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Le Graët : "Je ne souhaite pas faire de l’anti-Blatter"

Noël Le Graêt, président de la FFF

Noël Le Graêt, président de la FFF - AFP

ENTRETIEN RMC SPORT. S’il espère que « l’heure de la vérité » est venue après les arrestations de sept membres de la Fifa à Zürich ce vendredi, Noël Le Graët souhaite que le congrès et l’élection soient maintenus. Et le président de la FFF ne s’oppose pas à Sepp Blatter, candidat à un cinquième mandat.

Noël Le Graët, en tant que président de la FFF, que pensez-vous des sept arrestations de membres de la Fifa qui ont eu lieu ce mercredi à Zürich ?

D’abord, on n’a pas connaissance du dossier. C’est une interprétation importante, certes, parce que ce sont des personnalités fortes du football qui sont touchées. On peut toujours regretter qu’une institution comme la Fifa soit encore une fois éclaboussée. Ceci dit, je ne connais pas, et personne ne connaît, l’origine de l’enquête. Ce qui est présent dans ces dossiers, je n’en ai vraiment pas connaissance. Je crois qu’il faut laisser un tout petit peu de temps. L’UEFA se réunit cet après-midi (mercredi), il y a plein de réunions demain matin. Je pense que le congrès aura lieu. Sans difficulté, ce n’est pas le mot. Mais je pense qu’il sera maintenu.

Vous n’êtes pas pour un report ?

Non, pas forcément. Ce n’est pas la Fifa en tant que telle, ce sont quelques personnes qui ont été entendues ce matin pour des explications sûrement un peu plus large que la connaissance que nous en avons. Je pense que la Fifa doit maintenir son congrès et l’élection (pour la présidence, ndlr).

Cela ressemble à un grand coup de pied dans la fourmilière…

Oui, oui. C’était une plainte de la Fifa depuis un moment. Ça tombe, comme souvent, la veille d’un congrès. Il faut de toute façon éclaircir cette affaire qui traîne depuis déjà 10, 15 ans. On est toujours sur les mêmes affaires, soi-disant de corruption, sur les droits TV, la désignation du Qatar. Et je n’ai pas l’impression que ce soit ce dernier sujet qui est traité dans l’affaire qui concerne la Fifa aujourd’hui. Il semble que ce soit plutôt un dossier concernant les droits TV entre les Etats-Unis et l’Amérique du Sud.

Faut-il maintenir les Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar ?

Oui. Je pense qu’on ne peut pas revenir en arrière. Les pays ont investi. Au Qatar, les travaux avancent. La Russie va avoir des stades extraordinaires. On ne peut pas pénaliser tout le monde parce que peut-être qu’un ou deux… On va peut-être découvrir des choses avec l’affaire qui a été ouverte ce matin, mais je ne suis pas certain que ça touche la désignation du Qatar et de la Russie. Je ne crois pas.

Sepp Blatter reste candidat pour un cinquième mandat. Peut-il pâtir de cette affaire ?

Non. Il n’est pas du tout cité dans ces dossiers. Il est souvent attaqué. Mais je le pense suffisamment intelligent pour ne pas tomber dans ces pièges. Il est le patron, bien évidemment, mais il ne peut pas être le responsable des quelques défauts de certains élus.

Certains disent qu’il ne peut pas ne pas être au courant…

Il faut toujours faire attention. L’enquête est en cours. J’aimerais bien qu’on ait un peu plus de connaissances sur le dossier. On ne les a pas. Je ne souhaite pas faire de l’anti-Blatter. Il nous a donné la Coupe du monde 2019 des filles. Je ne suis pas du tout dans cet état d’esprit. Il y a une enquête. Les coupables, s’il y en a, seront punis.

Le directeur de la communication de la Fifa estime que c’est malgré tout « bon jour », pour faire le ménage…

Je crois qu’il a raison. Il se passe sûrement quelque chose. Ces personnes n’ont pas été arrêtées pour dire bonjour, ce n’est pas l’objectif. Si une fois pour toutes, une grande vérité pouvait sortir de cette affaire, j’aimerais assez. Les soupçons sont tels depuis un moment. S’il y a des coupables, évidemment, ils ne doivent pas siéger dans un organisme aussi important. Je crois que l’heure de la vérité est venue. On verra bien ceux qui ont triché.

la rédaction avec Vincent Delzescaux