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Football Leaks: les magouilles de Doyen Sports lors du transfert d’Imbula de l’OM à Porto

Giannelli Imbula

Giannelli Imbula - AFP

Mediapart révèle des informations sulfureuses concernant le transfert de Giannelli Imbula de l’Olympique de Marseille au FC Porto durant l’été 2015. Le fonds d’investissement Doyen Sports a élaboré un montage financier complétement illégal autour de cette transaction chiffrée à 20 millions d’euros.

Nouvelles révélations des Football Leaks, nom donné à la fuite de millions de documents confidentiels. Ce 20 décembre, Mediapart apporte des éléments qui mettent à nouveau en cause Doyen Sports. Cette fois, ils dévoilent les contours d’une manigance qui concerne le transfert de Giannelli Imbula de l’Olympique de Marseille au FC Porto durant l’été 2015.

Un accord très juteux pour aider Porto

A cette époque, les finances olympiennes vont mal et la propriétaire d’alors, Margarita Louis-Dreyfus, cherche à renflouer les caisses en vendant les joueurs les mieux valorisés. Giannelli Imbula est l’un d’eux. C’est là que Doyen Sports intervient. Le fonds, qui essaye de s’implanter à l’OM, se charge de jouer les intermédiaires. Son patron, Nelio Lucas, est « l’un des principaux financeurs » de Porto, indique Mediapart. Son objectif est d’attirer Imbula au Portugal à l’aide d’un « projet illégal d’achat de la moitié de ses droits ».

Problème : Porto n’a pas d’argent pour conclure l’affaire. Lucas rassure le club en promettant de revendre Imbula rapidement et très cher. L’homme d’affaires joint la parole aux actes en signant un accord entre Porto et sa société offshore Vela (basée à Malte) : le champion du Portugal acquiert le milieu de terrain et s’engage à accepter toute offre future d’au moins 30 millions d’euros que Doyen Sports apportera pour le joueur.

Doyen Sports a fait fi de l’interdiction de la Fifa

Pour l'heure, l’OM demande 20 millions d’euros pour Imbula. Un prix trop élevé pour Porto, qui ne peut même pas payer les deux premières échéances: 5 millions d’euros le 30 juillet 2015, 5 millions d’euros le 15 septembre 2015 (et 10 millions d’euros un an plus tard). Nelio Lucas trouve la parade en voulant acheter 50% des parts de l’international Espoir français. Cette méthode controversée s’appelle la tierce-propriété de joueur… et la Fifa l’a interdite deux mois plus tôt.

Le 5 juillet 2015, Willy Ndangi, père et agent de Giannelli Imbula, évoque au Journal du dimanche ce montage illégal. Doyen Sports et Porto démentent, mais la Fifa commence à s’intéresser à cette affaire. Pas de quoi effrayer Nelio Lucas qui engage la procédure d’acquisition de 50% des parts d’Imbula pour 10 millions d’euros… soit la somme exacte que Porto ne peut payer. Mediapart indique que Lucas a essayé de s’associer à un investisseur originaire des Emirats arabes unis (censé apporté 5 millions d’euros). On ignore si le deal a été conclu. Probablement pas, car le 15 septembre 2015, l’OM menaçait d’attaquer Porto en justice, l’ardoise de 10 millions d’euros n’étant pas encore réglée. Le club olympien n’en fit rien : l’argent arriva plus tard… Cet achat est le plus onéreux de l’histoire du FC Porto.

Giannelli Imbula ne resta pas longtemps chez les Dragons. Dès février 2016, après six mois sans relief au Portugal, il s’engagea à Stoke City pour près de 25 millions d’euros. Mediapart note que le joueur est arrivé en Premier League grâce à un agent « banni qui s’est enrichi au passage »…

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Nicolas Bamba