RMC Sport

Coupe du monde, Euro... Wenger détaille son projet pour une grande compétition chaque année

Arsène Wenger, directeur du Développement du football mondial à la Fifa, travaille sur un nouveau calendrier mondial avec une grande compétition internationale chaque saison et des qualifications regroupées en deux fenêtres internationales.

C’est l’un des grands projets de la Fifa. Et il est mené par Arsène Wenger. L’ancien manager d’Arsenal (1996-2018) mène, depuis six mois, une réflexion sur la mise en place d’un nouveau calendrier international en tant que directeur du Développement du football mondial à la Fifa (poste qu'il occupe depuis novembre 2019). Il dévoile les contours de son plan dans une interview à L’Equipe. Celui-ci s’articule autour de deux axes: il veut une grande compétition internationale chaque été (Coupe du monde tous les deux ans, et championnats continentaux, comme l’Euro, aussi), et des phases de qualification regroupées permettant aux clubs de bénéficier de leurs joueurs sur une plus longue plage de temps.

Coupe du monde et Euro tous les deux ans

"La grande idée, au départ, est de regrouper les matches de qualifications sur deux fenêtres internationales, en octobre et mars, pour une plus grande visibilité du calendrier, une plus grande simplicité pour les clubs, et moins de problèmes à résoudre pour les sélections, explique-t-il. Le principe serait un regroupement des qualifications, tous les ans, et en fin de saison une grande compétition, Coupe du monde ou Championnat continental. Entre les deux fenêtres de qualification, le joueur resterait dans son club toute l'année."

Il promet ne pas en faire une histoire d’argent, tout en assurant que les joueurs ne disputeront pas plus de matchs. Le but de cette démarche: améliorer la qualité des matchs, notamment lors des qualifications. L’Alsacien, aujourd’hui âgé de 71 ans, ne craint pas une baisse de l’intérêt du public avec ces rendez-vous annuels de sélections.

Des qualifications regroupées sur quatre à cinq semaines

"On peut opposer, c'est vrai, le rythme pratiquement ancestral des quatre ans, consent-il. Je le comprends tout à fait, parce que moi aussi j'ai été élevé dans ce rythme, mais il faut reconnaître que la société demande de plus en plus de matches à forts enjeux et à forte émotion, et de plus en plus souvent. Même l'Euro, qui a eu lieu il y a deux mois, nous paraît loin. Je pense enfin que le public du foot ne veut plus que les qualifications durent un an et demi. On peut très bien les concentrer sur quatre à cinq semaines. Enfin, l'idée que l'on porte commencerait vraiment à entrer en action en 2028, puisque la Coupe du monde 2026 a déjà été fixée (États-Unis, Canada et Mexique). Cela signifie qu'il y aura sept ans de passés, durant lesquels les mentalités auront continué d'évoluer dans ce sens. Il faut anticiper l'avenir."

L’UEFA y est fermement opposée mais Wenger assure bénéficier d’un accueil 100% favorable, depuis qu’il a commencé cette consultation, et du soutien de joueurs. Il aimerait que la décision soit actée dès le mois de décembre et pense pouvoir compter sur le soutien des clubs. "Les clubs auront les joueurs rien que pour eux pendant sept mois au minimum! Ils ont tout à y gagner. Pendant la période où ils en ont le plus besoin, ils les auront constamment avec eux. Pour avoir été souvent confronté à ça, je sais que c'est un vrai problème. Au lieu de quatre périodes pendant la saison où les clubs peuvent perdre leur dynamique en raison de la trêve internationale, il n'y en aura plus que deux, voire une."

NC