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Les mots bleus de Giroud

Olivier Giroud, doublure de Benzema à la pointe des Bleus

Olivier Giroud, doublure de Benzema à la pointe des Bleus - -

Dans un entretien exclusif accordé à RMC Sport, Olivier Giroud s’est longuement exprimé sur la double confrontation à venir de l’équipe de France (Géorgie puis Espagne) dans le cadre des Eliminatoires du Mondial 2014. Le Gunner évoque aussi sa concurrence en pointe avec Karim Benzema. Verbatim.

Son but contre l’Espagne au match aller
« C’est un souvenir qui marque, et pas seulement le résultat (1-1, le 16 octobre 2012 à Madrid, ndlr), mais la qualité de notre jeu en seconde période. Quelque chose a changé dans l’esprit des gens. On est capable de réaliser de grandes choses (…) C’est le goal-average des deux confrontations avec l’Espagne qui comptera. Si on fait un « bon » 0-0 au Stade de France mardi après avoir battu la Géorgie, et qu’on termine premiers de notre groupe, ce sera très encourageant pour la Coupe du monde. »

La Géorgie en apéritif…
« La presse se focalise sur l’Espagne, mais tout résultat autre que positif contre la Géorgie ne serait pas un bon résultat. On doit aborder l’Espagne en confiance. Didier Deschamps en a parlé à notre arrivée à Clairefontaine. Il n’a parlé que cinq minutes mais il nous a bien dit qu’il fallait jouer match après match. Ce match vaut trois points. (Contre la Géorgie) il va falloir se créer des occasions. La Géorgie viendra en France pour défendre. Elle ne s’est inclinée chez elle contre l’Espagne qu’à la fin du match. Il ne faudra pas s’attendre à ce qu’on en marque quatre ou cinq buts. Il y a beaucoup de joueurs qui évoluent dans les championnats russe et ukrainien, qui sont en pleine expansion. Il y a moins d’écart qu’avant entre les sélections. On l’a vu avec la Biélorussie (0-1, le 3 septembre 2010 à Paris, élim. de l’Euro 2012), qui est venue s’imposer avec talent ici en France. La Géorgie, aura peut-être moins d’ambition dans le jeu, mais elle vendra chèrement sa peau. »

…l’Espagne en plat de résistance
« On n’aura pas beaucoup de ballons, on espère qu’ils seront moins dangereux dans les trente derniers mètres. Il faudra bien défendre, être solidaires, et être efficaces en contre. On va s’appuyer sur le match aller pour gagner. L’idéal serait de ne pas prendre de but, on a la qualité devant pour se créer des occasions. J’espère qu’on leur a mis le doute à l’aller et qu’ils seront moins souverains que d’habitude. (…) Il faut laisser l’Espagne derrière nous, donc il faut gagner la Géorgie et ne pas perdre contre l’Espagne. C’est un tournant, indéniablement. Il restera des matches, mais si on reste devant l’Espagne après cette double confrontation, on aura des raisons d’espérer. »

La concurrence avec Benzema
« Aujourd’hui, Karim reste le n°1. Mais quand le coach fait appel à moi, j’essaie de donner le maximum. C’est un honneur pour moi d’être appelé en équipe de France. Ce qui m’importe, c’est que l’équipe soit compétitive. En ce moment, on essaie de nous mettre en opposition tous les deux. C’est le jeu, ça ne nous affecte pas. On sait où on va. Aller au Brésil en tant que titulaire reste l’objectif ultime mais il faut composer avec l’environnement et la concurrence. (…) C’est vrai qu’on n’a pas encore beaucoup d’occasions de jouer ensemble (avec Karim) en équipe de France. C’est toujours facile d’évoluer avec lui. On joue dans un système 4-2-3-1 comme à Arsenal. Revenir en 4-4-2 n’est pas à l’ordre du jour. Il faudrait que l’un de nous deux soit décalé sur un côté. Pour moi, c’est un peu délicat, et Karim préfère la pointe. Mais dans un match où on doit marquer des buts, pourquoi ne pas nous associer ? »

La reconquête du public français
« On essaie de travailler sur notre image. On veut véhiculer des valeurs dans lesquelles les Français puissent se reconnaitre. J’ai rencontré des Français à Londres qui m’ont félicité par rapport à l’équipe de France. C’est important. On a besoin de sentir le public derrière nous. On compte sur le Stade de France qui a tendance à être un peu… endormi, parce qu’il n’y a pas forcément une ambiance extraordinaire. On a besoin du public contre l’Espagne, et aussi la Géorgie. »

Propos recueillis par Jérôme Sillon et Mohamed Bouhafsi