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Tour de France: gros coup de gueule de Madiot et polémique après les chutes

La troisième étape du Tour de France, émaillée de très (trop) nombreuses chutes, a marqué les acteurs de la course, notamment Marc Madiot, qui a poussé un violent coup de gueule sur la ligne d’arrivée.

Une véritable hécatombe. Le Belge Tim Merlier (Alpecin-Fenix) est sorti indemne et vainqueur d’une 3e étape très accidentée, entre Lorient et Pontivy, ce lundi. Dès le début de la journée, les coureurs avaient senti qu’elle ne serait pas aussi paisible qu’annoncée. La deuxième partie de l’étape, un véritable jeu de massacre, a encore été fatale à pas mal de favoris, à commencer par le Britannique Geraint Thomas (Ineos Grenadiers). Le vainqueur du Tour 2018 pourrait souffrir d’une luxation de l’épaule, une blessure qui pourrait compromettre ses chances de victoire.

Thomas n’est pas la seule victime, les favoris du Tour ont tous connu des problèmes. Le vainqueur sortant, le Slovène Tadej Pogacar (UAE), a été retardé dans la descente étroite menant à Pontivy, où une chute a jeté à terre plusieurs coureurs parmi lesquels le Français Arnaud Démare. Quelques minutes plus tôt, son dauphin de l'édition 2020, le Slovène Primoz Roglic, s'était retrouvé au sol avec plusieurs de ses équipiers de Jumbo. Il était reparti avec un retard supérieur à une minute sur le peloton, à 10 kilomètres de l'arrivée.

Madiot: "Ce n'est pas digne de notre sport"

L'Australien Jack Haig, leader de l'équipe Bahrain, s'est retrouvé lui aussi au sol, contraint d’abandonner. Signe de l’extrême nervosité qui régnait dans ce peloton, usé physiquement et mentalement par une journée éprouvante, Caleb Ewan et Peter Sagan ont eux aussi connu pareille mésaventure, l’Australien perdant le contrôle de son vélo dans la dernière courbe, entraînant avec lui le Slovaque. L’accumulation des chutes a provoqué la colère, énorme, de Marc Madiot, manager de la groupama FDJ et habitué des Grandes Gueules du Sport sur RMC le week-end.

"Au-delà de mes coureurs, je suis père de famille, a-t-il déclaré avec son franc-parler habituel, et surtout beaucoup d’émotion, au micro de France Télévisions. Il y a beaucoup de familles qui regardent le Tour de France. Et moi ce soir, je n'ai pas envie que mon gamin soit coureur cycliste professionnel. Il faut qu'on trouve des solutions. On ne peut plus continuer comme ça, ce n'est plus du vélo. Il faut qu'on change. Peut-être qu'il faut faire plein de choses parce que si on ne le fait pas, on va avoir des morts. Ce n'est pas digne de notre sport. Ce n'est pas que la faute des organisateurs, c'est la faute de tout le monde, des organisateurs, des équipes, des coureurs et surtout des instances internationales."

Alaphilippe: "Je n'ai jamais vu ça"

Le Suisse de la formation AG2R La Mondiale Michael Schär a livré un autre regard sur les incidents qui ont émaillé cette 3e étape de la Grande Boucle. "Je connais cette étape par cœur, j'ai passé de nombreuses années dans le peloton. C'est un peu l'horreur, avec ces chutes, on n'est pas contents. L'arrivée n'était pas le problème. La descente était étroite. Les dix derniers kilomètres ne figuraient pas dans les standards du Tour de France, on a des plus grandes routes. Ce n'est pas la faute du Tour, mais les villes changent. Des ronds-points, des pylônes... ça change tous les ans."

S’il a reconnu que le simple fait d’arriver en un seul morceau relevait de la prouesse dans ces circonstances, le leader de la formation Deceuninck Quick-Step Julian Alaphilippe a surtout fait état de la grande nervosité qui règne dans le peloton depuis le début du Tour: "Je crois que je n’ai jamais vu ça, a-t-il confié à notre micro. C’est un sport dangereux, on le sait à chaque fois qu’on roule. Le jeune Slovène Tadej Pogacar (UAE Team Emirates), vainqueur du Tour de France 2020 et l’un des favoris annoncés à sa propre succession, s’est exprimé sur l’arrivée tortueuse d’une troisième étape accidentée: "La route était vraiment étroite. On le savait. Le temps était mauvais. Ça a rendu tout le monde nerveux. Ils voulaient tous gagner... C'est fou, c'était très technique."

QM