RMC Sport

Euro 2021: le coup de gueule contre l’UEFA d’un ancien footballeur victime d'homophobie

Ancien footballeur victime d’homophobie, Ouissem Belgacem s’est insurgé contre le refus de l’UEFA d’illuminer aux couleurs arc-en-ciel l’Allianz Arena de Munich pour le match Allemagne-Hongrie, ce mercredi (21h).

L’Allianz Arena de Munich ne s’illuminera pas aux couleurs arc-en-ciel ce mercredi pour le match entre l’Allemagne et la Hongrie (21h) à l’Euro 2021. L’UEFA s’est opposée à la demande de la mairie de la ville bavaroise et de la Fédération allemande en pointant du doigt "un message visant une décision prise par le parlement national hongrois". Une décision ubuesque pour Ouissem Belgacem, ancien joueur de football victime d'homophobie, qui a raconté son histoire dans le livre "Adieu ma honte". Pour lui, l’UEFA a perdu une bonne occasion d’envoyer un message contre les discriminations.

"Ça aurait montré un vrai soutien de la part des institutions sportives, regrette-t-il dans Apolline Matin sur RMC. C’est un message fort qui aurait pu être envoyé à tous les sportifs LGBT d’Europe et même d’ailleurs. Malheureusement, l’UEFA n’a pas saisi l’opportunité de montrer qu’ils étaient ouverts sur la questions, qu’il y avait du soutien et que les choses étaient capables d’évoluer dans le bon sens."

"L’homophobie m’a éteint, poursuit-il. Sportif de haut niveau, c’est avant tout un exploit mental, c’est avoir du soutien autour de soi, se sentir bien dans ses baskets quand on rentre sur le terrain. Et moi, je n’ai jamais eu de soutien de la part de mes coéquipiers, de l’équipe encadrante ou des institutions sportives. Je trouve très triste que l’UEFA ne saisisse pas la perche pour envoyer un message fort. Sous prétexte de rester neutre politiquement, ne pas apporter son soutien, c’est montrer qu’on n’est pas forcément pour."

"Depuis quand être contre le racisme ou contre les violences à la communauté LGBT, c’est être politique?"

Pour lui, le fond du problème est ailleurs. Il fustige que ce thème soit assimilé à de la politique. "Depuis quand être contre le racisme ou contre les violences à la communauté LGBT, c’est être politique?, interroge-t-il. Il y a des valeurs transversales qui dépassent la politique ou les religions. Être anti-raciste ou anti-homophobe, c’est du bon sens. Ce n’est pas de la politique."

Depuis la parution de son livre, Ouissem Belgacem, passé par le centre de formation de Toulouse avec notamment Moussa Sissoko, confie n’avoir "reçu aucun contact de la FFF". "L’homophobie est systémique dans le football, conclut-il. Je ne m’attaque à personne individuellement. J’ai reçu des soutiens en privé de mes anciens coéquipiers."

NC