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Les débuts du VAR, première titularisation de Mbappé... comment s'était passé le dernier France-Espagne

Adversaires dimanche en finale de la Ligue des nations, la France et l'Espagne ne se sont plus fait face depuis un amical remporté par la Roja en mars 2017. Un match qui avait notamment été marqué par la première utilisation du VAR dans l'Hexagone.

C’est un grand classique du football européen. Même si les spectateurs en ont été privés un long moment. Pour la première fois depuis le 28 mars 2017, la France et l’Espagne se retrouveront dimanche soir à Milan (20h45) en finale de la Ligue des nations. Une affiche prestigieuse entre des champions du monde bien décidés à panser les plaies de l'échec de l’Euro et une Roja en nets progrès. Il y a quatre ans, le contexte était bien différent. Les hommes aussi. Retour en arrière. Pour cet amical disputé au Stade de France, où l’on pleure la légende Raymond Kopa, disparu trois semaines plus tôt, Didier Deschamps innove en optant pour un 4-4-2 losange. Avec une ligne défensive composée, devant Hugo Lloris, de Christophe Jallet, Laurent Koscielny, Samuel Umtiti et Layvin Kurzawa. Une autre époque. Rassurez-vous, le milieu est moins surprenant : Corentin Tolisso, N’Golo Kanté et Adrien Rabiot sont présents.

Le rôle de meneur de jeu revient à Antoine Griezmann, positionné en soutien de Kevin Gameiro et d’un certain Kylian Mbappé. Ce dernier n’a alors que 18 ans mais l’Espagne ne parle déjà que de lui. Trois jours après avoir fait ses grands débuts en sélection face au Luxembourg (3-1), le Monégasque fête sa première titularisation. Même chose pour Tolisso. Côté espagnol, le sélectionneur Julen Lopetegui chamboule son attaque en alignant Pedro et Alvaro Morata à la place de David Silva et Diego Costa. Il peut aussi compter sur des cadres : Gerard Piqué, Sergio Ramos, Jordi Alba, Sergio Busquets et Andres Iniesta. Du lourd pour une équipe d’Espagne en pleine reconstruction. Secouée par ses ratés au Mondial 2014 (sortie dès la phase de poules), et à l'Euro 2016 (élimination en huitièmes), elle apprend à tourner la page Vicente Del Bosque, et mise beaucoup sur la génération des Koke et Isco pour revenir au sommet.

Mbappé, seul danger français

Et si l’âge d’or de l’incroyable triplé Euro 2008-Mondial 2010-Euro 2012 est derrière elle, elle vient rappeler ce soir-là qu’elle peut rester redoutable. Alors qu’ils étaient invaincus depuis la finale de l’Euro perdue face au Portugal, les Bleus prennent une leçon chez eux. Un retour sur terre assez brutal. Les choix tactiques de Deschamps ne fonctionnent pas, la Roja impose son pressing sans être inquiétée, et il faut attendre que le ballon arrive dans les pieds de Mbappé pour voir le public francilien s’enflammer. Il est le seul à mettre un peu de folie et à bluffer l'arrière-garde espagnole, à tel point que Piqué se précipite pour récupérer son maillot dès la mi-temps. Mais les fulgurances de Mbappé ne suffisent pas, le collectif français étant submergé.

Résultat, une défaite 2-0 implacable (buts de David Silva et Gerard Deulofeu), au bout d’un match marqué par la première utilisation en France de l’arbitrage vidéo. Le VAR joue d’ailleurs un rôle majeur : d’abord en refusant un but à Griezmann, puis en accordant le second but espagnol, initialement refusé pour hors-jeu. "La victoire n'est pas marquée par l'arbitrage, mais par l'excellent travail de mes joueurs", se félicite au coup de sifflet final un Lopetegui fier de la maîtrise affichée par son groupe.

Deschamps semble un peu moins convaincu par l’arrivée de ce nouvel outil technologique : "Si c’est juste pourquoi pas… Ça change un peu le football, mais il faudra s’adapter." Kurzawa est encore plus amer : "Ça a un peu tué notre match. Avant tout le monde faisait des erreurs. Les arbitres aussi. Ça faisait partie du foot. Ça devrait continuer comme ça." Plus de quatre ans après, Kurzawa a disparu de la sélection, mais le VAR est toujours là. Sans avoir convaincu tous les observateurs.

https://twitter.com/rodolpheryo Rodolphe Ryo Journaliste RMC Sport