surtout le basket) mais considérée comme une des meilleures du pays sur le plan des études, et au monde universitaire n’est pas anodine. Elle plaira à Bronny James, qui aurait déjà reçu des offres de… Duke (il a même déjà fait une visite non officielle sur le campus des Blue Devils avec son équipe du circuit estival AAU, avec laquelle il a gagné un titre national en 2018) et Kentucky, une des plus grosses universités sur le plan du basket mais moins réputée sur le plan académique. Pour mieux préparer élèves comme athlètes, Sierra Canyon fonctionne déjà comme au niveau supérieur. 

Une des "Nike Elite Schools"

Il faut voir les installations sportives pour le croire. Une enceinte de baseball, un terrain de foot américain, et même une salle e-sport avec des ordinateurs dernier cri. Sans parler de la salle de basket, moderne, classe, de top niveau du parquet aux vestiaires. A faire pâlir certains clubs pros européens. Les maillots et les ballons? Tous avec le logo de la marque à la virgule. "Nous faisons partie des 'Nike Elite Schools', explique Jim Skrumbis. Il y a très peu d’écoles dans le pays, cinq ou dix je crois, qui obtiennent le statut le plus élite chez Nike, à travers lequel la marque sponsorise cette école, et nous avons ce statut depuis plusieurs années."

Andre Chevalier, coach de l'équipe de basket de Sierra Canyon, pose avec les titres de champion d'Etat 2018 et 2019
Andre Chevalier, coach de l'équipe de basket de Sierra Canyon, pose avec les titres de champion d'Etat 2018 et 2019 © DR/Image Sierra Canyon

L’équipe de basket masculine, loin d’être la seule de l’école à briller sur les différents terrains de sport, fait voyager ses joueurs à travers le pays pour des matches et des tournois, le coach pouvant profiter du statut d’école indépendante pour décider contre qui et où jouer dans la saison régulière. Ils ont aussi visité la Chine l’été dernier pour une tournée et quelques matches. "Nous sommes une telle attraction que les sponsors de ces tournois sont prêts à couvrir nos dépenses", précise le proviseur. Les joueurs s’entraînent après les cours "presque tous les jours du lundi au vendredi, et parfois le samedi si on a un match lundi ou mardi", explique à RMC Sport le coach des Trailblazers, Andre Chevalier, arrivé à Sierra Canyon en 2012 et sur le banc de l’équipe première depuis 2017. Seule journée off quoi qu'il arrive: le dimanche, règle en vigueur pour les athlètes lycéens en Californie.

Six assistants dans le staff

L’entraîneur principal compte six assistants dans son staff, "à temps partiel" (ils s’occupent notamment d’autres équipes de l’école), parfois en volontariat, mais bel et bien omniprésents. Une nouvelle fois, certains clubs pros européens pourraient être jaloux. "Une personne s’occupe de l’attaque, une de la défense, une des actions sur remises en jeu, explique le coach. Et ils ont tous du scouting à faire pour superviser les autres équipes, connaître les détails sur chaque adversaire. Nos joueurs reçoivent des compilations vidéo et des rapports écrits." En début de saison, ils ont aussi fait une "journée médias" pour apprendre à gérer micros et caméras en conditions réelles face aux journalistes et reçu des cours sur l’utilisation des réseaux sociaux.

Amari Bailey, coéquipier de Bronny James à Sierra Canyon et l'un  des meilleurs espoirs américains de sa classe d'âge, monte au dunk
Amari Bailey, coéquipier de Bronny James à Sierra Canyon et l'un des meilleurs espoirs américains de sa classe d'âge, monte au dunk © DR/Image Sierra Canyon

Et quand ils voyagent pour leurs matches, les études ne sont pas mises de côté. "Ils doivent communiquer avec leurs professeurs et continuer leur travail, confirme Rock Pillsbury. En déplacement, ils ont des sessions où ils peuvent travailler sur les dissertations qu’ils ont à rendre et faire leurs devoirs. La plupart du temps, il y a aussi un prof qui les accompagne pour pouvoir les aider. Ils doivent suivre le programme comme tout le monde. Ils vont devoir faire comme ça à l’université. A plein de niveaux, nous sommes une école préparatoire." "Ils apprennent à faire l’équilibre entre les études, la famille, le sport et le reste, tout en réussissant à rester performants", se satisfait Andre Chevalier. 

Avec toujours la même idée derrière. "Nous essayons d’imiter autant que possible les programmes des universités de Division 1 NCAA, dans la façon dont on s’entraîne, le rythme d’entraînement, l’attention à tous les détails, les voyages pendant la saison, indique le coach des Trailblazers. Nous donnons à ces gamins le plus d’expérience possible avant qu’ils atteignent ce niveau puis peut-être la NBA." "Mike Krzyzewski, le coach de Duke, est venu dans notre école plusieurs fois pour recruter des joueurs et il m’a dit que nos entraînements étaient organisés comme des entraînements universitaires, appuie Jim Skrumbis. On les habitue à tout ça."

"C'est la vie d'une star du basket, autant s'y habituer tout de suite"

Jusque dans les moindre détails. "Il faut s’habituer à l’attention médiatique, aux fans qui vous suivent, aux personnes qui vous attendent dans le lobby de votre hôtel, énumère Rock Pillsbury. C’est la vie d’une star du basket, autant s’y habituer tout de suite. Devenir pro n’est pas garanti, pas donné. Mais une fois que vous êtes habitué à ça, vous pouvez vous concentrer sur votre basket et ne pas laisser l’environnement vous perturber." "Tout ce qu’on peut faire pour les préparer pour le niveau supérieur, on le fait, confirme le coach. On veut qu’ils soient prêts à jouer quand ils arriveront à la fac."

BJ Boston, futur joueur de l'université de Kentucky, prend un tir pour son lycée de Sierra Canyon
BJ Boston, futur joueur de l'université de Kentucky, prend un tir pour son lycée de Sierra Canyon © DR/Image Sierra Canyon

Beaucoup des joueurs de Sierra Canyon sont appelés à une carrière universitaire voire professionnelle. Ils en possèdent déjà les atours, apportés par leur école et ses expériences uniques comme jouer dans des salles NBA. "C’est super pour eux car certains joueront dans cette ligue un jour, pointe Coach Chevalier. Je ne leur en ai pas beaucoup parlé avant. Je voulais voir comment ils allaient réagir, ce qu’ils allaient être capables de faire dans cet environnement. Ils se sont tous très bien débrouillés avec ça et ont été capables de jouer leur jeu. Ils vont s’y habituer de plus en plus et ça n’affectera plus nos matches." Cette évolution et ce quasi-professionnalisme se retrouvent dans les mots d’Amari Bailey: "On est mieux préparés à ça désormais. Honnêtement, je prends chaque match de la même manière. Je fais ce que j’ai à faire, peu importe le nombre de spectateurs ou qui est au bord du terrain pour nous voir jouer." 

Une équipe All-Star version lycéenne

Sierra Canyon a les joueurs pour assumer. L’école californienne possède l’une des meilleures équipes lycéennes du pays, "la meilleure" selon Coach Chevalier même s’il admet sans hésitation que certaines comme Montverde Academy (Floride) sont de sacrées clientes. Une équipe All-Star version adolescente. Cette saison, après avoir récemment vu passer Marvin Baigley (Sacramento Kings) et Cassius Stantley (gros espoir qui jouait à Duke cette saison), l’équipe comptait dans ses rangs BJ Boston et Ziaire Williams, deux élèves de terminale et deux des meilleurs joueurs du pays dans leur classe d’âge. Le premier va aller jouer à Kentucky, le second à Stanford, et "les deux seront en NBA un jour" dixit leur entraîneur. On trouve aussi Amari Bailey, l’un des plus grands espoirs de sa classe âge, où Shy Odom plaît également aux recruteurs.

Shy Odom, l'un des coéquipiers de Bronny James à Sierra Canyon, monte au dunk
Shy Odom, l'un des coéquipiers de Bronny James à Sierra Canyon, monte au dunk © DR/Image Sierra Canyon

Il y a Harold Yu, qui va rejoindre la terminale, un joueur chinois de plus de 2,20 mètres à fort potentiel qui venait aux Etats-Unis avec ses parents pour se trouver un lycée à Houston – car la ville où a joué Yao Ming, meilleur joueur chinois de l’histoire – avant de poser ses valises à Sierra Canyon après avoir lu un article sur l’école, dont la présence a en partie poussé à la tournée en Chine. Sans oublier, bien sûr, Zaire Wade et Bronny James. Ils auraient tous pu être LA star dans un autre lycée. A Sierra Canyon, où certains sont venus trouver le bonheur sportif depuis d’autres Etats comme la Floride ou la Georgie, ils apprennent à partager la lumière comme ils devront le faire au niveau supérieur.

"Je ne veux pas jouer pour un coach qui me laisserait faire ce que je veux quand je le veux"

"Jouer avec des joueurs aussi bons que vous voire meilleurs est toujours positif, estime Amari Bailey. Dans un tel cadre, chaque entraînement est très compétitif. Je n’ai pas envie de faire des entraînements où on ne va pas me pousser à me dépasser tous les jours, je ne veux pas jouer pour un coach qui me laisserait faire ce que je veux quand je le veux. Je me prépare à faire ce que je ferai peut-être un jour au plus haut niveau. On entend souvent cette histoire avec les joueurs sélectionnés en NBA: tel joueur était un gros espoir, il a joué pour un lycée où il était la grosse star et où il pouvait faire ce qu’il voulait, mais quand il arrive à l’université ou chez les pros, il a du mal à poursuivre son développement car il est entouré de joueurs qui ont déjà prouvé des choses. Ce qu’on vit ici nous habitue à ça. On doit aussi jongler entre la famille, l’école et le basket. Certains de nous sont loin des leurs. On a beaucoup de choses à gérer. Depuis que j’ai posé le pied sur le campus, j’ai beaucoup grandi, plus vite que je ne l’aurais fait ailleurs. Cette école te prépare pour le niveau supérieur sur le plan du basket, des cours et de nombreux aspects de la vie." Un lycée vraiment pas comme les autres.

Alexandre HERBINET (@LexaB)