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TEST PES 2018: et si cette fois, c'était (vraiment) la bonne?

Bien décidé à revenir sur le devant de la scène, PES déploie de nombreux efforts depuis trois ans pour jouer le match, de nouveau et les yeux dans les yeux, avec son rival FIFA. Est-ce que cette version 2018 a-t-elle réellement les arguments pour le faire? Est-ce que cette fois, PES peut vraiment bousculer la hiérarchie, au point de retrouver son trône? En attendant le test de FIFA 18, voici notre (premier) verdict.

OUI, car il est toujours aussi beau

C'est un gage de qualité, de sûreté même dans le match qui l'oppose tous les ans à FIFA mais il faut bien rendre à César ce qui est à César: PES 2018 est beau, très beau, pas vraiment sur le terrain où il accuse quelques classes d'écart avec son concurrent (notamment au niveau du rendu de la pelouse), mais dans la modélisation des joueurs - et de certains stades aussi, notamment ceux sous licence exclusive, le Camp Nou, Anfield et le Signal Iduna Park-, beaucoup plus poussée et détaillée. C'était déjà le cas par le passé, c'est encore le cas cette année où la sueur, les taches d'herbe sur les maillots sont tout simplement saisissants. Nuance mais elle est importante: cette modélisation de qualité ne concerne pas l'ensemble des joueurs mais en très grande partie les stars incontournables de la planète foot. Bref, si vous comptez occuper vos soirées avec le SCO Angers, pas sûr que vous reconnaissiez de facto Thomas Mangani.

Un Mbappé plus vrai que nature dans PES 2018
Un Mbappé plus vrai que nature dans PES 2018 © -

OUI, car manette en main, c'est presque parfait

Là aussi, pendant longtemps, PES a bâti sa renommée sur ce point. Question jouabilité, sensations sur le terrain, approche tactique, on ne faisait pas mieux que le jeu de Konami... avant que ce dernier ne s'égare en chemin et ne se prenne les pieds dans le tapis au moment d'aborder son passage sur PS3 et Xbox 360, notamment. Les efforts portés depuis trois ans dans ce sens semblent avoir porté leurs fruits: ce PES 2018 est de loin le plus mûr et le plus sensitif en matière de prise en main. Le jeu aérien décrié l'an passé a laissé place à un jeu au sol plus conforme aux standards de la série et au plaisir des joueurs. Pour marquer, il faudra (beaucoup) construire, plus que sur la version précédente, bien écarter les blocs adverses (même si jouer dans les petits espaces dans l'axe sera, enfin, de nouveau possible) et moins privilégier l'exploit individuel, pas impossible mais plus compliqué à effectuer. Seul bémol: une aisance beaucoup trop prononcée pour les centres, qui font trop souvent mouche. Pas imparable avec du temps et des matches dans les doigts mais suffisamment irritant pour espérer qu'une mise à jour finisse par corriger cela.

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OUI, car les gardiens sont vraiment de retour

Ah, les gardiens! Toujours une source d'inquiétude pour les joueurs au moment de lancer une partie de football virtuel. Plus lorsqu'il s'agit de PES? Ces derniers n'avaient pas été particulièrement gâtés lors des précédentes versions. Sur ce PES 2018, on les a enfin "respectés". Enfin, dans la limite du raisonnable. Si on n'est pas toujours à l'abri d'une bourde - pas drôle sinon - on est surtout bien content de les voir faire preuve d'autorité sur les frappes de loin et sortir une ou deux parades réflexes de près aussi. Si on peut déplorer que la frappe enroulée soit toujours aussi meurtrière, on déplore surtout certaines sorties "en tout droit" des gardiens, pas toujours sans conséquence. Mais il y a du mieux.

Avec le mode Sélection Aléatoire, la MSN peut vite devenir la MSG... ou GSM
Avec le mode Sélection Aléatoire, la MSN peut vite devenir la MSG... ou GSM © -

OUI, car son expérience multijoueur est un régal

C'était un des reproches faits à PES: on l'aime notre Ligue des Masters, notre UEFA Champions League - PES est le jeu des compétitions officielles de l'UEFA - ou notre My Club, le pendant du mode FIFA Ultimate Team. Mais on avait aussi envie de voir autre chose. D'en voir et d'en revoir aussi, comme l'ajout du mode Sélection Aléatoire, qui vous propose de mixer les effectifs de quatre équipes de votre choix et jauger le groupe ainsi obtenu à celui de votre concurrent. Une façon ludique de casser la monotonie de certains matchs et de certains choix d'équipes aussi, avec un système astucieux d'échange, propice à un certain suspense. Bref, on a adoré ce mode, tout comme l'apparition du 3 contre 3, autrefois incontournable lors des compétitions esportives entre clubs et structures, et qui promet de bons débats endiablé avec son système de notations. Si on ne boudera tout de même pas notre plaisir, on regrette que ce 3 contre 3 ne soit jouable qu'en ligne. Konami, qui a encore mis l'accent sur l'eSport et son circuit officiel, la PES League, a un an pour exaucer notre souhait.

NON, car il manque de (fâcheuses) licences

Ediiiiinnssooooonnnn CA-VA-NI !!!
Ediiiiinnssooooonnnn CA-VA-NI !!! © -

C'est une bataille déjà perdue par le passé par PES et qui semble lui coûter plus cher chaque année désormais. Privé de la licence FIFA, le jeu de football de Konami a longtemps compensé avec sa jouabilité, avant que celle-ci, on le rappelle encore, ne lui fasse défaut. Si PES a réussi quelques jolis coups, comme son partenariat exclusif avec le FC Barcelone, Liverpool ou encore le Borussia Dortmund - pour les clubs européens, s'il jouit de licences sud-américaines et surtout, de la Ligue des champions, à l'arrivée, il a du mal à tenir la comparaison avec un concurrent qui a tout... si ce n'est quelques stades (Camp Nou, Stade de France) manquants. Pas aussi pénalisant que l'absence de la Bundesliga ou de la quasi-totalité de la Premier League évidemment, même si un patch existe déjà pour bénéficier des vrais maillots et des vrais noms d'équipes/compétitions.

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Hé oui, la meilleure équipe du jeu certainement manque cruellement de licence
Hé oui, la meilleure équipe du jeu certainement manque cruellement de licence © -

NON, car on a vu mieux question ambiance

Là aussi, on peut parler d'amélioration pour PES. De nouvelles cinématiques d'entrée, de célébrations toujours plus marquantes avec le public. Mais une fois le match lancé, l'ensemble manque de jus. Ça ne nous pète pas au visage et c'est bien là un des reproches que l'on peut faire à cette mouture 2018. On aurait aimé plus de chants, plus de bruits, plus d'émotions en tribunes et autrement plus variés et soutenus que les montées de son systématiques qui accompagnent chaque situation dangereuse autour de la surface de réparation. Bref quelque chose de plus vivant et de moins triste, qui aurait eu le mérite de masquer un peu les commentaires, pas toujours en phase avec l'action, parfois risibles et qui mériteraient de voir leur duo au micro - Grégoire Margotton et Darren Tullett - peut-être renouvelé.

NON, car niveau habillage, ce n'est pas vraiment le "swagg"

L'esthétisme des menus de navigation n'a jamais été l'un des points forts de PES. Mais à une époque où le jeu de Konami veut combler son retard, il faudrait peut-être songé à s'y pencher sérieusement. Si la présentation des menus a progressé, avec de vraies photos de matches et d'équipe, une fois dedans, c'est le désenchentement. Entre les trop nombreux temps de chargement (on veut jouer nous!), les astuces divulguées sur le jeu et des choix de couleurs pas franchement avenantes, on est vite pressé de débuter un match. Et de ne pas trop s'attarder en route.

Si la modélisation des stades a vraiment progressé, on reste clairement sur notre fond niveau sonore
Si la modélisation des stades a vraiment progressé, on reste clairement sur notre fond niveau sonore © -

NON, car ce n'est pas encore tout à fait comme à la télé

On s'explique et on le dit tout de go: il y a une nette amélioration sur cette version dans la gestion des collisions entre les joueurs et dans leur gestuelle. Mais on est encore loin (pas si loin mais loin quand même) de la fluidité dans leurs mouvements, à savoir, une transition parfaite entre leurs courses et le déclenchement d'un geste, quel qu'il soit (dribble, frappe ou autres). Cette décomposition n'est pas gênante en partie mais interpelle tout de même sur certains gestes, aussi bien dans le bon sens (extérieur du pied, déviation), que dans le mauvais (prise d'élan pour frapper, changement de position). Dommage car les duels à l'épaule, eux, s'en sortent admirablement bien, avec un rendu en tout point saisissant.

EN RÉSUMÉ...

A l'heure du bilan, celui-ci est bon. Même très, très bon pour PES 2018. Cette version semble être le premier bon fruit du labeur entamé il y a quelques années par les équipes de développement de Konami. Le premier oui car ce PES sera à juger sur la durée - on n'est jamais à l'abri, connaissant la licence, de l'émergence de bugs malvenus - et ne devra pas, à l'avenir, faire moins bien. Malgré les progrès dans les collisions des joueurs et leurs mouvements, les contres favorables sont encore trop fréquents, la qualité des meilleurs joueurs toujours très-trop marquée - là aussi, c'est une tradition maison - et l'ambiance un peu aux abonnés absents. Finalement, c'est vraiment sur la partie hors des terrains que PES doit désormais concentrer ses efforts. Sur le reste, il a vraiment de quoi regarder FIFA dans les yeux. Depuis bien longtemps, le trône n'a jamais autant vacillé...

Alix Dulac (avec Maxime Deloffre)