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La consécration pour Le Graët

Noël Le Graët

Noël Le Graët - -

Le nouveau président de la Fédération française de football est l'un des hommes les plus connus et expérimentés de son milieu. Son élection sonne comme l'aboutissement de la carrière du chef d’entreprise, à bientôt 70 ans.

Noël Le Graët est un homme sûr de lui. Si les pronostics ne plaidaient pas forcément en sa faveur avant l’élection, l’ancien président de la Ligue nationale de football était pourtant très décontracté à son arrivée à l’hôtel Méridien Etoile ce samedi matin, glissant dans un sourire malicieux : « Je suis détendu. Evidemment, il y a un peu de stress parce que je crois que ça va être serré... Mais je vais gagner. » Elu au premier tour du vote avec 54,39 % des voix, largement devant Fernand Duchaussoy (45,40 %), l’homme de 69 ans a su rallier la majorité des votes de l’assemblée fédérale. S’il n’a donc pas été surpris par cette élection, Le Graët ne s’attendait en revanche pas à réussir un tel score. « Je suis un petit peu surpris, oui. Le football amateur m’a soutenu au-delà de ce que j’espérais, déclare-t-il. C’est bien équilibré et c’est mieux pour le foot. »

Lors de son discours préalable au vote, Le Graët est d’ailleurs apparu très serein, maitrisant son sujet sur le bout des doigts. Accompagné de tous les membres de sa liste sur l’estrade, il n’a pas hésité à tacler Fernand Duchaussoy, notamment concernant la gestion de l’affaire des quotas : « Les binationaux apportent au football français une grande richesse. » Mais lors de sa prise de parole, le président de l’En Avant Guingamp (qui va devoir quitter ses fonctions en Bretagne suite à son élection) a surtout réussi à convaincre les votants du football amateur. Un vote pourtant loin d’être acquis quelques heures auparavant, mais qui a évolué grâce à un discours résolument proche du « foot d’en bas ».

Le soutien à Domenech aurait pu lui coûter cher

Pourtant, l’avenir de Noël Le Graët à la FFF aurait pu ne pas être aussi rose. Artisan majeur du maintien de Raymond Domenech au poste de sélectionneur des Bleus après l’échec de l’Euro 2008, l’ancien numéro deux de la FFF aurait pu payer ce soutien. Récemment, il a d’ailleurs refusé d’admettre son erreur : « Ce n’est pas un échec. Mes entraineurs, à Guingamp, je les ai soutenus ou virés. Et comme le conseil fédéral a souhaité garder Raymond Domenech, je me suis plié à cette décision. » Malgré tout, le Breton a réussi à se hisser à la tête de la FFF, notamment grâce à une campagne où il a usé de tous ses réseaux et n’a pas hésité à aller rendre visite aux 22 présidents de ligue régionale, l’une des clés de son succès selon lui. « Je pense que le fait d’être allé sur le terrain est important, le discours convient, analyse-t-il. Le changement était peut-être souhaité plus que ce que l’on pouvait imaginer. »

Cette élection à la tête de la FFF résonne comme une consécration pour un homme au passé aussi riche qu’hétéroclite. Il y a vingt ans, en 1991, il était élu à la tête de la Ligue nationale de football, devenue entre temps Ligue de football professionnel, poste qu’il a quitté en 2000. Cinq ans plus tard, il était élu vice-président de la FFF. Entre temps, cet homme de mandats est devenu président de l’En Avant Guingamp (2002), ville dont il a été le maire PS de 1995 à 2008. De cette facette de dirigeant et d’homme politique, ce chef d’entreprise prospère – il est à la tête du groupe agroalimentaire Le Graët, 163 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010 – aura usé à bon escient pour devancer Fernand Duchaussoy et devenir le nouveau patron du foot français.