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Mondiaux de cyclisme: Voeckler présente la stratégie des Bleus avec "plusieurs cartes"

Sans des têtes d'affiche comme Thibaut Pinot ou Romain Bardet, la France se présentera dimanche avec Julian Alaphilippe en leader pour le championnat du monde à Imola. Si le sélectionneur Thomas Voeckler assure que les Bleus ne figurent pas parmi les favoris, ils se présenteront avec des ambitions et avec d'autres cartes que le seul Alaphilippe.

Une semaine après l'arrivée du Tour de France, les coureurs se retrouvent dès ce dimanche pour la course en ligne des championnats du monde. Si la date du mondial a été gardée, le contexte sanitaire et les performances des Bleus lors de la dernière Grande Boucle ont chamboulé les plans du sélectionneur Thomas Voeckler.

En poste depuis l'année dernière, l'ancien porteur du maillot jaune du Tour de France s'attendait comme tous, à disputer ce mondial à Martigny en Suisse, sur un parcours taillé pour les grimpeurs. L'Italie et Imola ont finalement hérité de l'organisation de la course début septembre, après le désistement suisse. "Le circuit est beaucoup plus dur qu’il n’y paraît ! Il ne faut pas regarder le graphique, analyse Thomas Voeckler. Deux côtes de deux kilomètres sept sur ce qu’on voit sur le graphique. Mais quand on roule dessus, il n’y a pas que ça. Ça va vraiment être une course difficile dimanche. Le dénivelé total positif est égal à la plus grosse étape du Tour de France de cette année ! Donc là, je pense que pour le public, ça leur parle".

"Ce serait faire preuve de suffisance de dire qu'on figure parmi les favoris"

Si Thomas Voeckler a annoncé sa sélection dimanche dernier, l'homme à la tête de l'équipe de France a dû composer sans Thibaut Pinot, encore insuffisamment remis de son dos, et Romain Bardet qui a abandonné le Tour de France en raison d'une commotion cérébrale. Julian Alaphilippe paraît donc le leader désigné. " Dans ma tête, contrairement à l’an dernier du fait du parcours dans le Yorkshire, notre seule carte était Julian… On n’a pas une seule carte cette année, rétorque Thomas Voeckler. Je ne vais pas vous mentir, on a des gars pour faire le travail mais on aura des gars qui pourront, selon les circonstances de courses, selon le déroulement et l’opposition, jouer leur carte mais ce sera défini en amont avec des conditions très précises pour qu’ils puissent le faire."

Un rôle qui pourrait convenir par exemple à Guillaume Martin, 11e du dernier Tour de France et premier coureur tricolore à Paris. Vainqueur d'étape à Loudenvielle, Nans Peters semble aussi un candidat pour prétendre à quelques responsabilités dans le final. Mais Thomas Voeckler ne veut pas mettre trop de pression à son équipe. "Ce serait faire preuve de suffisance de dire que la France figure parmi les favoris, tranche encore Voeckler. Le Tour n'a pas été mauvais, loin de là mais il y a eu plus fort qu'eux. L'équation est assez vite réglée". Mais l'espoir demeurera tout de même pour les Bleus, avec l'ancien numéro 1 mondial Julian Alaphilippe. "Si on reprend depuis 20 ans, cela arrive peu souvent que les favoris s'imposent", avance Voeckler, qui préfère arriver dans la peau symbolique "d''outsider". La France attend toujours un successeur à Laurent Brochard, sacré en 1997. 

GL avec Arnaud Souque