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Mondial 2022: ce que Platini, Sarkozy et Blatter ont dit du "déjeuner secret" à l'Elysée

Le déjeuner organisé en 2010 à l'Elysée, avec Nicolas Sarkozy, Michel Platini et le futur émir du Qatar, serait au cœur de l'enquête pour corruption sur les conditions d'attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Retour sur ce qu'en ont dit ces dernières années l'ancien chef de l'Etat, l'ex-président de l'UEFA et Sepp Blatter, ancien président de la Fifa.

Si Michel Platini s'est retrouvé ce mardi en garde à vue, c'est dans le cadre de l'enquête ordonnée par le Parquet national financier (PNF) sur les conditions de l’attribution de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar, d'après les informations du Monde.

Les enquêteurs se concentreraient sur le déjeuner du 23 novembre 2010 à l’Elysée où étaient notamment présents Nicolas Sarkozy, le futur émir du Qatar et Michel Platini. L'ancien chef de l'Etat, l'ancien président de l'UEFA et Sepp Blatter, alors président de la Fifa et qui n'était pas invité ce jour-là, se sont exprimés depuis neuf ans sur ce déjeuner. Voilà ce qu'ils en ont relaté. 

Platini: "Je ne savais pas que les Qataris y seraient"

"Je savais que j’allais voter pour le Qatar avant le déjeuner et je suis allé voir Nicolas Sarkozy pour lui dire. Je ne savais pas que les Qataris y seraient. J’ai supputé que le président Sarkozy aurait souhaité que je vote pour le Qatar. Mais il ne me l’a jamais demandé. J’ai ensuite appelé Sepp Blatter pour lui faire part de cette rencontre." (Le Monde, 18 octobre 2015)

Blatter: "Le président a demandé de voter pour le Qatar"

"Platini m’a téléphoné pour me prévenir qu’il avait eu ce repas et il m’a dit que le président lui avait demandé si lui et ses amis pouvaient voter pour le Qatar dans l’intérêt de la France. Il m’a averti que le dossier que nous avions fait pour l’organisation de la Coupe du monde 2018 en Russie et 2022 aux Etats-Unis avait du plomb dans l’aile. Mais je n’oserai jamais parler de corruption." (RMC Sport, 18 juin 2019) 

"Une semaine avant le vote, j’ai reçu un appel téléphonique de Michel Platini et il m’a dit : “Je ne suis plus ton plan, car le chef de l’Etat m’a dit que nous devrions prendre en compte la situation de la France.” Et il m’a dit que cela concernerait plus d’un vote, car il y avait un groupe de votants avec lui. Quatre suffrages européens se sont finalement écartés des Etats-Unis". (Propos relayés par Reuters, le 28 octobre 2015)

Sarkozy: "Je n’avais pas cette ambition"

"Voilà encore un autre (ndlr: Sepp Blatter à la suite des déclarations ci-dessus) qui me prête beaucoup de pouvoir. Je n’avais pas cette ambition (nldr: d'influencer le vote de Michel Platini), ni d’attribuer à qui que ce soit la Coupe du monde. Mais vous le remercierez quand même pour moi. C’était sans doute une allusion qui fait écho à sa très grande amitié pour Michel Platini." (BFMTV, 29 octobre 2019)

>> Ce que l'on sait du déjeuner secret

Joseph Ruiz