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Argentine-Brésil: Di Maria offre la Copa America à Messi, Neymar en larmes

Angel Di Maria a marqué l'unique but de la finale de Copa America disputée entre l'Argentine et le Brésil (1-0) dans la nuit de samedi à dimanche à Rio de Janeiro. Malgré un match moyen, Lionel Messi remporte son premier trophée majeur en sélection face à un Neymar décevant et en larmes à la fin de la rencontre.

En fervent supporter de l'Albiceleste, Diego Maradona a peut-être joué le rôle d'ange gardien de la sélection argentine ce week-end lors de la Copa America. Il fallait bien un Angel Di Maria en grande forme pour aider Lionel Messi à soulever son premier majeur avec l'Argentine.

"La Pulga" et ses partenaires ont ainsi mis fin à 28 ans de disette pour leur pays après une finale hachée contre le Brésil sur la pelouse du mythique Maracana de Rio dans la nuit de samedi à dimanche. A l'arrivée, Angel Di Maria a marqué l'unique but de cette finale (1-0) et offert au sextuple Ballon d'Or un trophée qui lui manquait tant.

Messi meilleur joueur de la Copa America

Médaillé d'or aux Jeux olympiques de Pékin en 2008, avec notamment Sergio Aguero à ses côtés, Lionel Messi a depuis couru après un premier sacre avec les A. Après quatre finales de tournois majeurs perdues avec l'Albiceleste (Mondial-2014, Copa America 2007, 2015 et 2016), l'attaquant de 34 ans a enfin soulevé un trophée avec le maillot de son pays.

Porté en triomphe par ses coéquipiers après le coup de sifflet final, Lionel Messi n'a pas signé une grande finale mais qu'importe, la star du Barça termine meilleur buteur et passeur du tournoi (4 buts et 5 passes décisives). En plus du trophée avec l'Argentine, Messi a logiquement été élu meilleur joueur de la compétition.

Mais le héros de la finale se nomme Angel Di Maria: le joueur du Paris SG a marqué le but de la victoire argentine d'un splendide lob après une ouverture lumineuse de Rodrigo De Paul, lui-aussi excellent au Maracana. "On a tellement rêvé de ça, on s'est tellement battu", a déclaré l'atatquant du PSG après la finale.

Son coéquipier à Paris, Neymar, n'a pas su peser sur le match et a fondu en larmes après le coup de sifflet final, avant d'être réconforté par une accolade de son ami Messi, son ancien coéquipier à Barcelone.

Une libération pour l'Argentine

A Buenos Aires et dans toute l'Argentine, la victoire de l'équipe nationale a été saluée par des pleurs et des cris de joie, après 28 ans de défaites pour l'Argentine.

"Enfin, enfin !", a lancé le commentateur argentin de ce match, Juan Pablo Varsky, à l'unisson de millions d'Argentins, libérés par le coup de sifflet final de l'arbitre uruguayen Esteban Ostojich, et dont plusieurs milliers sont aussitôt sortis dans les rues pour fêter cette victoire.

"C'est un titre énorme, tout particulièrement pour le peuple [...] Je crois qu'ils (les supporteurs) se sentent proches de cette équipe qui n'a jamais baissé les bras", a déclaré le sélectionneur argentin Lionel Scaloni.

Une malédiction pour le Brésil

Pour le Brésil, on est loin du traumatisme du Maracanazo de 1950 face à l'Uruguay ou de l'humiliation du 7-1 infligé par l'Allemagne en demi-finale du Mondial 2014, mais cela reste une cruelle désillusion pour les tenants du titre, qui avaient triomphé lors des cinq autres éditions de la Copa jouées à domicile.

Les hommes de Tite étaient invaincus en matches officiels depuis le quart de finale de la Coupe du Monde 2018 contre la Belgique (1-2). Ils avaient battu leurs grands rivaux argentins lors de leurs deux dernières confrontations en finale de Copa América (2004, 2007) et lors de la demi-finale de la dernière édition, en 2019.

L'Argentine, qui ne remportait pas le moindre trophée depuis la Copa America de 1993, en Equateur, a rejoint l'Uruguay en tête du palmarès de la compétition, avec 15 trophées, maintenant les Brésiliens à distance (9).

Pour ce match de gala, la mairie de Rio avait permis la présence de quelques milliers de supporters, avec une jauge de 10% au Maracana pour le point d'orgue d'une compétition dont tous les matches précédents avaient été joués à huis clos en raison de la pandémie de Covid-19 qui a fait plus de 530.000 morts au Brésil.

Une finale tendue, le bijou de Di Maria

Pour le reste, Le sélectionneur argentin Lionel Scaloni avait décidé d'aligner une équipe résolument offensive, avec Di Maria, remplaçant lors des trois derniers matches, aux côtés de Messi et Lautaro Martinez en attaque. Comme tout "superclassico" entre les deux monstres sacrés du football sud-américain, la tension était palpable dès le coup d'envoi.

La Seleçao a commencé à imposer un gros pressing, avec une agressivité vite sanctionnée par un carton jaune pour Fred dès la troisième minute de jeu. Neymar a aussi voulu marquer aussitôt son territoire, avec un coup du sombrero sur son ex-coéquipier du PSG Lo Celso au niveau de la ligne médiane (7e).

Mais après un début de match haché, avec un grand nombre de fautes des deux côtés, l'éclair est venu de Di Maria. Bien lancé par De Paul sur la droite à limite du hors-jeu, l'ailier parisien a pris de vitesse Renan Lodi avant de tromper le gardien Ederson d'un lob de toute beauté (22e).

Ce but a quelque peu assommé le Brésil et les vagues argentines ont continué à déferler, avec des frappes de Di Maria (28e) et Messi (30e). Tite a tenté le tout pour le tout en faisant rentrer un attaquant supplémentaire à la mi-temps, Firmino, à la place de Fred et la Seleçao a retrouvé de l'allant.

Richarlison s'est vu refuser un but pour hors-jeu (52e) et a buté sur le gardien Martinez (53e) après une belle ouverture de Neymar dans la surface. Gabigol s'est créé deux occasions en fin de match (82e, 86e), mais l'Argentine a tenu bon pour triompher dans le temple du football brésilien. Lionel Messi n'est plus maudit avec l'Albiceleste, et d'où qu'il soit Diego Maradona a dû apprécier.

JGL avec l'AFP