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J.Ménez : "Benzema doit absolument être à l’Euro"

Jérémy Ménez

Jérémy Ménez - AFP

EXCLU RMC SPORT. Invité de Luis Attaque, ce lundi sur RMC, Jérémy Ménez a soutenu son ancien coéquipier Karim Benzema, actuellement non sélectionnable à cause de l’affaire de la sextape. Pour l’attaquant milanais, qui revient d’une longue blessure au dos, les Bleus ne peuvent pas « se priver du meilleur joueur français » à l’Euro.

Jérémy, où en êtes-vous physiquement après votre longue blessure au dos ?

Je suis revenu il y a un mois et demi ou deux mois, après presque dix mois d’arrêt. Il faut un peu de temps pour retrouver la forme, donc je m’entraine tous les jours. Au niveau de la douleur, je suis content parce que je ne ressens plus rien. Après, pour retrouver la condition physique à 100% et se sentir à l’aise sur le terrain, on sait qu’il faut du temps. Mais ça va beaucoup mieux. J’espère reprendre le plus rapidement possible et surtout enchaîner les matches. C’est ce dont j’ai besoin aujourd’hui.

De quoi souffriez-vous exactement ?

Après mon dernier match en avril-mai l’an passé, j’ai ressenti une douleur au dos. J’ai laissé deux-trois semaines pour voir si ça allait passer, en faisant juste des soins. Après, j’ai vu un chirurgien qui m’a dit que c’était une hernie, dont je me suis fait opérer pour la deuxième fois (après 2013, ndlr). Un mois et demi après l’opération, on a découvert que j’avais une infection. Et le traitement m’a encore fait perdre deux mois.

Quels objectifs personnels vous fixez-vous pour la fin de saison ?

J’ai plutôt des objectifs collectifs. On a la finale de la Coupe d’Italie (le 21 mai contre la Juventus, ndlr). Ce serait bien de la gagner parce que ça fait longtemps que le club attend ça. Ce serait une belle récompense, qui nous permettrait d’assurer une qualification pour la Ligue Europa. A titre personnel, ce serait de faire le plus de matches.

« Je n’en veux à personne »

Avez-vous envie de continuer à Milan ou de connaître un championnat plus exposé comme la Premier League ?

Honnêtement, je me sens bien ici. Avec la blessure que j’ai connue cette année, ça a été compliqué. Je n’ai pas pu faire de bonnes prestations et aider l’équipe. Je pensais surtout à me guérir et à revenir. Après, on ne sait pas ce qui peut se passer.

Vous êtes parti un peu fâché avec la Ligue 1 lors de votre passage du PSG au Milan en 2014. Le foot français ne vous manque-t-il pas ?

Je ne suis pas parti fâché. Je me plaisais bien en Ligue 1. J’étais dans un effectif important. Les deux premières années, je jouais tout le temps. La troisième, avec mon opération, j’ai moins joué malheureusement.

Vous en avez voulu à Laurent Blanc, qui ne vous faisait pas jouer autant que vous l’espériez ?

C’est humain qu’un joueur qui joue moins en veuille à l’entraîneur. Après, ce n’est pas toujours la faute de l’entraîneur. Mais je n’en veux à personne, au contraire. J’ai passé trois bonnes années là-bas. On a gagné des titres et je me suis éclaté. J’aurais peut-être mérité un peu plus de temps de jeu après mes deux années précédentes. On avait quand même fait de belles choses. Mais ça s’est passé comme ça. C’est le destin, c’est tout.

« Il n’y a qu’en France qu’on parle d’éthique »

Votre style un peu nonchalant ne vous a-t-il pas desservi ?

Je ne fais pas exprès de jouer comme ça. C’est ma façon de courir, de faire. On ne peut pas demander à quelqu’un de changer radicalement, même si c’est vrai que ça peut parfois jouer contre moi. Mais l’important, c’est que l’entraineur soit content de ce que tu fais.

Pensez-vous encore à l’équipe de France ?

Ça va être difficile mais je me battrai toujours pour essayer de revenir, sans que ce soit une obsession. Je les vois, ils jouent super bien, il y une belle équipe. Si un jour je peux revenir, je serai plus heureux du monde.

Vous êtes ami depuis longtemps avec Karim Benzema. Doit-il être absolument à l’Euro ?

Moi, je pense qu’il doit être absolument à l’Euro, bien sûr. Comment un entraineur peut s’empêcher de disputer une grande compétition comme ça avec le meilleur joueur français actuel ? Il n’y a qu’en France qu’on parle d’éthique. Dans les autres pays, il n’y a pas ça. Les meilleures viennent, jouent, font gagner leur équipe et après tout le monde oublie. Actuellement, personne ne sait s’il a fait quelque chose ou pas, ça ne sert à rien de le juger là-dessus. Ce serait dommage de se priver du meilleur joueur français.

dossier :

Karim Benzema

la rédaction avec Luis Attaque