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Coupe du monde 2022: largement remaniés, les Bleus s'inclinent contre la Tunisie

Avant d'attaquer les huitièmes de finale, l'équipe de France a bouclé la phase de poules de la Coupe du monde 2022 par une défaite contre la Tunisie (1-0) avec un énorme imbroglio en fin de match. Les Bleus terminent malgré tout en tête de leur groupe.

Une fin de match totalement folle. Et au bout, la première défaite de l'équipe de France dans cette Coupe du monde. Avec un but d'Antoine Griezmann inscrit à la 90e+8 mais finalement refusé par le VAR pour une position de hors-jeu du Madrilène, les Bleus se sont inclinés ce mercredi face à la Tunisie (1-0). Un résultat insuffisant pour les Aigles de Carthage. Car l'autre qualifié de ce groupe est l'Australie, bourreau du Danemark (1-0). Pour les Bleus, qui terminent malgré tout à la première place, c'est en revanche un coup d'arrêt et un bon rappel à l'ordre avant leur huitième de finale programmé dimanche. Ils affronteront la Pologne, l'Argentine, le Mexique ou l'Arabie Saoudite.

>> Revivez le match France-Tunisie

Il ne faut que quelques minutes pour que les tristes souvenirs du 26 juin 2018 ressurgissent devant ce France-Tunisie. Quatre ans après un match nul plus que douloureux à regarder face au Danemark (0-0), déjà en clôture de la phase de poules du Mondial, le spectateur a d'emblée l’impression de revoir le même spectacle du côté d’Al-Rayyan. Avec un onze totalement remanié par Didier Deschamps. Par rapport à la dernière victoire contre les Danois (2-1), la France dégaine neuf changements dans son onze de départ, le plus haut total de son histoire sur un même tournoi majeur. Steve Mandanda est là. Mais aussi Axel Disasi comme latéral droit et Eduardo Camavinga. Au milieu, c’est un empilage de relayeurs avec Aurélien Tchouaméni, Mattéo Guendouzi, Jordan Veretout et Youssouf Fofana. Pas un seul créateur.

L'échec des habituels remplaçants

L’animation offensive est confiée à Randal Kolo Muani et Kingsley Coman. Résultat : un manque d’automatismes et de repères, et une qualité de jeu qui n’a (absolument) rien à voir avec les deux précédentes sorties des Bleus dans ce Mondial. La Tunisie, obligée d’attaquer pour avoir une chance de rejoindre les huitièmes, pense même ouvrir le score dès la 8e minute, mais le but de Nader Ghandri est refusé pour une position de hors-jeu. En face, la prestation tricolore fait peine à voir. Les contres sont mal gérés, le déchet technique bien trop important. Seul Mandanda se met en évidence en captant une tête d’Anis Ben Slimane (29e) et en boxant une tentative plein axe de Wahbi Khazri (37e). "On a été timides, un peu mous aussi. On se met en difficulté nous-mêmes", doit même reconnaître Deschamps à la pause sur TF1.

Notre consultant Jérôme Rothen se montre beaucoup plus critique sur RMC : "Des joueurs comme Veretout ou Guendouzi, aujourd'hui, il y a un plafond de verre, peut-être que le niveau international est trop haut pour eux. Quand je vois Guendouzi milieu gauche, j'ai mal à mon poste." Le début de seconde période est encore plus compliqué pour les champions du monde en titre. Khazri, de retour comme titulaire, profite d’une perte de balle de Fofana pour transpercer la défense française et ajuster tranquillement Mandanda (58e). C’est le moment choisi par Deschamps pour lancer à l'heure de jeu William Saliba, Adrien Rabiot et surtout Kylian Mbappé, préservé au coup d’envoi en raison d’une petite gêne à une cheville. C'est ensuite au tour d'Antoine Griezmann de sortir du banc. Mais le jeu français reste laborieux.

Dans cette bouillie collective, Ibrahima Konaté, associé à Raphaël Varane, est une des rares satisfactions. Le roc de Liverpool est l'auteur d'interventions propres et pleines d'autorité, avec une sérénité qui tranche avec les erreurs de ses coéquipiers. Même Mbappé n'a pas eu sa justesse habituelle dans le dernier geste, à l'image de ce tir puissant repoussé par Aymen Dahmen (89e). La France pense toutefois arracher le nul dans les ultimes secondes sur une volée de Griezmann (90e+8). Un but visiblement refusé, après de longues minutes, pour un hors-jeu...

RR