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Coupe du monde: la Belgique éteint le Brésil, rendez-vous face aux Bleus en demi-finales

Au terme d’un match qui l’aura vu en grande partie défendre dans sa moitié de terrain, la Belgique s’est qualifiée pour les demi-finales aux dépens du Brésil (2-1). Aidés par le manque de réalisme adverse mais aussi par leur gardien Thibaut Courtois, les Diables Rouges affronteront la France mardi en demi-finales.

Martinez a tenté, a réussi, mais a beaucoup souffert aussi

Son nom commence à bruisser du côté de l’Espagne et du banc de la Roja, éliminée dès les 8e de finale de la Coupe du monde. Ce n’est pas son nouveau tour de force, réalisé ce vendredi soir face au Brésil, qui fera baisser sa cote. Au contraire. Après avoir eu le nez creux avec les entrées décisives de Chadli et de Fellaini, buteurs face au Japon et acteurs de la remontada des Belges aux dépens du Japon (3-2), Roberto Martinez a remis ça. Comment ? En faisant systématiquement passer sa défense à trois, quand ses joueurs avaient le ballon, à une défense à quatre pour priver Neymar et Willian d’espaces, de densité et d’accélération.

Une tactique payante, encore plus une fois que son équipe a pris le score et qui lui a fallu résister aux assauts brésiliens. Du moins jusqu’à l’heure de jeu, car après, le travail de sape du Brésil a mis à mal dans les grandes largeurs son équipe, moins fringante en contres et qui évoluera sans Meunier, suspendu pour une faute sur Neymar. L’équipe de France, très portée elle aussi sur la vitesse et la profondeur, sait à quoi s’en tenir.

Le Diable s’habille en… Courtois

Ok, la Belgique a bénéficié d’un heureux concours de circonstances sur l’ouverture du score contre son camp de Fernandinho (13e). Ok, Kevin De Bruyne les a encore plus mis à l’aise avec son coup de fusil à la demi-heure de jeu (31e). Mais le grand bonhomme de la partie côté belge n’était pas seulement au cœur du jeu - on pense évidemment à Eden Hazard – mais aussi dans les buts des Diables Rouges. Thibaut Courtois a réalisé un véritable show vendredi et ce dernier était indispensable pour permettre au plan de son sélectionneur d’aller au bout.

S’il ne peut rien sur la tête rageuse de Renato Augusto (76e), le portier de Chelsea a multiplié les parades, dont une mémorable devant Coutinho (37e). Mais une encore plus époustouflante à la 94eminute, aux dépens de Neymar. Là aussi, les Bleus sont prévenus : Courtois sera un obstacle de premier ordre pour eux, dans leur quête d’une finale mondiale.

Le Brésil a joué de malchance (et de nonchalance aussi)

Il y a deux lectures du match du Brésil : celle où on met en avant le manque de chance de la Seleçao, très souvent dominatrice dans cette partie mais plombée par une imprécision dans le dernier geste rédhibitoire à ce niveau. Mais aussi celle où l’on peut se dire que le Brésil ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Pourquoi ? Parce que l’entêtement de Tite avec Gabriel Jesus (zéro but dans ce Mondial), à l’impact tristement neutre sur le terrain, n’a pas aidé les partenaires de Neymar, qui aura tout tenté (même avec un petit plongeon dans la surface) et passé moins de temps au sol, cette fois. Parce que Roberto Firmino méritait d’être vu avant, dans une rencontre où il fallait aussi jouer des coudes dans la surface.

L'entrée en jeu de Renato Augusto (73e), décisif trois minutes plus tard (76e), donnera aussi des regrets au groupe auriverde, surtout quand ce dernier vendange une balle d’égalisation (80e). Un fait de jeu symbolise aussi la terrible soirée du Brésil : un ballon qui rebondit sur la cuisse de Thiago Silva et qui va sur la barre (9e). Quelques minutes plus tard, c’est le bras de Fernandinho qui contrarie les plans brésiliens (13e) et leur montre le chemin de la sortie. Ajoutez à cela, aussi, l’incroyable raté de Coutinho, l’homme qui a tant guidé le Brésil en Russie (84e)… Il y avait trop d’embûches pour permettre aux hommes de Tite de renverser la partie.

A.D