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Le Graët, les dessous d’une élection

Noël Le Graët

Noël Le Graët - -

De son dîner avec les pontes du football professionnel vendredi soir à son discours extrêmement convaincant ce samedi matin, Noël Le Graët a réuni en quelques heures tous les ingrédients nécessaires à son élection à la présidence de la Fédération française. Sans même avoir besoin d’un second tour. Retour sur une victoire indiscutable.

Un murmure qui se propage. Des soupirs et des visages saisis par le même étonnement à la lecture de la répartition des votes. Il est 11h25, ce samedi, à l’hôtel Méridien Etoile, quand les résultats de l’élection à la présidence de la Fédération française de football s’affichent dans la grande salle de l’établissement de la Porte Maillot, à Paris. La FFF a un nouveau patron, Noël Le Graët. Avec 54,39 % des voix, l’ancien président de la Ligue s’impose dès le premier tour. « Le battu rentrera à la maison », disait-il la veille. C’est Fernand Duchaussoy, candidat sortant, qui doit faire ses valises (voir par ailleurs). Les bras croisés, les mâchoires serrées, il reste sans réaction.

A quelques mètres de lui, Noël Le Graët, le sourire jusqu’aux oreilles, est assailli par les photographes. En montant à la tribune, en se présentant au pupitre, le président de l’En Avant Guingamp repense peut-être aux derniers jours, aux dernières heures de sa campagne. A sa rencontre avec Fernand Duchaussoy dans les couloirs de l’hôtel, au matin de cette élection. Il était 8h30. Tous les deux échangeaient quelques mots, se serraient la main et posaient pour une photo commune. Quatre-vingt dix minutes plus tard, l’ambiance changeait. Noël Le Graët, le deuxième des trois candidats à s’exprimer suivant l’ordre alphabétique, avait le ton ferme. L’attitude d’un homme politique qu’il fut.

Les pros ont lâché Duchaussoy

Son aisance, sa maitrise de l’exercice de la présentation orale, tranchent avec les hésitations de ses adversaires. Fernand Duchaussoy, les traits tirés et laborieux, puis Eric Thomas, « le bleu » au milieu des éléphants du foot français, souffrent de la comparaison. « Je vais gagner », glissait un Noël Le Graët sûr de lui avant le début de l’assemblée fédérale. C’est cette conviction qu’il a exposée aux 300 personnes présentes, dont 244 votants. Sans note, l’expression parfaitement claire et le regard perçant, il convainc. Et finit ses dix minutes d’intervention avec le poing serré et une promesse. « Dès la semaine prochaine, je me mettrai au travail. Je rencontrerai les cadres de la Fédération pour mettre en place le système que vous attendez et que nous attendons. »

Une confiance en lui qui a sûrement été décuplée vendredi soir. A la veille de l’élection, Noël Le Graët retrouve pour un dîner, dans un restaurant du 16e arrondissement de Paris, les présidents des clubs de Ligue 1 et Ligue 2. Ils roulaient, a priori, pour Fernand Duchaussoy. Ils se rangent, finalement, pour la majorité d’entre eux, derrière l’ancien président de la LNF. C’est là, à côté de la Porte de Saint-Cloud, qu’une grande partie de l’élection se serait jouée. Avec 37 % des voix, les pros avaient une force de blocage et pouvaient décider presque à eux seuls de la tenue d’un deuxième tour. Mais en arrachant à Fernand Duchaussoy (45,40 %) et surtout Eric Thomas (0,19 %, seulement sept votes en sa faveur), l’approbation des amateurs, Noël Le Graët n’a même pas eu besoin d’un deuxième tour. A la plus grande surprise de l’assemblée.

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Muller, retour au premier plan|||

Ancien entraîneur du FC Metz, dont il est actuellement le directeur technique, Joël Muller est l’un des hommes de base du clan Le Graët. Le président de l’UNECATEF, le syndicat des entraîneurs français, mènera dans les prochaines semaines la refonte de la Direction technique nationale (DTN). Un organe de la Fédération française qui sort extrêmement affaibli de l’affaire des quotas, affaire qui a valu à son directeur, François Blaquart, une suspension puis un rappel à l’ordre. « Je veux mettre la DTN en ordre de marche immédiatement, explique Noël Le Graët. Dès la semaine prochaine, Joël Muller va rencontrer tous les cadres techniques. Je souhaite que pour le 15 septembre, la DTN soit en ordre pour un délai relativement long. » A 59 ans, Joël Muller se voit confier une mission d’importance. Une quinzaine d’années après ses faits d’armes en Moselle, quand les Grenats remportaient la Coupe de la Ligue (1996) et terminaient vice-champions de France (1998).