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Tour de France: pourquoi les coureurs vont affronter deux fois le mont Ventoux

L’une des étapes reines de ce Tour de France se déroulera entre Sorgues et Malaucène, ce mercredi, avec comme attraction la double ascension inédite du mont Ventoux.

"Je ne sais pas pourquoi on va le faire deux fois". Le champion du monde en personne Julian Alaphilippe a fait preuve d’incompréhension, avec une certaine ironie, au moment d’évoquer la double ascension du mont Ventoux ce mercredi sur la 11e étape du Tour de France. "Je pense que ce sera beaucoup trop dur pour moi, a avoué le Français. Je vais déjà en profiter, j’espère que ça ne sera pas si horrible que ça."

Effectivement, cette double dose inédite pourrait être digérée plus facilement que prévu puisque les coureurs grimperont d’abord le "Mont Chauve" sur le versant de Sault, plus roulant (1ère catégorie, 22 km à 5,1%) que la montée classique et emprunté une seule fois dans l’histoire du Tour, en 1974. "La moins rude des trois voies qui mènent au Ventoux", selon le directeur sportif de la course Christian Prudhomme au micro de RMC.

Autre particularité, l'arrivée au bas de la descente

Une trentaine de kilomètres plus tard, le peloton devra se confronter à la seconde ascension du Ventoux, cette fois côté sud, par le traditionnel versant de Bédoin (hors catégorie), plus court (15,7 km) mais plus pentu (8,8% de moyenne). Nouveauté supplémentaire, l’arrivée de cette étape ne sera pas jugée au sommet mais vingt kilomètres plus tard, au bas de la descente.

Comment expliquer un tel choix? Le directeur de la course estime que cette "volonté de monter deux fois et d’arriver en bas à Malaucène" se traduit par une envie de "montrer toutes les faces, tous les versants du Ventoux qui est un mythe pour tant d’amoureux du Tour de France qui viennent rouler là-bas", rappelant au passage que le sommet du "Mont Chauve" sera prochainement réservé aux piétons et aux cyclistes.

Le parcours de la 11e étape du Tour de France
Le parcours de la 11e étape du Tour de France © letour

Un enjeu de sécurité, aussi

Tracer la ligne d’arrivée à Malaucène présente aussi un avantage pour l’organisation, puisque cela assure la sécurité des coureurs et du public en limitant l'affluence sur les pentes de la montée. Tout cela en pensant évidemment à la dernière visite du Tour au Ventoux en 2016 et ce malheureux épisode lorsque le maillot jaune Chris Froome s'était retrouvé à pied.

"Le Ventoux est mythique, mais les dernières fois, ça avait été mouvementé, on s'en souvient tous, expliquait Prudhomme à L'Equipe. Donc il y a aussi la volonté d'aérer, de disséminer, de répartir, on peut mettre du monde un peu partout." Avec ces deux ascensions en plus du col de la Liguière (9,3 km à 6,7%) et une longue descente avant l'arrivée, l'intérêt d'une course jusqu'ici écrasée par Tadej Pogacar pourrait aussi être quelque peu relancé. Cette 11e étape inédite à plus d'un titre pourrait bien valoir le détour.

Jules Aublanc Journaliste RMC Sport