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Hidalgo : « C’est une belle chose pour Deschamps »

Michel Hidalgo

Michel Hidalgo - -

Pour l’ancien entraîneur des Bleus (1976-1984), le poste de sélectionneur de l’équipe de France offert à Didier Deschamps est une récompense que l’ancien coach de l’OM ne saurait refuser. Il pense que les négociations vont aboutir.

Michel, quels points Didier Deschamps doit-il négocier prioritairement ?

Avant d’être entraineur de l’équipe de France (1976-1984), j’ai été adjoint pendant des années de Georges Boulogne et Stefan Kovacs. Je connaissais le métier et tout ce qui se passe à la Fédération. Là, il va découvrir le fonctionnement avec le président de la Fédération (Noël Le Graët, ndlr) et en même temps le poste de sélectionneur. Même si ça ressemble à un club, les matchs sont plus rares. Mais Didier sait quand même comment cela se passe. Après, il y a une exigence financière. Ils ont dû en parler. Soit on a envie de prendre cette fonction, soit on n’a pas envie. Didier Deschamps, il y a peu de temps, n’en voulait pas. D’un seul coup, il est peut-être prêt à dire oui.

Etes-vous surpris par le fait qu’il accepte finalement le poste ?

Il était peut-être un petit peu fatigué par la saison de l’OM, par tout ce qu’il s’est passé. Il a voulu réfléchir. Il faut de la clarté dans la tête. Quelques jours de repos, ça peut faire du bien. Et puis il avait peut-être d’autres propositions. Il n’y a que lui qui peut le dire. Ce qui m’étonne toujours, c’est que quand on est sans club, une proposition pour prendre l’équipe nationale, c’est quand même quelque chose d’important. Dans une carrière, c’est beau d’être à la tête des Bleus. Après, ça peut déraper sur le salaire. Si la Fédération lui propose le salaire du sélectionneur qui vient de partir (Laurent Blanc, ndlr), je ne sais pas si ça va être suffisant. Je pense que Didier Deschamps, reposé, va accepter. Parce que c’est une belle chose pour lui, alors qu’il est encore jeune.

L’affaire pourrait-elle encore capoter ?

Je ne connais pas les critères du président de la Fédération et de Didier Deschamps. Le président, il essaye d’avoir un nom parce qu’il va y avoir les élections (en décembre, ndlr). Il fait le forcing et avoir un gars comme Didier Deschamps, c’est bien. Ça peut lui servir pour sa réélection. Mais il a surtout besoin d’avoir un homme capable de mener le football français. Et Didier Deschamps a cette capacité. Il est suffisamment qualifié. Son passé de joueur et d’entraîneur parle pour lui. Je pense qu’il va y aller.

Propos recueillis par Guillaume Palacios