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Gand-Wevelgem : pourquoi Démare peut faire encore mieux

Vainqueur de Milan-San Remo samedi dernier, Arnaud Démare s’avance comme l’un des favoris à la victoire ce dimanche sur Gand-Wevelgem. Libéré psychologiquement par sa victoire en Italie, le sprinteur français de la FDJ espère exprimer son talent au mieux sur des classiques flandriennes qui conviennent parfaitement à son profil et à ses envies.

Il y aura un avant et un après. Forcément. Vainqueur de Milan-San Remo samedi dernier, Arnaud Démare a basculé dans une nouvelle dimension. Celle des coureurs qui ont triomphé dans une grande classique. Pic d’une carrière ou coup de booster vers d’autres succès de prestige ? Âgé de seulement 24 ans, le sprinteur de la FDJ peut espérer basculer vers la seconde option. Surtout que le garçon a les qualités pour briller sur d’autres routes que la via Roma. A commencer par les classiques « flandriennes ». Une semaine après le plus beau succès de sa carrière, le Français vient de débarquer sur ce terrain de jeu qui... lui convient mieux qu’un Milan-San Remo !

« C’est taillé pour lui, confirme Frédéric Guesdon, directeur sportif de la FDJ et dernier coureur tricolore vainqueur de Paris-Roubaix (1997). J’ai souvent dit que le vainqueur de Milan-San Remo est capable de gagner un Paris-Roubaix ou un Tour des Flandres. Là, en plus, il a la bonne condition. Et ce sont des courses qui lui plaisent, les classiques qui lui conviennent le mieux. Il savait que Milan lui convenait aussi, mais il ne s’attendait pas à la gagner si tôt. Ça peut être un bon déclic pour la suite. Les Flandres et Roubaix, ça le motive plus. Il devrait être encore plus fort sur ces courses. »

« Une barrière psychologique qui s’enlève »

Douce perspective. Qui ne fait pas peur à Arnaud Démare. « Est-ce que cette victoire m’a changé ? Oui et non, répond le champion de France 2014, année où il avait également remporté le championnat des Flandres. J’ai toujours eu de grandes ambitions pour gagner les grandes courses. Je pense avoir réussi ce que je rêvais de faire, mais il y en a plein d’autres qui m’attendent. Ça décomplexe et ça me donne envie de travailler pour l’avenir. Il y a une barrière psychologique qui s’enlève. On se dit que c’est possible. »

Toujours en pleine descente de son nuage italien – « je ne réalise pas encore tout à fait » –, Démare n’a pas entamé sa campagne flandrienne de la meilleure des façons avec une 102e place ce vendredi au GP E3, une course durant laquelle le Picard n’a jamais pu se mêler aux meilleurs. Il devrait être plus à la bagarre ce dimanche dans la 78e édition de Gand-Wevelgem, épreuve dont il avait pris la deuxième place en 2014.

« C’est une course où ça arrive en petit comité au sprint, explique Démare. Ce n’est pas comme un Tour des Flandres, où c’est vraiment à l’attaque. Il faut juste faire attention au vent. Surtout qu’ils annoncent une météo chaotique. J’ai déjà fait deuxième, c’était super. Maintenant, il faut chercher la première place. » L’ambition vient en gagnant. Depuis San Remo, Arnaud Démare en a juste un peu plus conscience.

A.H. avec G.Q. à Gand