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Fernandez : « Le Graët n’avait pas le choix »

Luis Fernandez

Luis Fernandez - -

Pour l’ancien joueur de l’équipe de France (60 sélections), le président de la FFF a dû lâcher du lest dans les négociations avec Didier Deschamps. Car le nouveau sélectionneur était la seule piste d’envergure à six mois des élections.

Luis, que pensez-vous de la nomination de Didier Deschamps au poste de sélectionneur ?

Je pense qu’il a le profil pour prendre la succession de Laurent Blanc. Noël Le Graët, pour préserver ses chances d’être réélu à la présidence de la FFF après le dossier Laurent Blanc, il lui fallait absolument Didier Deschamps. Parce que Francis Smerecki et Paul Le Guen pour entraîner l’équipe de France, il valait mieux en rire. C’est un choix logique. Noël Le Graët a dû un peu changé son fusil d’épaule. Il a certainement dû accepter de laisser les pleins pouvoirs à Didier. Le père Le Graët, sur le dossier Laurent Blanc, il était quand même à côté de la plaque.

Comprenez-vous que le contrat soit un 2+2, deux ans et deux saisons supplémentaires en option ?

Ça dépend des négociations. Je ne vois pas Didier s’engager seulement pour deux ans. Il y a le championnat d’Europe en 2016 en France. Il doit certainement avoir des garanties. On ne va pas me dire que Noël Le Graët en sort gagnant. Il le voulait absolument pour sauver sa tête. Donc il était prêt à faire des concessions. Il était obligé d’accepter, je pense. Quand il a commencé à vouloir placer Francis Smerecki ou Paul Le Guen, il a bien vu que ce n’était pas la meilleure option s’il voulait se représenter.

Didier Deschamps était donc le mieux placé…

Si le nouveau sélectionneur avait été Francis Smerecki ou Paul Le Guen, Noël Le Graët, il sautait au mois de décembre. Il n’avait pas le choix. Didier a l’expérience. Il est comme Laurent Blanc. Ils ont du charisme, des connaissances. Laurent Blanc a quand même fait du bon boulot. Didier reprend le groupe. Il va pouvoir travailler dans la continuité. Il apportera deux ou trois changements, parce que chaque entraîneur a sa méthode.

Propos recueillis par Guillaume Palacios