RMC Sport

Mort de Kobe Bryant: Nicolas Batum raconte son 1er match en NBA face à la star

Mort de Kobe Bryant: Nicolas Batum raconte son 1er match en NBA face à la star Nicolas Batum, le joueur français des Charlotte Hornets, était l’invité de l’émission spéciale Buzzer consacrée à Kobe Bryant ce lundi sur RMC Sport 2. Il s’est notamment souvenu de ses débuts en NBA avec la délicate mission de devoir défendre sur la star des Lakers.

Nicolas Batum, que représentait Kobe Bryant pour vous?

Kobe, c’était toute une génération. Il représentait le basket. C’était un champion, un vainqueur, quelqu’un qui a toujours fait les choses de la bonne façon pendant toute sa carrière et même après, toujours transmis le bon message. Cette nouvelle est traumatisante, horrible, pour toutes les personnes aussi qui étaient dans l’hélicoptère. Et surtout sa fille de 19 ans. C’est juste horrible. On n’arrive pas à croire qu’on ne verra plus jamais Kobe Bryant.

Comment avez-vous réagi à l’annonce de sa mort?

Une nouvelle comme ça, ça passe au-dessus de tout. Quand il y a eu la confirmation que sa fille était dans l’hélicoptère, on a tout éteint, on est parti jouer au basket dehors avec ma femme et ma fille, pour passer un bon moment de famille, ensemble. A la fin, c’est ça qui compte. Tu as beau faire quoi que ce soit, quand tu rentres chez toi, c’est ta famille qui compte le plus. Quand t’apprends quelque chose comme ça, t’essayes de te rappeler l’essentiel. On sait que plusieurs familles sont en train de vivre un moment horrible. Je ne peux même pas imaginer ce que doit vivre Vanessa Bryant avec ses trois filles. Et les autres familles, bien sûr.

Quel impact a eu le joueur des Lakers sur vous?

Il nous a fait rêver. Quand Kobe est arrivé en NBA, j’avais sept, huit ans. Je l’ai suivi toute ma vie. J’ai eu la chance de jouer contre lui. Ça a été le plus jeune All Star, dès sa deuxième année. Ça a été les trois titres avec Shaq, les 81 points. J’ai même joué aux JO contre Kobe. C’est quelqu’un qui a marqué l’après-Jordan. Tout le monde a eu peur qu’il y ait un gros vide. Il a fait en sorte que ça n’arrive pas. LeBron a enchaîné derrière. Kobe a réussi à nous faire, entre guillemets, oublier Jordan. Il a créé un héritage. Il a fait rêver tellement de personnes, dont moi.

Quel moment retenez-vous de sa carrière?

Il y en a tellement. Si je dois choisir un moment que j’ai pu vivre, c’est la toute première fois que j’ai joué un match NBA. Je suis rentré sur le terrain, c’était face à lui. C’était mon intronisation en NBA. Je devais défendre sur Kobe. J’avais 19 ans. Il me regarde, il demande la balle en isolation parce qu’il s’est dit ‘je vais marquer sur un petit jeune de 19 ans’. Ça montre la non-pitié qu’il avait (rires). Il n’avait aucune pitié, pour qui ce soit. C’est lui. Il y a tellement de moments de Kobe. Il y a le dernier match. Je jouais ce soir-là. Je suis rentré vite à la maison pour assister à ça, voir le dernier quart-temps devant ma télé. J’étais comme un gamin devant ma télé alors que je venais juste de jouer moi-même un match NBA. Il a fait rêver des gens, pendant toute sa carrière.

Comprenez-vous que les matchs de NBA aient été maintenus dimanche soir?

C’est sûr que ça aurait été compréhensible d’annuler les matchs. Mais si on reste dans le respect pour Kobe, pour sa mentalité, il aurait voulu qu’on joue ces matchs-là. Je pense que c’est une bonne chose qu’ils aient été maintenus, par respect pour Kobe. Combien de joueurs qui se font un tendon d’Achille sortent sur civière ou se font porter ? Lui, il va tirer ses deux lancers francs, tout seul, et il va sortir. Il ne voulait pas abandonner. Il voulait que le jeu continue. Je pense que c’est ce qu’il aurait voulu. Il y a eu plein d’hommages à chaque match. C’était une bonne chose.