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Equipe de France: les gagnants et les perdants pour la liste des 23

Didier Deschamps l'a reconnu mardi soir: il a en tête "une grande partie" de sa liste des 23 pour le prochain Euro. Sept mois avant le début des hostilités, une bonne quinzaine de places semblent en effet réservées dans le car des Bleus. Pour les dernières, il y a match.

Les places vont être chères. Victorieuse de la Suède mardi soir (4-2) pour son dernier match de l'année 2020, l'équipe de France va maintenant regarder vers 2021, et le prochain Euro, théoriquement prévu du 11 juin au 11 juillet. Un tournoi pour lequel le sélectionneur Didier Deschamps ne pourra emmener que 23 joueurs avec lui. Le point sur la liste, à sept mois du coup d'envoi.

Les gardiens: le trio est acté

Evidemment, entre les blessures ou tout autre pépin, il peut se passer bien des choses d'ici le printemps prochain. Mais à l'heure actuelle, le match semble déjà joué pour le poste de gardien. Hugo Lloris (Tottenham), 120 sélections au compteur, sera le numéro 1, Steve Mandanda (OM), vu ses performances en club depuis maintenant quinze mois, sera numéro 2, et Mike Maignan (Lille) a désormais pris une avance considérable dans sa bataille à distance avec Benoît Costil (Bordeaux) et Alphonse Areola (Fulham), qui sort d'une saison sur le banc du Real et joue aujourd'hui le maintien en Premier League.

Les défenseurs: une place à prendre dans l'axe, de l'incertitude dans les couloirs

Déjà aligné 71 fois en bleu à seulement 27 ans, Raphaël Varane (Real Madrid) est depuis longtemps le patron de la défense française, et aura sa place dans l'axe à l'Euro. Avec ce qu'il a montré sur les derniers matchs, notamment contre le Portugal, Presnel Kimpembe (PSG) peut également être serein. Derrière eux, toujours en défense axiale, Clément Lenglet (Barça) est en très bonne posture, même s'il n'est pas irréprochable en Espagne ces derniers temps… Et pour la dernière place d'arrière central? Le débat est ouvert.

Performant à Chelsea, Kurt Zouma est encore à la recherche d'un match référence en sélection. Mais Deschamps l'a très souvent appelé depuis le début de l'année 2019, et semble lui faire confiance. Sauf s'il sort une petite surprise de son chapeau. Ce pourrait être Dayot Upamecano (Leipzig), même s'il avait été laissé avec les Espoirs en ce mois de novembre, Wesley Fofana (Leicester), Ibrahima Konaté (Leipzig), ou plus sérieusement Jules Koundé (Séville), dont la cote ne cesse de grimper en Europe, et qui découvre actuellement la Ligue des champions. Samuel Umtiti (Barça) vit un calvaire physique depuis le Mondial 2018 et n'a pas encore joué cette saison, tandis qu'Aymeric Laporte (Manchester City), enfin convoqué à l'été 2019 mais contraint de déclarer forfait pour une grave blessure, a sans doute laissé passer le train.

Dans les couloirs, Benjamin Pavard (Bayern Munich) s'est rendu incontournable à droite, et Lucas Hernandez (Bayern Munich) est a priori le numéro 1 à gauche. Derrière, il y a match. De plus en plus régulier et discipliné, Lucas Digne (Everton) a marqué des points depuis deux ans. A droite, Léo Dubois (OL) fait office de doublure depuis plusieurs rassemblements mais sa place n'est pas scellée dans le marbre. 

Deschamps a ainsi dernièrement appelé Ruben Aguilar (Monaco), mais il avait semble-t-il pensé avant lui à Nordi Mukiele (Leipzig), Bouna Sarr (Bayern Munich) et surtout Ferland Mendy (Real Madrid). Latéral gauche de métier, l'ancien Lyonnais peut, dans l'esprit du sélectionneur, jouer des deux côtés et a récemment évolué à droite contre la Croatie. De quoi lui donner l'idée de n'embarquer que trois latéraux (Pavard, Hernandez et Mendy donc) pour prendre un milieu ou un attaquant supplémentaire? Ce n'est pas l'hypothèse privilégiée, mais pourquoi pas… Benjamin Mendy (Manchester City), Djibril Sidibé (Monaco), et Layvin Kurzawa (PSG), distancés dans la hiérarchie, peuvent probablement prévoir des vacances en juin prochain. Pareil pour Theo Hernandez (AC Milan).

Les milieux: qui avec les cadres du Mondial?

Si l'on part du principe que Didier Deschamps aime aligner – numériquement – trois milieux et trois attaquants sur la pelouse, même dans un 4-4-2 comme face à la Suède, le plus logique serait de prendre six milieux et six attaquants pour l'Euro. Dans le premier secteur, Paul Pogba (Manchester United) et N'Golo Kanté (Chelsea) sont indéboulonnables. Corentin Tolisso (Bayern Munich) est dans les petits papiers du staff, et bénéficie d'un temps de jeu très correct en Allemagne dernièrement. Donné perdu pour les Bleus il y a quelques mois encore, Adrien Rabiot (Juventus) a fait un retour fracassant: vu ses prestations depuis septembre, difficile d'imaginer Deschamps se priver de lui. Resterait donc deux places.

La première pourrait revenir à Steven Nzonzi (Rennes), titularisé à quatre reprise sur les huit derniers matchs de la France, et qui a pour lui son profil plus défensif, plus récupérateur, que la concurrence. Pour l'autre, mystère… On pense au phénomène Eduardo Camavinga (Rennes) - qui a récemment découvert les A à 17 ans - bien entendu. Il ne faut toutefois pas enterrer Moussa Sissoko (Tottenham), homme de confiance de "DD", certes absent au Mondial, mais souvent présent depuis deux ans. Mattéo Guendouzi (Hertha Berlin), cadre des Espoirs déjà appelé chez les A il y a un an, et Tanguy Ndombélé (Tottenham), sont d'autres candidats crédibles. Quant à Blaise Matuidi (Inter Miami), son départ vers la MLS semble l'avoir condamné. Même s'il répète être à la disposition de Deschamps.

Les attaquants: un problème de riche

Nous voilà donc aux joueurs offensifs. Un immense chantier, tant le vivier tricolore est imposant. En écartant encore une fois les potentielles blessures, trois attaquants sont pour ainsi dire assurés de disputer le championnat d'Europe: Antoine Griezmann (Barça), Kylian Mbappé (PSG), et Olivier Giroud (Chelsea). Le premier est le maître à jouer des Bleus, le deuxième peut faire basculer un match sur une fulgurance, et le troisième, régulièrement chahuté par les observateurs et les (gentils) coups de pression de Deschamps sur son manque de temps de jeu en club, a encore fait taire tout le monde d'un doublé face à la Suède. Kingsley Coman (Bayern Munich), malgré un rendement moindre avec les Bleus qu'en Bavière, semble toujours autant plaire au sélectionneur. Si son corps le laisse tranquille, il devrait être le quatrième nom inscrit chez les attaquants.

Dans la mesure où Mbappé est de moins en moins perçu comme un avant-centre, il faudra probablement un autre joueur pouvant évoluer en pointe. Ce pourrait être Anthony Martial (Manchester United): titulaire contre le Portugal, il a encore pêché dans la finition, et souffre d'un faible bilan d'un seul but en 25 sélections, mais il a paradoxalement marqué des points par son activité et sa faculté à se créer des occasions. D'autant que Wissam Ben Yedder (Monaco), serial buteur en club, a eu du mal à se montrer lors de ses quelques apparitions avec l'équipe de France.

Cela donnerait enfin une vingtaine de candidats pour un éventuel dernier ticket. On exagère, mais pas tant que ça. Il y a Nabil Fekir (Betis), préféré à Houssem Aouar (OL) pour ce rassemblement, avant que les deux ne déclarent forfait. Il y a aussi les autres champions du monde 2018 Ousmane Dembélé (Barça), Thomas Lemar (Atlético) et Florian Thauvin (OM), qui ont cependant pris du retard (surtout les deux derniers), ou Jonathan Ikoné (Lille), qui a enregistré quatre sélections en 2019. Et puis il y a Marcus Thuram (Borussia Mönchengladbach). Surprise de la dernière liste, où l'on attendait éventuellement son équipier Alassane Pléa, il a été le seul joueur offensif intéressant lors du naufrage contre la Finlande, et a été à l'origine de deux buts mardi soir. Rien ne dit que Deschamps le rappellera en 2021, mais il a tout fait pour.

Clément Chaillou