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Blanc va-t-il rempiler ?

Laurent Blanc

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Laurent Blanc et Noël Le Graët ont rendez-vous ce jeudi au siège de la Fédération française. Enjeu des discussions, le bilan de l’Euro des Bleus et la prolongation ou non du contrat du sélectionneur des Bleus après un Euro contrasté.

Boulevard de Grenelle, dans le 15e arrondissement de Paris. Il y a deux ans, Laurent Blanc y entrait avec au-dessus de sa tête, une petite auréole tellement précieuse en plein marasme post-Knysna. Il était le champion du monde et d’Europe, l’un des modèles de France 98 et peut-être l’un des seuls à pouvoir sauver l’image d’une Fédération française alors aux abois. Vingt-quatre mois plus tard, l’affaire des quotas, un Euro petitement réussi et de nouvelles polémiques sur le comportement des Bleus ont fragilisé la statue « Blanc » et par la même occasion, son statut. Ce n’est plus en position de force que le sélectionneur de l’équipe de France rencontrera ce jeudi le président de la FFF.

Et c’est même Noël Le Graët qui posera certaines conditions, alors qu’une conclusion n’est pas attendue avant le comité exécutif de mardi prochain, sauf volonté de Laurent Blanc d’arrêter. Certains de ses proches glissent d'ailleurs ce mercredi soir que « tout est possible ». Si les deux hommes ont a priori envie de continuer ensemble, le Breton et le Cévenol, dans le bureau du premier, feront d’abord le bilan de ces deux dernières saisons. Sportivement, l’objectif de sortir des poules de l’Euro a été atteint. Reste la manière… Le management sera aussi discuté. Au sein de la Fédération, certains en veulent d’ailleurs un peu à Laurent Blanc pour la gestion compliquée des ego lors de l’Euro, qui a notamment débouché sur l’affaire Nasri.

Et aussi pour avoir retenu certains joueurs sur leur seul talent sportif bien plus que sur leurs fortes personnalités. Ces interrogations ne devraient pas l’emporter sur la volonté de Noël Le Graët de proposer une prolongation de contrat de deux ans jusqu’à la Coupe du monde au Brésil dans un premier temps. Et d’évoquer une éventuelle option pour deux saisons supplémentaires et donc l’Euro 2016 en France. Car Noël Le Graët doit aussi tenir compte des futures élections de décembre prochain, où il devrait solliciter un nouveau mandat. Mais cette proposition est soumise à la réduction du staff de l’équipe de France et surtout, de son coût.

Pas de plan B pour Le Graët et la Fédération

Laurent Blanc acceptera-t-il de voir s’en aller Philippe Tournon, chef de presse, et Henri Emile, coordinateur et figure historique des Bleus ? Renoncera-t-il aux missions ponctuelles et onéreuses (90 000€ la saison) de Fabien Barthez ? « Je ne sais pas s’il va rester, a indiqué Christophe Dugarry, un proche de Laurent Blanc, dans l’Intégrale Euro sur RMC. Le Graët va vouloir le garder à ses conditions. Je pense que Laurent Blanc a toujours en travers le fait qu’il n’ait pas eu le soutien de Le Graët dans les moments difficiles. Il continuera s’il arrive à faire les choses comme il veut. S’il n’a pas les pleins pouvoirs, je pense qu’il ne le fera pas. »

Pour le moment, la Fédération française et son président Noël Le Graët n’ont pas préparé une issue négative aux discussions avec Laurent Blanc. Aucun plan B n’est prévu. L’hypothèse Didier Deschamps, qui veut quitter l’OM, n’a pas été abordée même si le Basque suit attentivement la situation de son ex-coéquipier à la tête des Bleus. Pas plus que celle qui mènerait à Antoine Kombouaré, qui est libre actuellement. Le calendrier de ce rendez-vous entre Laurent Blanc et le président de la FFF a pourtant été accéléré puisqu’initialement, il devait avoir lieu le 2 juillet. En parallèle, Jean-Pierre Bernès, l’agent des deux entraîneurs, n’est pas officiellement en contact avec un autre club pour ‘‘recaser’’ Laurent Blanc. Il se renseigne, simplement, sur les potentiels points de chute (Tottenham ?). Et pourra, ou non, passer au rythme supérieur dans les prochains jours. Le brouillard ne va pas tarder à se lever sur le 15e arrondissement de Paris.

LP avec J.Re.