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Mondiaux de cyclisme: Alaphilippe peut-il conserver son titre ?

Champion du monde l’an passé à Imola, Julian Alaphilippe n’a pas du tout le même statut cette année en Belgique. Il conserve un petit espoir, mais aura du mal à conserver son titre ce dimanche.

En décrochant à Imola le maillot arc-en-ciel de champion du monde, il y a un an, Julian Alaphilippe avait mis fin à une disette de 24 ans pour les Bleus. S’il l’emportait à nouveau à Louvain, ce dimanche, il ferait encore mieux et deviendrait le seul français à avoir conservé son titre. Il rejoindrait, dans l’histoire du cyclisme, les Belges Van Looy et Van Steenbergen, les Italiens Bugno et Bettini, et le Slovaque Sagan.

Mais Alaphilippe a tenu à éviter un maximum les comparaisons avec son titre acquis l’an passé. "On remet les compteurs à zéro. C’est un nouveau championnat du monde, avec une nouvelle course à faire, sur un parcours différent et avec une équipe différente." Une illustration suffit: sur les huit coureurs présents en Italie, on ne retrouve qu’Alaphilippe et Madouas ce week-end en Belgique.

Un parcours presque trop facile

La course pour puncheurs d’Imola laisse aussi la place, cette fois, à une sorte de Tour des Flandres forcément destiné aux flandriens, ceux qui aiment les pavés. "Les cotes ne sont pas assez raides et difficiles pour Julian, a reconnu le sélectionneur de l’équipe de France, Thomas Voeckler. Mais une course de vélo, ce n’est pas juste le parcours: c’est le déroulement, le kilométrage, le collectif, l’opposition, le placement, les détails comme un trottoir ou une barrière qui dépasse un peu…"

L’expérience de Julian Alaphilippe sur les flandriennes, justement, invite à la prudence. Le Français aime ces courses et s’est montré par moments impressionnants sur le Tour des Flandres. Mais les cotes y sont plus difficiles et, surtout, il n’est jamais parvenu à jouer les premiers rôles jusqu’au bout. Projeté au sol après un contact avec une moto en 2020, un peu trop juste physiquement en 2021, l’Auvergnat est encore en phase de découverte sur les flandriennes.

Un favori, beaucoup d'outsiders

Reste que derrière le grandissime favori Wout Van Aert, qui devra assumer le poids de la course et les attentes du public, le Français apparaît dans un deuxième wagon, avec des individualités comme Mathieu Van der Poel, Tom Pidcock et Peter Sagan, ou des collectifs impressionnants comme ceux de l’Italie ou du Danemark. Avoir déjà gagné peut aussi le libérer. "Je suis toujours aussi motivé mais j’ai également moins de pression, moins de stress, assure-t-il. Je suis plus relax dans mon approche."

Au sein de l’équipe de France, Alaphilippe a aussi le pouvoir de rassembler. Il est un n°1 incontestable qui connaît très bien Cavagna et Sénéchal, par exemple, ses coéquipiers toute la saison. "Il a déjà été champion du monde, trois fois maillot jaune sur le Tour, il n’a plus rien à prouver mais il veut toujours bien faire, dit d’ailleurs Sénéchal. Il sait comment courir, il a l’expérience et on lui fait confiance."

Le leader des Bleus, lui, sait qu’il sera attendu. Coureur de l’équipe Deceuninck-Quick Step, il sera peut-être l’un des coureurs étrangers les plus soutenus entre Anvers et Louvain. "J’ai quelques supporters en Belgique, reconnait-il. Je sais qu’ils vont supporter Wout et toute l’équipe belge, mais ils ne seront pas forcément déçus qu’un français gagne, je pense. J’espère, en tout cas." Il n'y a qu'une façon de le vérifier : franchir la ligne en premier à Louvain.

Robin Wattraint Journaliste RMC Sport