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Tour de France: comment Roglic a vécu son contre-la-montre cauchemardesque

Abattu après avoir perdu le maillot jaune à l'issue de l'avant-dernière étape du Tour de France, le Slovène Primoz Roglic a raconté son terrible calvaire lors du contre-la-montre remporté par son compatriote et nouveau roi de la Grande Boucle, Tadej Pogacar.

"Je vais pleurer, je l'ai déjà fait peut-être." Groggy, livide puis anéanti, Primoz Roglic n’en revient pas. Lui qui devait triompher dimanche sur les Champs-Elysées a tout perdu samedi après un contre-la-montre d’anthologie à la Planche des Belles-Filles. Le Tour de France n’échappera pas à son jeune compatriote slovène Tadej Pogacar qui a rattrapé ses 57 secondes de retard avant d’en gratter 59 sur la ligne d’arrivée. Mais comment expliquer une telle défaillance? Dès le départ, il était évident que Roglic était dans un mauvais jour ce que le leader de la Jumbo-Visma ne réalisera qu’une fois passé la ligne d'arrivée. Après un chemin de croix long de 36 kilomètres.

"Les écarts? Je préférais entendre la vérité"

Alors que Pogacar "vole" sur les routes des Haute-Saône, le maillot jaune est tout de suite dans le dur: "Mon directeur sportif n’a pas cherché à me mentir et me communiquait les vrais écarts, raconte-t-il à la DH. Ce n’est évidemment pas plaisant à entendre mais je préférais entendre la vérité. J’ai donné tout ce que j’avais, mais cela n’a pas suffi. Il n’y a pas grand-chose à dire d’autre…"

"J'étais en train de me battre contre moi-même"

Si ce n’est que ce chrono ressemblait à un cauchemar éveillé: "J'étais en train de me battre contre moi-même, reconnaît-il. Je me suis battu sur chaque mètre du parcours, j'ai essayé de me donner à fond. Je n'ai pas vraiment su que je n'étais pas dans une bonne journée. C'est toujours mieux d'entendre les écarts et de savoir qu'on est devant, moi je perdais du temps, c'est dur. J'espérais qu'il (Pogacar) connaîtrait des moments difficiles."

"Le casque? Oui, ça m’a un peu gêné"

Ce ne sera pas le cas. Bien au contraire. "C’est lors de l’ascension de La Planche des Belles Filles que j’ai compris que cela n’allait pas très bien se terminer." Dans le dernier kilomètre, Roglic roule, livide, avec le casque presque de travers: "Oui, ça m’a un peu gêné. Il s’agissait d’un nouveau modèle que je portais pour la toute première fois. Mais le vrai problème ce samedi, c’était mes jambes et pas ce casque, je vous assure…" A 30 ans, Roglic a sans doute vécu la pire déception de sa carrière. Cela ne l’empêchera pas d’accepter avec, une immense classe, la victoire de son compatriote, Tadej Pogacar.

ABr