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Euro 2021: l'Elysée "regrette profondément" la décision de l’UEFA d'interdire le stade arc-en-ciel à Munich

Alors que la ville de Munich et la Fédération allemande avaient prévu d'illuminer l'Allianz Arena aux couleurs de l'arc-en-ciel ce mercredi face à la Hongrie à l'Euro 2021, en soutien à la communauté LGBT et en opposition à la politique de Viktor Orban, l'UEFA a empêché cette initiative. Une décision que l'Elysée déplore.

L'affaire a largement dépassé les limites d'un stade de foot, et le cadre sportif. Mardi, en plein Euro, l'UEFA a pris une décision très controversée en empêchant l'illumination de l'Allianz Arena de Munich aux couleurs de l'arc-en-ciel pour la rencontre Allemagne-Hongrie ce mercredi (21h).

L'initiative, prise par la mairie de Munich avec le soutien de la Fédération allemande, se voulait une marque de soutien envers la communauté LGBT, et un acte d'opposition, aussi, à la politique du Premier ministre hongrois Viktor Orban - qui a récemment fait adopter une mesure pour interdire la "promotion" de l'homosexualité auprès des mineurs. Un geste politique, donc, trop politique pour l'UEFA.

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"L'UEFA ne veut pas en faire un acte politique, mais en renonçant à ces valeurs, c’est un acte politique qui est pris"

Si l'instance s'est justifiée en évoquant sa "neutralité" religieuse et politique, et en rappelant ses combats contre toutes les formes de discrimination, de nombreuses voix se sont élevées pour pointer sa décision. Dans le monde du football, comme avec Antoine Griezmann, mais pas seulement.

Ce mercredi, c'est l'Elysée qui a fait savoir qu'il "regrette profondément la décision de l’UEFA d’interdire que le stade de Munich soit illuminé aux couleurs LGBTQI". Car en agissant de la sorte, l'instance dirigeante du football européen se serait mouillée. "Nous avons des regrets, car l'UEFA est certes une instance religieusement neutre et apolitique, mais elle a des valeurs, et a souvent fait la promotion du respect et des droits des minorités, fait savoir une source au palais. De ce point de vue-là, elle renonce à ces valeurs. Elle ne veut pas en faire un acte politique, mais en renonçant à ces valeurs, c’est un acte politique qui est pris."

Plus globalement, l'Elysée fait part de son inquiétude quant à la politique discriminatoire de la Hongrie envers la communauté LGBT. "C’est un sujet de vive préoccupation, et une bonne nouvelle si la Commission européenne met en place une procédure d’infraction, explique-t-on. Les amalgames faits entre homosexualité et pédophilie sont ignominieux."

C.C. avec BFMTV