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Tour de France: Heulot, ancien maillot jaune, a eu envie de "vomir" devant les performances de Pogacar

Stéphane Heulot, porteur du maillot jaune en 1996, a confié avoir été très dérangé par les performances de Tadej Pogacar, dont l'équipe UAE est managée par Mauro Gianetti, au passé très sulfureux.

Le Tour de France 2020 a résisté au Covid pour rallier l'arrivée à Paris, dimanche. Mais la suspicion est, elle, toujours présente après les performances extraordinaires de Tadej Pogacar, sacré, et de ses principaux concurrents, la Team Jumbo-Visma. Porteur du maillot jaune en 1996, le Français Stéphane Heulot a confié s'être senti mal à l'aise devant le sacre de Tadej Pogacar, pensionnaire de l'équipe UAE, managée par le sulfureux Mauro Gianetti, que Heulot connaît bien pour avoir été son équipier à la Française des Jeux en 1998. 

A cette époque, le Suisse était resté trois jours dans le coma après avoir consommé du PFC (substance utilisée à titre expérimental dans les hôpitaux, proche de l’EPO). Il était ensuite devenu manager de la formation Saunier-Duval, exclue du Tour en 2008 après le contrôle positif de Riccardo Ricco. 

"C’est comme si demain, Al Capone était ministre de la Justice…"

"Honnêtement, je ne regarde plus le Tour depuis dimanche et la montée du Grand-Colombier (victoire de Tadej Pogacar), confie-t-il dans Ouest-France. Je n’y arrive plus, en fait… Il y a des choses assez faciles à évaluer, quand même, en termes de performance. J’ai du mal à comprendre comment un coureur de 75 kg peut monter à une vitesse folle un col et maintenir sa montée ensuite. En terme de vitesse ascensionnelle, on a vu des trucs qui n’étaient pas possibles, non plus, pour certains…"

A l'instar de Romain Feillu, il confie avoir "de sérieuses interrogations". "Je pense qu’on a encore passé un cran, embraie-t-il. Car on est peut-être sur du dopage chimique, mais aussi électrique…" "Vous voyez l’émoticone avec l’envie de vomir, et bien je ressens ça, ça me dégoûte…", poursuit-il en ciblant, selon lui, le vrai mal qui ronge encore ce sport.

"Que des personnes comme ça (Gianetti), ou comme d’autres, soient encore dans le cyclisme aujourd’hui, c’est impensable, s'étouffe-t-il. C’est une vraie faute. À mon sens, on ne pourra jamais changer le système si l’on ne change pas les hommes! Le dopage sera là tant que des gens seront indéboulonnables. C’est comme si demain, Al Capone était ministre de la Justice… Comment se sortir de tout ça quand 80 % du staff de Jumbo-Visma vient de Rabobank et de l’époque Michael Rasmussen? Non, ce n’est pas possible… Heureusement, des mecs ont changé, plein de mecs ont changé, mais il y a encore des tricheurs malheureusement, et il faut en avoir conscience."

NC