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Zidane sélectionneur : Un dossier qui divise

Zinedine Zidane

Zinedine Zidane - -

Et si le champion du monde 98, qui a fait part de ses envies d’entrainer un jour l’équipe de France, commençait par s’occuper des Espoirs ? Le Graët laisse la porte entrouverte mais ça ne semble pas être pour tout de suite.

Le Ballon d’or 1998 donne l’impression d’avoir des fourmis dans les pieds. Un désir de France, confirmé par son entrée dans le capital du petit club amateur de Rodez, mais surtout par son envie déclarée de coacher un jour l’équipe de France. Didier Deschamps et Alain Boghossian l’ont précédé. Sélectionneur des Bleus, au moins jusqu’à 2014, voire jusqu’à l’Euro 2016 disputé « à domicile », Deschamps est bien calé dans le fauteuil de l’équipe A. L’ancien entraineur de l’OM a récemment été « adoubé » par Michel Platini, boss de l’UEFA.

La place est libre par contre chez les Bleuets, après le départ d’Eric Mombaerts, consécutif à la non qualification de la France à l’Euro des Espoirs en 2013. Une perspective qui ne déplait pas à l’actuel candidat-président de la FFF. « Ce qui me fait plaisir, c’est qu’un homme comme Zidane fasse tous les efforts pour passer des diplômes chez nous. Il était à Clairefontaine la semaine dernière, il a été à Limoges pas mal de temps. Il manifeste une réelle envie d’entraîner. Le moment venu, on verra. Mais je pense qu’il passera d’abord par un club. »

La Fédération ayant décidé de ne pas nommer d’entraineur à la tête des Espoirs jusqu’en septembre 2013, la prophétie du Breton parait frappée du bon sens. Un avis partagé par Henri Emile, autre habitué de la Maison bleue. « Les Espoirs, c’est l’aboutissement de la formation et ça doit être la charge de la DTN, explique l’ancien intendant. Au niveau de l’image, ce serait extraordinaire mais il est engagé dans sa formation d’entraineur avec beaucoup de sérieux. »

Petit : « Je lui souhaite de se faire violence »

D’autres n’ont pas attendu le patron de la FFF pour se prononcer. En bien comme Eric Cantona, l’ancien bad boy fantasque de Manchester United et adulé outre-Manche. « Ça me semble évident, parce qu’il a été un grand joueur. Je pense qu’il a une lecture du jeu exceptionnelle. Zidane pourrait transmettre ça. » En moins bien comme Emmanuel Petit, son ancien coéquipier champion du monde. « Je lui souhaite vraiment de parfaire ses connaissances et surtout de se faire violence par rapport à sa personnalité. Avoir été une icône dans le football c’est une chose, être leader en tant qu’entraîneur en est une autre. » A l’image de sa statue devant le centre George-Pompidou où on le voit donnant le fameux coup de boule de 2006, Zidane ne laisse jamais indifférent. 

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Petit vise la FFF|||

Jusqu’à présent la génération 98 a fourni deux sélectionneurs (Deschamps) et un sélectionneur-adjoint (Boghossian), mais aucun président d’instance que ce soit la Fédération ou la Ligue. Emmanuel Petit pourrait changer ça. Le milieu de terrain des champions du monde s’est déclaré pour la présidence de la FFF en 2016. « Etre entraîneur ou éducateur, ce n’est pas ma vocation. Je suis plus à l’aise dans les instances du pouvoir, car c’est là où se joue l’avenir du football. » Petit dénonce le « fossé grandissant entre les pros et les amateurs ». Excluant une candidature frontale avec celle de Noël Le Graët pour les prochaines élections du 15 décembre, l’ancien monégasque vise donc 2016. « Qu’un ancien joueur de qualité comme Emmanuel Petit s’intéresse au système fédéral, c’est plutôt réjouissant, a réagi Le Graët. Je suis tout à fait d’accord pour participer à la formation d’un ancien joueur qui souhaiterait rentrer dans les instances fédérales. » Petit président avec un Zidane à la tête de la sélection ? L’attelage peut surprendre.

Louis Chenaille