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Fifa: Sexwale, ce candidat pro-Poutine

Tokyo Sexwale

Tokyo Sexwale - AFP

Ancien compagnon de cellule de Nelson Mandela, Tokyo Sexwale est l’un des sept candidats officiels (dont Michel Platini) à prétendre être élu président de la Fifa le 26 février prochain. Le Sud-Africain ne cache pas son amitié pour Vladimir Poutine et loue les efforts du président russe pour lutter contre le racisme.

L’entretien débute par quelques secondes très drôles. Le temps pour le journaliste de demander à son interlocuteur la bonne prononciation de son nom. Difficile de ne pas sourire devant un patronyme comme celui du Sud-Africain Tokyo Sexwale (dites « serre-oualé », donc). Invité de la dernière édition du podcast consacré au football publié sur le site du célèbre magazine américain Sports Illustrated, une sortie médiatique rare depuis l’annonce de sa candidature à la présidence de la Fifa – élection le 26 février prochain –, cet ex-prisonnier politique compagnon de cellule de Nelson Mandela a expliqué les raisons qui le poussaient à briguer ce poste et exposé sa vision pour l’organisme qui gère le foot mondial.

Une discussion au cours de laquelle l’homme d’affaires évoque différents thèmes dont le racisme. Et lorsqu’on l’interroge sur les problèmes en Russie sur ce plan, en prévision du Mondial 2018, Sexwale sort sa panoplie de défenseur de Vladimir Poutine. « Le racisme n’est pas acceptable dans le football », débute-t-il.

« Des inquiétudes à Saint-Pétersbourg »

Avant d’enchaîner de façon plus précise : « Concernant la Coupe du monde en Russie, il y a des inquiétudes au sujet du racisme dans une région bien spécifique, à savoir Saint-Pétersbourg. Le comité anti-racisme de la Fifa a déjà envoyé un message fort au Zénith au sujet des activités de ses hooligans. Le club nous a promis de prendre ce problème à bras-le-corps. Mais la Russie a besoin de faire plus en vue de la Coupe du monde 2018. Je sais que leur président, qui est quelqu’un que je connais bien, est opposé au racisme. Il vient lui-même de Saint-Pétersbourg. Le président Poutine est une personne intelligente, qui aime le sport. Il était ravi d’accueillir les JO d’hiver ou la Formule 1 en Russie et c’est pareil pour la Coupe du monde de football. Comme il vient de Saint-Pétersbourg, je sais qu’il est très conscient de ce problème. Tout sera bien surveillé pour que ces hooligans, ces éléments isolés, ne ternissent pas l’image de la Russie et de la Coupe du monde. » Et de conclure d’un vibrant « le football est plus grand et plus fort que le racisme ».

« Il faut arrêter de diriger la Fifa selon une structure tribale »

Au fil de l’entretien, où il affirme qu’« un nouveau président ne pourra faire le ménage de tous les problèmes de la Fifa tout seul », Sexwale revient également sur sa volonté de modifier les lignes de structures d’élection à la Fifa : « On dit toujours qu’un candidat africain aura forcément les voix de l’Afrique ou qu’un candidat européen aura forcément celles de l’Europe. Il faut changer ça et démocratiser la Fifa. Il faut arrêter de diriger la Fifa selon une structure tribale. Cette mentalité de blocs continentaux est peut-être aussi l’un des problèmes de la Fifa. Si on casse cela, un président crédible pourra enfin sortir. »

Alexandre Herbinet