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Mondiaux de cyclisme: l'ogre Van Aert, redouté et sous pression

Grandissime favori de la course en ligne des championnats du monde ce dimanche, en Belgique, Wout Van Aert accepte cette pression. Mais il a souvent échoué de peu lors des grands rendez-vous de sa carrière.

Est-il un flandrien, un puncheur ou un sprinteur ? Impossible à déterminer. En vérité, Wout Van Aert est tout ça à la fois et c’est ce qui en fait le grandissime favori de la course en ligne des championnats du monde, ce dimanche entre Anvers et Louvain. Sur un parcours qui mêle les pavés et les bosses mais qui n’exclut pas une arrivée au sprint, il n’y a pas un scénario qui place le Belge en dehors de l’équation.

Une pression inédite pour Van Aert

"Je sais que j’ai plusieurs options pour m’imposer", disait-il avec lucidité, il y a quelques semaines au micro de la chaîne flamande Sporza. Il n’a pas peur, en tout cas, d’afficher ses ambitions. "La liberté de dire que je veux gagner me permet d’être tranquille dans ma tête", explique Van Aert. Tant pis pour la pression insensée qu’il se met ainsi lui-même sur les épaules, lors de Mondiaux à domicile que toute la Belgique attend.

"Autant de pression, je ne pense pas l’avoir déjà vécu, reconnaissait Van Aert auprès de la RTBF, cette semaine. Il y a actuellement beaucoup de pression, mais aussi du bon stress." En plus de ses propres déclarations, il faut dire que "WVA" peut compter sur des adversaires partageurs, qui n’hésitent pas à le placer sur un piédestal pour alourdir un peu plus la pancarte qu’il se trimballe.

"Il est ultra favori quand on voit sa saison et ses derniers résultats, a par exemple pointé Julian Alaphilippe, champion du monde sortant. C’est en plus un parcours qui lui correspond à merveille, et en Belgique avec un surplus de motivation."

Les Italiens veulent l'éliminer

Petit rappel des résultats dont parle le Français : Wout Van Aert a remporté Gand-Wevelgem et l’Amstel Gold Race au printemps, trois étapes du Tour de France à l’été, dont celles du Mont Ventoux et des Champs-Elysées, et a gagné 13 fois au total en 2021, au milieu de médailles d’argent sur les Jeux olympiques ou le chrono des Mondiaux. Le Belge est sur une autre planète.

Le sélectionneur Thomas Voeckler a assuré qu’il n’avait pas de plan anti-Van Aert, mais d’autres sélections feront tout éliminer le favori n°1. "Au final, la tactique de tout le monde consistera à éviter d’amener Van Aert jusqu’au sprint, a lancé sans trembler Matteo Trentin, l’un des leaders de l’équipe italienne, en conférence de presse. Il est évident que c’est le favori n°1. Vous devez le battre pour remporter ce Mondial."

Même Mathieu van der Poel, rival historique de Van Aert depuis leurs affrontements en cyclo-cross chez les jeunes, a insisté sur le fait que c’était "aux Belges de contrôler la course". Et tous, d’Alaphilippe à Van der Poel en passant par les Italiens, ont en tête que Van Aert n’a que très peu été en mesure de s’imposer lors des grands rendez-vous de sa carrière sur route.

Le défi lancé par Alaphilippe

Les Mondiaux d’Imola (en ligne et contre-la-montre) et le Tour des Flandres en 2020, la course en ligne des JO et le chrono des Mondiaux en 2021, le Belge a pris la fâcheuse habitude de terminer deuxième, battu selon les jours par Ganna, Alaphilippe, Van der Poel ou Carapaz. "Je suis fatigué des secondes places, je veux vraiment la médaille d’or dimanche", a-t-il indiqué.

Julian Alaphilippe, lui, se verrait bien jouer un autre mauvais tour à Van Aert. "S’il le veut vraiment, qu’il aille le chercher comme je suis allé le chercher", a-t-il lancé dans L’Equipe à propos du maillot arc-en-ciel. Le Belge est prévenu, mais il a tenté de calmer le jeu. "Est-ce que c’est une course importante ? Absolument. Mais la course de ma vie ? C’est une phrase de journaliste." Il n’a pas tout à fait répondu, malgré tout.

Robin Wattraint Journaliste RMC Sport