RMC Sport

Mbappé, Messi, l’absence de Cavani, Deschamps décrypte le succès des Bleus au Mondial

Dans un entretien exclusif accordé à Ici c’est Willy et Breaking Sport, Didier Deschamps s’est replongé dans le film de la Coupe du monde remportée en juillet dernier par les Français. Du match dingue contre l’Argentine à son intuition positive en finale, en passant par l’éclosion de Mbappé et le succès contre l’Uruguay, "DD" n’occulte rien.

La question lui a été posée et il a été sincère, laconique. "Pas souvent mais je n’aime pas trop." Non, Didier Deschamps ne se remet pas en boucle la vidéo de la finale de la Coupe du monde 2018 contre la Croatie. En revanche, il le répète à l’envie : le sacre final des Bleus, il le savait "depuis quelques jours." "Je l’ai senti, a affirmé ce vendredi soir le sélectionneur tricolore dans un entretien exclusif accordé à Ici c’est Willy et Breaking Sport. C’était en moi, à 3 jours de la finale. C’est un bien-être, une plénitude. Je l’ai gardé pour moi. C’est un sentiment que j’ai et que j’avais déjà eu 20 ans en arrière. Ça ne m’a pas empêché de faire les choses avec le même sérieux."

Ce sérieux, c’était déjà sa causerie d’avant-match, d’avant la Croatie. Une causerie attendue et forcément différente de celle effectuée deux ans plus tôt, en finale de l’Euro. "J’avais mis l’accent sur le côté émotionnel, les proches, la famille. On était alors trop dans l’émotion, et elle n’a pas eu l’effet que je souhaitais. Je suis passé à côté, il était hors de question d’anticiper en cas de victoire, confie Deschamps. J’ai changé radicalement. J’ai normalisé en leur disant : 'Ne changez rien, restez décontractés'. Mais le contexte d’une finale, c’est spécial. En équipe de France, quand tu as vécu une finale, tu n’es pas sûr d’en avoir une 2e. En 2006, j’en ai parlé avec Raymond Domenech. Là, j’avais la chance d’avoir tout réglé à J-3 concernant les familles, les entourages, les billets. Tout était nickel."

"Les joueurs se sentaient costauds comme des menhirs"

Comme le parcours des Bleus, une fois sortis des poules. Face à l’Argentine, les Bleus se transcendent enfin en attaque, montrent des choses, osent, font mal. "C’est le contexte, l’adversaire. C’est le match qui nous fait basculer du bon côté avec le scénario qui nous est favorable. Ce sont aussi les seules 9 minutes où on a été menés pendant cette Coupe du Monde. C’était la folie, l’Argentine, Messi. L’Argentine, c’est irrationnel. Même si j’avais ce sentiment, les joueurs se sentaient bien là-dedans ! Il y a eu ce moment de folie… Quand l’arrière gauche centre pour le latéral droit, qui reprend de volée en pleine lucarne, ça n’arrive pas souvent aussi. C’est cette part d’irrationnel qui fait tout le côté émotionnel. Il n’y a rien de tel pour les joueurs. Après ce match, les joueurs se sentaient costauds comme des menhirs."

Des menhirs portés par une pépite, le futur meilleur jeune de la compétition, le Parisien Kylian Mbappé. "Il a fait voir au monde entier ce qu’il était capable de faire, savoure encore Deschamps. Il le faisait déjà avant. A l’entrainement, les joueurs, les plus anciens me disaient ‘coach, mettez-le avec nous aussi !’. Je le savais, beaucoup le savaient. Maintenant qu’il le fasse sur ce match … il avait besoin de ça."

"Battre l'Argentine et se taire taper par l'Uruguay, ça n'aurait rimé à rien"

Derrière ? Les Bleus affrontent l’Uruguay. Et réalisent leur match le plus abouti de la compétition. Cavani forfait ? "Evidemment, l’Uruguay est plus forte avec lui. Elle faisait peut-être moins peur que l’Argentine – parce qu’il y a Messi – mais c’était capital pour nous de confirmer." Le match ? "C’est celui qu’on a super bien maîtrisé ! On a eu la maîtrise, on a eu la possession et on a gagné, se remémore "DD". Qui rappelle l’enjeu terrible de ce match. "Battre l’Argentine et se faire taper par l’Uruguay, ça n’aurait rimé à rien. Après l’Argentine, on était presque dans l’obligation de passer l’Uruguay." 

Pour mieux écrire la suite de l’histoire, enrichie par une main de Perisic en finale – "Je ne suis pas arbitre. Il y a la VAR, s’ils l’ont donné, c’est que ça se donne. S’ils ne la donnent pas, ils la donnent pas" - et vécue toute en retenue par le sélectionneur. "Je suis expansif dans la vie, a assuré le guide des Bleus. Mais en conférence de presse, je ne suis pas là pour faire rire." Mais pour donner du bonheur aux supporters français, ce qu'il a fait en grandes pompes le 15 juillet. 

RMC Sport