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Cyclisme: Guimard écarté, Voeckler le remplace à la tête de l'équipe de France

Comme c'était pressenti, Michel Callot, le président de la Fédération française de cyclisme, a annoncé la nomination avec effet immédiat de Thomas Voeckler en remplacement de Cyrille Guimard à la tête des équipes de France cyclistes. Le Nantais quitte le giron FFC.

Cyrille Guimard n'est plus le sélectionneur des équipes de France de cyclisme. Comme c'était pressenti depuis quelques jours, l'ancien manager de Bernard Hinault a été démis de ses fonctions par Michel Callot, ce dimanche, au terme d'une conférence de presse programmée en marge des championnats de France cycliste à la Haye-Fouassière (Loire-Atlantique).

"D’un commun accord, j’ai décidé de mettre fin à la mission de Cyrille Guimard"

Lauréat de sept étapes sur le Tour de France quand il était coureur, Guimard n'était plus en odeur de sainteté à la FFC après qu'il a exprimé ses envies d'obtenir un rôle élargi. Il espérait, entre autres, obtenir un poste de directeur des équipes de France et dynamiser le giron fédéral tout au long de la saison. Un désir d'expansion à même d'intimider le président Callot, prompt à démettre de ses fonctions celui qui était missionné à durée indéterminée par sa Fédération. "Beaucoup de choses ont été dites, je clarifie donc, a entamé le dirigeant. Je remercie Cyrille Guimard pour tout ce qu'il a fait en tant que sélectionneur. Ça s’est traduit par deux magnifiques championnats du monde (Bergen et Innsbruck avec médaille argent de Bardet). C’est important de rendre cet hommage car Cyrille a fait le job attendu", poursuit-il.

Les récentes demandes du Nantais auront donc eu raison de son poste. "Mais il existait un souhait de son côté d’avoir un rôle élargi et une influence plus forte sur l’équipe de France au sens large. Malgré beaucoup de travail sur ce sujet, je n’ai pas réussi à réunir les conditions pour pouvoir arriver, explique Michel Callot. D’un commun accord, j’ai décidé de mettre fin à la mission de Cyrille Guimard en tant que sélectionneur. On a changé la fonction qui sera celle d’un manager de l’équipe de France de route. C’est Thomas Voeckler qui aura cette mission."

Glaner un premier titre mondial depuis 1997

Thomas Voeckler, retraité des pelotons depuis l'hiver 2017, a devancé la concurrence pour prendre les rênes dans une position nouvelle de manager. "J’ai un vrai plaisir et une vraie fierté de vous annoncer la nomination de Thomas Voeckler à ce poste. Pourquoi ce choix ? Car Thomas c’est l’image d’un grand champion", a justifié le président de la FFC. Double champion de France en 2004 et 2010, l'ancien porteur du Maillot jaune est donc lancé dans le grain bain.

Consultant pour différents médias, ambassadeur de luxe d'Amaury Sport Organisation (il cumulera les casquettes), l'Alsacien domicilié en Vendée dirigera les Bleus dès les championnats d'Europe à Alkmaar aux Pays-Bas (7-11 août). Il sera aussi aux commandes pour les Mondiaux anglais (22-29 septembre), avec l'espoir d'attirer le maillot arc-en-ciel dans l'escarcelle française, elle qui en est sevrée depuis 1997 et le sacre de Laurent Brochard au Pays-Basque. Il aura aussi pour objectif de bien faire figurer ses protégés lors du parcours montagneux des JO de Tokyo en 2020.

Voeckler veut "vibrer avec l’équipe de France"

"J’avais toujours eu ça en tête, mais pas derrière ma carrière de coureur tout de suite. J’ai pris du recul pendant deux ans. J’ai un attachement à l’équipe de France, j’ai été sélectionné, a rappelé Voeckler après l'annonce de son nouveau président. Et puis c’est deux ou trois fois dans l’année. On a la chance aujourd’hui d’avoir des coureurs français qui peuvent gagner sur tous les terrains en dehors du contre-la-montre. Je ne suis pas là pour me mettre en avant, assure-t-il. Je le dis sans forfanterie je n’ai pas besoin de notoriété". Il promet des réussites dans le futur. "Je veux vibrer avec l’équipe de France et que le public soit fier de son équipe de France, et de l’image qu’elle dégage. Je suis très fier d’avoir été nommé."

D'abord annoncé en tandem avec Thomas Voeckler, Cyrille Guimard aurait refusé de cohabiter avec 'Ti Gris' à la tête des sélections françaises. Proche de mettre la main sur un premier titre mondial à Innsbruck grâce à Romain Bardet (2e), le Nantais quitte donc les Bleus, deux ans seulement après sa prise de fonction. A 72 ans, l'ancien sprinteur va dans l'immédiat se concentrer sur ses activités de consultant. Et peut-être ruminer quelques instants ce (très) gros coup de Trafalgar.

PL avec Arnaud Souque à la Haye-Fouassière (44)